‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 352 sur 457 · OL. cxix, 4J la liberté des hellènes S · texte numérisé non relu

OL. cxix, 4J la liberté des hellènes S

modement que Demétrios pouvait désirer afin de ne pas être réduit uniquement à l'amitié de »Séleucos, accommodement auquel Séicucos avait peut-être donné son assentiment pour s'assurer, contre Talliance des souverains de THellespont et du Nil, un allié qui pouvait menacer par derrière la puissance thraco-asiatique. Pour que cet accommodement réussît, Démélrios devait faire des offres qui eussent quelque importance pour Cassandre ; il devait être prêt à sacrifier à Cassandre les pays grecs, qui autrement l'eussent assuré sur ses derrières; il le pouvait, si, tirant parti des débris de la domination paternelle à Cypre et des villes phéniciennes qu'il possédait encore, il réussissait à sauver le pays qui s'étend derrière la côte phénicienne, la Cœlé-Syrie. La « liberté » des Hellènes peut avoir été la formule convenue à Rossos; on laisserait à Cassandre l'odieux des actes de violence qui devaient donner à ce mot de liberté la signifiC'ation qu'il avait dans l'esprit des contractants*. Pyrrhos tenait encore l'isthme en qualité de stratège de Demétrios; de ce que Demétrios fit venir en Cilicie son épouse Déidamia, sœur de ce dernier*, on peut conclure qu'il comptait abandonner l'IIellado pour arriver à faire la paix avec Cassandre.

Fut-elle conclue, cette paix par laquelle la Grèce ou une partie de la Grèce était abandonnée au Macédonien?

Les années qui suivent montrent qu'après la grande solution d'Ipsos, après la destruction de la puissance qui, sous le masque de la liberté, avait terni la Grèce dans une dépendance plus humiliante que n'avaient fait Antipater et Cassandre euxmêmes, elles montrent, dis-je, qu'à Athènes on crut enfin ouverte Tèrc de la véritable liberté. A la place de Stratoclès et des autres partisans serviles de Demétrios, des patriotes éprouvés, Olympiodoros , Philippide le poète, Démocharès, qui revint sans doute en ce moment, prirent la direction des

*) WooD {Discoveries at EphesuSj 1877. App. p. 10) publie un décret, provenant du temple d'Artémis, en Thonneur de Nicagoras de Rhodes, lequel,

àiiotrsaXtiç «apà twv §a(7tX£b>v à■f^\tT^x^io^J xa\ SeXeuxou icp6ç Te tov ôrjjiov tôv 'EçcdCwv xa\ xolç âXXou; "ËXXYjva;, xaxadTaOs'ic el; tov 8yj|jlov «tpi Tt ttj; oixeiÔTTfjTo; TTi; YeyevTrjiJLSvyi; ayTOÎ; &eXéx^ *a^ ««P^ Tîj; eûvoiaç tiv îf^ovxec fiixteXoO- (Tiv tJx Tou; "EXXrjvaç... Malheureusement, on n'y trouve rien de plus précis. *) Plut., Demelr. 32, Elle tomba malade en Cilicie et y mourut, n 34

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affaires. Athènes avait payé assez cher sa fidélité envers le « libérateur » ; un grand nombre de citoyens de TAttique étaient parmi ceux qui succombèrent ou furent pris à Ipsos; la ville ne semblait encourir aucun reproche, si, après la bataille, elle séparait sa cause de la cause de celui dont la défaite la jetait dans des dangers sans fin, encore moins si elle pensait à maintenir son indépendance, même contre ceux qui Tavaienl abattu.

On rapporte que les Phocidiens d'ÉIatée consacrèrent à Apollon un lion d'airain, en souvenir du secours qu'Olympiodoros leur amena d'Athènes lorsque Cassandre assiégeait leur ville et grâce auquel les assiégeants furent obligés de se retirer *. Au même ordre de faits semble se rapporter un autre témoignage qui nous apprend qu'Olympiadoros, au moment de rinvasion de Cassandre en Attique, courut en Italie pour demander du secours, et que cette alliance fut la principale raison pour laquelle Athènes échappa à la guerre avec Cassandre*.

Ainsi Cassandre (certainement après la grande solution intervenue en Phrygie, peut-être au printemps de Tannée 300), avait franchi les Thermopyles et pénétré en Grèce. L'alliance d'Athènes avec les Étoliens le força à renoncer à l'attaque de TAttique, et les secours athéniens lui firent abandonner le siège d'Elafée ; du moins, les renseignements de source athénienne l'affirment. On ne nous dit pas si Pyrrhos, le stratège de Démétrios, resta à l'isthme tranquille spectateur de ce qui se passait, ou s'il fit quelque chose. Une notice un peu posté-

*) àvTidxov TT) Kaaffàvdpou TcoXiopxtoc *OXu(i,ictod(tfpou açidtv eÇ 'AOr^vûv o|avvovToc (Pausan. X, 18, 7) — xaTlor/) (laXcora afrio; àupaxTov toÎ; Maxe$6(rt y^* vé<y6«i icoXiopxiav (pausAn., X, 34, 3).

*) êvêaX6vToc I; ttjv 'Attcxtiv Ka<r(7avSpou icXsuffa; 'OXu|jLiri68«poc eç AtTwX^av pov]6ctv AtT(tfXou; ïnttat xa\ xh Tj\L\kOLXi'M>t toOxo êylvexo 'Aèïjvaiot; atxtoy {ioXiffra ôtaçuyeîv tbv Kafferàvdpou ic6Xe|iov (Pausan., I, 26, 3). On vient de citer le passage où Pausanias (X, 34, 3) dit que le secours amené par Olympiodoros aux Phocidiens a fait échouer le siège. Ces indications ne s'appliquent bien à aucune des guerres qui ont éclaté entre Athènes et Cassandre avant Tannée 302/1 : et si, ce qui paraît hors de doute, l'ambassade qu'une inscription (C. I. Attic.,II, no 297) dit avoir été envoyée à Cassandre a eu pour résultat de faire avorter cette fois la guerre, il faut admettre que le danger se trouvât déjà heureusement écarté en août 299 (Métagitnion 01. CXX, 2), époque de la rédaction du décret en l'honneur de ladite ambassade.

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