‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 347 sur 457 · DÉMÉTRIOS ET SA FLOTTE [IV · texte numérisé non relu

DÉMÉTRIOS ET SA FLOTTE [IV

nisons avaient été chassées, là les troupes de Cassandre avaient fait leur entrée, ailleurs les libres constitutions étaient renversées, et on avait fondé des oligarchies ou des tyrannies dans l'intérêt de la Macédoine ; bientôt THellade et le Péloponnèse lui furent à peu près complètement arrachés, et il dut se contenter de la possession de Corinthe et de Mégare. Pour ne pas rester inactif, il mit Pyrrhos, le jeune roi sans royaume, à la tête des affaires grecques et reprit la mer avec sa flotte. Il se dirigea d'abord au nord, vers la Thrace : le roi Lysimaque ne possédait pas de flotte ; il était encore en Asie-Mineure et ne pouvait protéger son pays ; rien n'empêchait Démétrios de dévaster les riches côtes de l'Hellespont et de la Propontide, et de faire un immense butin. Déjà il était eu état de payer à ses troupes une solde considérable ; le nom et l'or du héros attiraient les mercenaires de près et de loin, et son armée s'augmentait tous les jours. Un événement imprévu vint alors donner à ses destinées une tournure encore plus favorable' .

L'alliance des quatre rois contre Antigone, née de l'intérêt commun, dura à peine aussi longtemps que cet intérêt l'exigeait : déjà, avant la fln de la lutte, le Lagide s'était à peu près retiré, et les traités qui suivirent la bataille d'Ipsos montrèrent de quel œil méfiant s'observaient Séleucos et Lysimaque eux-mêmes; l'un et l'autre croyaient devoir se tenir réciproquement sur leurs gardes. Séleucos avait un empire immense et une armée qui était peut-être plus forte, du moins plus redoutable par ses éléphants, que celle des autres rois réunis ; la Syrie et la Phénicie lui furent attribuées après coup, certainement parce qu'il les exigea : il fallait s'attendre à le voir bientôt maître également de la mer ; il avait l'Orient, qu'Antigone n'avait pas possédé ; il était aussi hardi que ce prince, avec cela plus souple, ce qui le rendait plus dangereux que ne l'avait été Antigone.

Lysimaque devait tout d'abord supposer que la première pensée de Séleucos serait de s'annexer l' Asie-Mineure, et il

*) Plut., Demetr, 31. Peut-être est-ce ici qu'il faut placer le débarquement soudain dont on a fait le récit tout à 1 heure (p. 512) ; en tout cas, Éphèse était encore el resta assez longtemps aux mains de Démétrios.

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