DÉMÉTRTOS EN ASIE [III, T
dans ces déploiements répétés. Si Démétrios avait reçu de son père l'ordre d'éviter maintenant une bataille, afin que la Grèce ne fût pas mise en question, cet ordres était le plus absurde du monde; il est vrai qu'un ordre plus absurde encore devait suivre de près.
A peine Démétrios, appelé par les habitants de Phères, eutil occupé la ville et forcé la garnison macédonienne de la citadelle à capituler, après un siège de courte durée, qu'il reçut de son père Tordre de venir en Asie avec toute son armée aussi rapidement que possible. Cet ordre n'avait pu être dicté que par la crainte la plus inopportune. Si Démétrios, avec les forces imposantes dont il disposait^ faisait son devoir, dans l'intervalle d'un mois et avant le commencement de Tannée suivante, Cassandre était vaincu, la Macédoine occupée, la Thrace dans le plus grand danger ; Lysimaque, dans ce cas, aurait été forcé de revenir au plus vite pour protéger
son propre pays, et, pendant qu'il aurait été obligé de lutter contre Démétrios, Antigone aurait pu marcher contre Séleucos avec une non moindre supériorité. Antigone, ne songeant qu'au danger le plus prochain, donnait toute liberté à ses adversaires de se réunir; il abandonnait l'Europe pour rendre inévitable en Asie une lutte douteuse ; il perdait le temps le plus précieux, pour réunir toute son armée sur le point où tous les avantages de l'offensive étaient déjà du côté de ses ennemis *.
Démétrios se hâta d'obéir aux ordres de son père ; il signa avec Cassandre un traité, dans lequel ATaisemblablement il laissait à ce dernier la Macédoine et tout ce qu'il possédait en ce moment de la Thessalie, et où la liberté des États helléniques en Europe et en Asie était certainement garantie ; on ne nous dit pas si Cassandre dut s'obliger à ne prendre aucune part à la continuation de la guerre*; enfin, ce traité ne
«) D'après Diodore (XX, 109), Antigone fit prévenir son aïs dès qu'il fut informé de l'approche de Séleucos. Ceci ne peut pas avoir eu lieu plus tard que le mois de septembre, car il fallut au moins trois mois à Démétrios pour exécuter ce qu'il fit avant de prendre ses quartiers d'hiver sur le Pont.
^) Il parait bien cependant en être question dans un passage où Diodore (XX, 111) fait de Prépélaos un général de Lysimaque.