OL. cxix, 4] démétrios après sa défaite SU
pour s'élever à une grandeur nouvelle *. Sans doute il a perdu maintenant le royaume de son père ; ses adversaires l'écrasent de leur toute-puissance ; il n'a pas un ami parmi les autres potentats ; mais il possède encore sa flotte, qui domine les mers et à laquelle aucun des rois ne peut opposer une force égalp ; Sidon, Tyr, Cypre, les îles de TArchipel sont encore en sa puissance ; ses garnisons occupent le Péloponnèse, et surtout, il lui reste Athènes, où sont ses trésors, son épouse et une bonne partie de sa flotte '. Il a fait de si grandes choses pour les Athéniens, il a reçu des témoignages si enthousiastes de leur amour et de leur dévouement, qu'il ne doute pas qu'ils ne le reçoivent à bras ouverts et que, par leur joyeux accueil, ils ne lui fassent oublier la grandeur qu'il a perdue. Il prend la résolution de courir en Grèce, de faire d'Athènes le point de départ de nouvelles opérations qui lui rendront, il l'espère, la fortune aidant, une nouvelle puissance et de nouvelles possessions ; Athènes n'a-t-elle pas déjà été une fois le centre de l'empire des mers? Pourquoi ne reprendrait-il pas la pensée de Périclès, pour la réaliser sur une échelle grandiose, embrasser et rapprocher dans un empire maritime tout ce qui est hellénique ? Qu'a-t-on gagné de sûr et de durable par ces immenses conquêtes continentales ? Seule, la mer réunit tout ce qui est hellénique : être maître do la mer, c'est grouper les membres de l'Hellade dispersés dans le pays des Celtes et dans l'Adriatique, dans la Sicile et dans le pays des Scythes, c'est dominer le monde.
Tel devait être le cours vagabond de ses pensées; il comptait confier sa nouvelle fortune à l'élément auquel ressemblait sa propre nature. Sa fuite l'amena d'abord à Éphèse ; l'excellent port pouvait servir de station à sa flotte, et la ville, avec ses fortifications, d'ouvrage avancé pour faciliter des invasions dans les riches contrées de l'intérieur. Quoique dépourvu de ressources pécuniaires, il dédaigna, contre l'attente générale,
*) D'après Plutarque (De unius in rep, dom. 4), Démétrios, après la bataille d'Ipsos, cita un vers d'EschylSi w «po; Trjv Tu-x^l^ «XP^'^o àiroÔaXwv tv
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«) Plut., DemeO*., 30.