OL. cxix. 4] différends entre les coalisés
lui fallait se tenir prêt à toutes les éventualités : Plistarchos en Gilicie, les princes de laCappadoce, du Pont et de TArménie, n'étaient pas un boulevard assuré; seule une alliance avec Ptolémée pouvait le mettre à Fabri du danger.
Ptolémée vint au devant de lui avec les mêmes préoccupations. Lui aussi il ne pouvait plus douter que, si Séleucos faisait marcher son armée au retour vers la Phénicie, ce ne pouvait être pour lui conquérir cette région ; peut-être aussi avait-il reçu déjà de Lysimaque la nouvelle des conventions faites entre les trois rois au lendemain dlpsos ; il devait tenir beaucoup à se fortifier en s'associant avec un allié qui, en cas de besoin, pouvait attaquer par derrière le roi de l'Orient s'il devenait trop audacieux à Tégard de l'Egypte.
Parmi les fragments de Diodore, il s'en trouve un très remarquable qui semble se rapporter à ce temps. « Après sa victoire sur Antigone, dit l'historien, Séleucos marcha sur la Phénicie et commença, conformément aux traités conclus, à s'approprier la Cœlé-Syrie. Comme Ptolémée avait déjà occupé les viUes, il se plaignit que Séleucos, quoique son allié, eût accepté qu*on lui attribuât un pays déjà occupé par l'Egypte, et ne s^étoqna pas moins que les rois ne lui eussent rien donné des conquêtes faites par eux, à lui qui pourtant avait pris part à la guerre contre Antigone. Séleucos répondit à ces reproches qu'il était juste que ceux-là disposassent des conquêtes qui avaient vaincu l'ennemi les armes à la main; qu^en ce qui concernait la Cœlé-Syrie, il voulait bien, en considération de l'amitié existante, s'abstenir pour le moment d'étendre ses acquisitions et laisser à des délibérations futures le soin de décider quelle conduite il convenait de tenir contre des alliés qui voulaient s'attribuer des avantages exagérés * » .
Ptolémée n'en dut mettre que plus de hâte à conclure un
*)DiODOR., XXI, 1, 5. Il résulte du passage des Exe, Hœsch,, d*oii est tiré le texte en question, que ceci se passait avant Tattaque de Cassandre sur Corcyre (XXI, 2, 1). L'expression : vorepov ti pouXeuaaoOat icûcxP^^^o*' c(rc\ Tfi>v çtXcdv Tot; ^ouXo(uvotc icXeovexTcTv, ne peut pas se rapporter, comme le voudrait Stark (Giiza^ p. 361), à Démétrios, sous prétexte que parfois, dans Diodore, Lysimaque appelle Démétrios un icXeovlxTv}c âvY)p. La icXeovelia est précisément ce que Séleucos reproche à Ptolémée ; c'est un homme qui veut avoir plus que sa part.