‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 322 sur 457 · OL. cxix, 2] cassândre et lysima(h:e · texte numérisé non relu

OL. cxix, 2] cassândre et lysima(h:e

dre *. Dans sa détresse, celui-ci eut recours à Lysitnaque de Thrace; en d'autres temps même, il avait pris Thabitude d'agir d'accoi-d avec lui et il suivait volontiers les conseils de ce vieux soldat plein d'expérience -. Le danger qui menaçait la Macédoine était pressant pour Lysimaque lui-même ; il le fit inviter à une entrevue ; ils délibérèrent sur ce qu'il y avait à faire et sur les moyens de faire face au danger. Puis ils envoyèrent en commun des ambassadeurs à Ptolémée et h Séleucos, pour les informer que Cassândre avait offert la paix au roi Antigone et n'en avait obtenu qu'une réponse des plus offensantes ; le dessein avoué d' Antigone était, comme avant, de s'arroger pour lui seul la puissance royale ; en ce moment, la guerre menaçait la Macédoine ; s'il ne venait des secours sans retard, la défaite de Cassândre ne serait que la préface d'une guerre semblable contre Ptolémée et Séleucos; l'intérêt de tous exigeait que l'on barrât le chemin à l'orgueilleux roi ; il fallait s'unir pour combattre en même temps, toutes forcç^ réunies, contre Antigone.

Si les deux rois se décidaient enfin, au dernier moment, pour ainsi dire, à renouveler contre Antigone l'ancienne al-, iiance, ils avaient bien quelques raisons, étant donné leur atti-. tude antérieure dans les luttes communes, de ne pas attendre un grand empressement de la part de Ptolémée et de Séleucos ; il est possible aussi qu'ils aient su d'avance quelles seraient les exigences du Lagide, et qu'ils n'aient pu se résoudre avant d'y être contraints par la plus impérieuse nécessité à lui accorder des concessions qui, dans le cas le plus favorable, celui oti la puissance prépondérante d' Antigone serait brisée, ne manqueraient pas de provoquer une autre exigence non moins mena-

«) StÔTt |Atav yivtaaxEi ôiàXvmv, èàv i Kâ(T(Tavdpoc eniTplîrr) tànaô' «^tbv (DlO«^ DOR.,XX, 106).

*) Probablement Lysimaque était déjà marié avec Nicœa, la sœur de Cassant dre, celle qui avait été fiancée k Perdiccas en 322; comme elle était nubile à Té-, poque, ce n*e8t sans doute pas vingt-cinq ans plus tard qu'elle a pu, devenue la femme de Lysimaque, lui donner plusieurs enfants. A cette raison 8*ei^ ajoute uneautre : c'est que Lysimaque changea le nom de la ville d'Antigonia en Bithynie pour lui substituer celui de Nicée (Strab., XII, p. 565. Stepi^. Byz. s. V.), un nom qui n'a pas été, comme Timagine Nonnos^ donné à la ville par Bacchos en l'honneur de l'altière nypiphe Niçœa.

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Chante . Leur démarche auprès de Ptoléniée permet de conclure qu'il ne leur restait pas d'autre planche de salut. Ptolémée, de son côté, doit, étant donné les conjonctures, avoir accueilli volontiers leurs offres ; il avait bien jusqu'ici conservé, sans restriction, TÉgypte et Cyrène, mais il avait perdu son influence en Grèce, la possession de Tîle de Cypre, et surtout celle de la Syrie et de la Phénicie, et il ne lui restait aucun espoir de reconquérir ces provinces tant qu'elles seraient au pouvoir d'Antigone : jusqu'ici il avait eu sinon à soutenir seul la lutte contre Antigone, du moins à en porter principalement le poids, et si, dans la position favorable où était son royaume, ses forces lui avaient suffi pour se maintenir, il ne faut pas oublier qu'il ne pouvait songer à vaincre complètement Antigone que si Lysimaque, Séloucos et Cassandre étaient prêts, comme ils Tétaient maintenant, à prendre part à la lutte commune. 11 promit donc sa coopération*.

Séleucos, de son côté, avait cessé depuis près de dix ans de prendre part directement aux querelles de l'Occident. Quoiqu'il n'eût pas été recoi^nu dans la paix de 311, il était resté cependant tranquille possesseur des contrées de la Haute- Asie, et, encore qu' Antigone semblât avoir souscrit à cette paix principalement en vue de rentrer en possession des opulentes régions de l'Orient, il n'en est pas moins vrai qu'après qu'il eut fait, en 310 vraisemblablement, une vaine tentative contre Séleucos, les luttes toujours renaissantes en Occident l'avaient occupé trop exclusivement pour qu'il put songer sérieusement à une guerre contre Séleucos. Séleucos avait très utilement employé ce temps à consolider sa domination ; il était obéi des satrapes des pays supérieurs jusqu'à TOxus et l'ïaxarte ^ et en 306, il prit, lui aussi, le titre de roi, dont les Asiatiques avaient depuis longtemps l'habitude de le saluer. Nos renseignements sont muets sur la suite de son histoire ; il n'y a qu'un seul événement sur lequel on donne quelques détails, et encore cet épisode est-il, lui aussi, entouré d'une ombre épaisse.

') DiODOR., lo€. cit. Justin., XV^, 2.

*) Appian.. Syr, 55. Auctis ex victoiia vUHbus Bactrianos expugnavif'

Jlsti.n., XV, 4).

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