oL. cxxiii, 1] armements de démétkios o
matelots. Le total des hommes qu'il réunit pour son immense entreprise montait certainement à près de 300,000, et il ne possédait que la Macédoine, laThessalie et la plupart des pays helléniques. Dans de telles conditions, ces chiffres semblent dépasser toutes possibilités statistiques, surtout si Ton considère combien les guerres et les colonisations qui duraient depuis plus de quarante ans avaient dû diminuer la population de ces pays. On ne saurait se représenter sous des couleurs trop sombres le désarroi que dut produire dans le pays un aussi formidable recrutement, Tétat lamentable de la Macédoine et de la Grèce, en supposant même que la majorité de ces soldats et de ces marins fussent des mercenaires, des étrangers, des vagabonds attirés par Tordu roi. Quand nous ne posséderions sur le gouvernement de Démétrios que ce relevé de ses armements, cela suffirait pour caractériser son despotisme inimaginable, plus entier que celui des souverains mongols. Si Ton pense aux ressources financières nécessaires pour ces levées et ces constructions, pour le matériel en bois, en fer, cordages, munitions, etc., on se demande où il peut se les être procurées. Eùtil conservé tous les trésors que son père avait rapportés des provinces supérieures ou extorqués aux sujets de son royaume, ils n'auraient certainement pas suffi ; or, tout ce que le père avait amassé avait été en partie dépensé pour ses guerres, en partie pris par Tennemi, et Démétrios avait fait ce qu'il fallait pour dissiper le reste. 11 n'est que trop vraisemblable qu'il extorqua ce dont il avait besoin à ses sujets de Grèce et de Macédoine, et qu'il les força à lui construire et à lui armer des vaisseaux. On ne saurait décrire tout ce que la Grèce et la Macédoine ont enduré alors de souffrances et fait de sacrifices; mais on comprend quelle effroyable haine couvait contre Démétrios, haine qui allait bientôt trouver Toccasion d'éclater.