OL. CX1X, 3] démétrios en asie
devait être définitif qu'après Tapprobation d'Antîgone. Après cela, Démétrios s'embarqua avec toute son armée et se dirigea, vers la fin de Tannée 302, à travers les îles vers Éphèse. Arrivé là, il s'embossa sous les murs et força la ville à rétablir l'état de choses antérieur* : la garnison laissée dans la citadelle par Prépélaos dut capituler ; ensuite Démétrios fit voile pour THellespont, en partie pour éviter lamarche trop pénible peut-être à travers la Lydie *, mais surtout pour occuper les contrées de THellespont et de la Propontide, pour barrer le chemin aux troupes venant d'Europe, pour couper les communications de Lysimaque avec son royaume et le menacer sur ses derrières. Abydos tenait encore ; Lampsaque, Parion et les autres villes furent occupées, puis il fit voile à travers la. Propontide vers l'entrée du Pont-Euxin ; il établit là un camp fortifié, sur la côte asiatique du Bosphore, près du sanctuaire chalcédonien de Zeus et du port principal de la navigation pontique ; il y laissa 3,000 hommes et 30 vaisseaux de guerre pour la surveillance de la mer. Ensuite il distribua le reste de soa armée pour hiverner dans les villes d'alentour.
Dès le commencement de l'année disparut un des adversaires d'Antigone, qui avait été auparavant dévoué à sa cause. Mithradate, le même qui avait autrefois vécu à la cour d'Antigone ' et qui s'était enfui récemment, sur l'avis de Démétrios qu'on en voulait à sa vie, avait eu en sa possession incontestée certaines villes, notamment Cios, Carine et la forteresse de Cimiata sur l'Olgassys ^ ; à l'arrivée des alliés, il avait incliné
*) Éphèse, qui était en démocratie sous Antigone, doit avoir, une fois prise par Prépélaos, subi les mêmes modifications constitutionnelles qu'Athènes, lorsque Cassandre y fut le maître.
*) Il est à peu près certain que la satrapie de Lydie était occupée par les troupes de Prépélaos, bien qu'il n'y ait pas là-dessus de témoignages exprès. Comme Prépélaos agissait en qualité de général de Lysimaque, il ne pouvait être compris dans le traité conclu entre Démétrios et Cassandre.
2) Diodore (XX, lil) dit simplement : v»icr,xooc wv *AvTty6vti).
*) DiODOR., XX, lil. Je croyais autrefois, avec Clinton {Fast. Hellen., III, p. 423), que ce Mitîiradate II était celui qui est qualifié de « fondateur (xTÎtTTtï;) », et que sa fuite, lorsqu'il s*échappa delà cour d'Antigone (Plut., Demeir., 4), datait de l'an 322. En y regardant de plus près, il me semble que les faits doivent être compris autrement. Diodore, par exemple, au passage indiqué, rapporte comme quoi Mithradate (III), fils de Mithradate,
504 MORT DE MITHRADATE [III, t)
en leur faveur, et ce n'était pas un médiocre avantage pour Lysimaque et Prépélaos, qui opéraient dans le voisinage de sa dynastie, de l'avoir de leur côté, lui qui maintenant n'avait rien tant à craindre qu'une victoire d'Antigone. En passant aux adversaires d'Antigone, il signait son arrêt de mort ; il fut assassiné dans la quatre-vingt-quatrième année de sa vie. Nous n^apprenons pas que son fils Mithradate, qui hérita de sa dynastie, se soit mis du côté de Démétrios ; s'il ne le fit pas, il lui fut impossible de se maintenir dans ses possessions à l'ouest de la Mysie, car elles tombèrent entre les mains de Démétrios, qui occupait les contrées voisines; quanta luimême, il est possible qu'il se soit maintenu en Paphlagonie *. L'arrivée des forces considérables de Démétrios, un combat près de Lampsaque dans lequel il avait été vainqueur de Lysimaque et où il s'était emparé de la plus grande partie des bagages de l'ennemi % la position qu'il avait prise en arrière des quartiers d'hiver du roi de Thrace, la nouvelle de la retraite de Ptolémée hors de la Syrie et le retard de Séleucos, qui continuait de se faire attendre, semblent avoir causé de grandes inquiétudes dans le camp de Lysimaque. Ajoutez à cela que ce prince, bien qu'il eût, au su de tout le monde, amené d'immenses trésors, était en retard pour le paiement de la solde de ses troupes ; l'esprit des soldats était déprimé par les éternelles retraites et le peu d'espoir de succès militaires ; ils désertaient en masse du côté d'Antigone, qui, en payant par anticipation trois mois de solde, avait bien pu faire naître partout ridée qu'il finiraitpar remporter la victoire : SOÔLyciens
iroX>à 9cpoaexTr,<raTO Tyj; te KanicaSoxtac xai ll(x:f\oLyoyloLi : son témoignage, rapproché du texte, correspondant d'Appien (èv xîjôs t^ Maxeôivwv àfrxokia. Mithr,, 9) montre que Mithradate III est bien le xTÎdTYi;. Plutarque, qui raconte également dans les Apophthegmes (s. v. 'Xyxiyo^oi) la fuite de Mithradate, représente Démétrios avertissant le prince d'une façon ((jupiictptiraTôv «£p\ OâXaffffav) qui paraît convenir mieux à Tan 302 qu*à Tan 322. Strabon (XII, p. 562) fait également de la forteresse de Cimiata, mentionnée ci-dessus, ripiirrn^piov ta xpv)<r(X(ievo; MtOpiôaryj; o XTt'dTr,; irpoffayopeuB£\; xaxéffTïj toO IIAVTOU x^Sptoc.
«) Strab., XII, p. 562.
*) A la suite de cette rencontre, Lysimaque fit massacrer 5,000 Autariates, de peur que les Barbares, dépouillés de leur avoir, n*allassent grossir les rangs de Tennemi (Poly.bn., IV. 12, 1).