CONGRÈS DE ROSSOS [IV
leucos Ty attend déjà; Phila, elle aussi, y est venue de Cypre avec sa fille. Les deux rois se font un accueil loyal, sans méfiance, avec des sentiments vraiment royaux; Séleucos reçoit d'abord ses nobles hôtes dans son camp, puis Démétrios lui fait accueil sur son magnifique vaisseau à treize rangs de rames; le temps se passe en fêtes et en négociations ; les rois viennent Tun chez Tautre sans escorte, sans armes, le cœur ouvert et plein de confiance : enfin la belle fiancée est conduite dans le camp de Séleucos, et fait à ses côtés son entrée solennelle dans la nouvelle capitale d'Antioche. Quant à Démétrios, il revint avec sa flotte en Cilicie.
Les deux rois durent s'entendre à ce congrès de Rossos sur de nombreuses et importantes questions. Si Démétrios occupa la Cilicie, ce ne put être qu'avec l'assentiment formel de Séleucos: il devait lui être agréable de voir cesser le voisinage gênant de Plistarchos; il pensait sans doute que Démétrios scellerait volontiers leur nouvelle amitié par l'abandon de ce pays si important pour la Syrie, surtout si d'autres avantages devaient lui être accordés en retour.
Les événements du temps qui suivit immédiatement, cinq grandes années, sont extrêmement obscurs; nous ne connais^ sons que qiielques faits isolés, d'après différents fragments de Diodore et quelques inècriptions attiques qui nous donnent des indications pleines de lacunes; la biographie de Démétrios dans Plutarque, où l'on pourrait espérer trouver les grandes lignes de l'ensemble, est pour ces années plus superficielle encore que dans ses autres parties. Le récit suivi dans lequel nous allons encadrer ces indications isolées est, en ce qui concerne la chronologie, absolument hypothétique.
Nous trouvons d'abord ce renseignement, que Démétrios, après les entrevues de Rossos, envoya son épouse Phila en Macédoine pour le justifier des accusations portées par Plistarchos auprès de son frère Cassandre^ Une justification était superflue^ si Phila ne devait apporter que cela; il est permis de supposer que sa mission allait plus loin, et qu'elle devait essayer de préparer avec Cassandre un accom-
') affoXv»<ro(icviQv ttjç IJXeiatapx^^ xaTQyopfaç (Plut., Demetr. 32).