‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 379 sur 457 · OL. cxxn, 4] paix avkc pyrrhos · texte numérisé non relu

OL. cxxn, 4] paix avkc pyrrhos

quaud il vil les Macédoniens venir à lui par troupes nombreuses pour entrer à son service, il pénétra plus avant, jusqu'à Edesse. Démélrios, dès que sa maladie lui laissa quelque relâche, se hâta de compléter son armée, qui était très réduite à la suite de désertions en masse ; puis il marcha contre Pyrrhos, qui, n'étant pas prêt à livrer des batailles décisives, ramena son armée en arrière. Démétrios réussit à le rejoindre dans les montagnes et à détruire une partie de Tarmée ennemie.

Il venait une fois de plus de montrer Télaslicité de son caractère, son génie inépuisable en ressources devant la nécessité ; malgré le mécontentement général de son peuple, malgré des défections par milliers, il avait réussi, en courant, à chasser Tennemi. 11 n'aura pas cru devoir prendre la peine d'apaiser aussi et de gagner les esprits qui se détournaient de lui. Soit par orgueil, par légèreté, par dégoût des hommes, Démétrios négligea les mesures les plus pressantes, les plus nécessaires. Ce qui excitait son imagination, c'était de nouvelles fantaisies, de nouvelles aventures.

Il fit la paix avec Pyrrhos' : mais ce ne fut pas seulement afin d'assurer ses derrières en cas de nouvelles entreprises ; il tenait à gagner un soldat, un général de cette valeur, pour s'en faire un auxiliaire et un allié. Il lui fit certainement abandon formel des deux provinces macédoniennes ; peut-être fut-il convenu entre eux que Démétrios ferait la conquête de l'Orient, tandis que Pyrrhos ferait celle de l'Occident *, où déjà les choses étaient préparées par Oxythémis à la cour de Syracuse, Agathoclc supprimé*, et tout en un tel désordre

*) Plut., Demelr, 43. Pyirh. 10.

*) Peut-être la guerre de Corcyre («S «pb; K6pxupav «éXepio;), pour laquelle Turente envoie des vaisseaux au secours de Pyrrhos (Pausan., 1, 12, 2), a-telle été entreprise après cette paix; car il fallait bien qu'il commençât par reprendre Corcyre. •

^) La fin d'Agalhocle est racontée d'une façon tout à fait différente dans Justin (XXIII, 2) et dans Diodore (XXI, i6). On voit par Justin qu'Agathocle, rentrant malade de son expédition contre les Bruttiens (291), renvoya dans son pays la princesse égyptienne avec ses deux enfants. Ce n'était pas, à coup sûr, pour leur épargner le malheur qui semblait les menacer; au contraire, depuis les relations qu'il avait nouées avec Démétrios, Agathocle était

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qu'une attaque hardie promettait un succès assuré. Alors se réaliserait complètement, sous Démétrios et Pyrrhos, la grande pensée d'une double conquête du monde, qui n'avait réussi qu'à moitié du temps des deux Alexandre de Macédoine et d'Épire, et s'accomplirait la giande mission à laquelle semblaient appelés par leur situation dans le monde les deux royaumes de Macédoine et d'Épire, appuyés l'un sur l'autre.

Démétrios employa tout l'hiver de 289-288 à des préparatifs vraiment formidables. Plutarque dit que ses armements étaient à la hauteur de ses espérances et de ses plans. Il mit sur pied une armée de 98,000 fantassins et près de 12,000 cavaliers ; il fit construire des vaisseaux au Pirée, à Chalcis et à Pella : il se rendait lui-même sur les chantiers, donnait son avis, mettait la main à l'ouvrage. Une flotte fut réunie comme le monde n'en avait jamais vu de semblable ; elle comptait 500 vaisseaux de guerre, parmi eux des navires de quinze et seize bancs de rameurs, constructions gigantesques, qui étonnaient par leurs énormes proportions et plus encore par la facilité et la sûreté avec lesquelles on pouvait les manœuvrer*.

Ces allégations, il faut le dire, ne sont pas sans causer quelque étonnement. Le plus grand vaisseau qu'on eût jamais vu n'avait que onze rangs de rameurs: c'est Démétrios qui l'avait fait construire : le plus grand cèdre du Liban, haut de 130 pieds et d'un diamètre de trois brasses d'homme, avait servi à faire la quille*; les Héracléotes avaient i ,600 rameurs sur leur huitrangs, le <( porte-lion » '. D'après un calcul très-modéré, et si l'on admet que la grande majorité des navires avaient cinq ou six rangs, il fallait à Démétrios plus de 100,000 rameurs; on ne comprendrait pas, sans son caractère tyrannique et le peu de cas qu'on faisait des lois en ce temps-là, qu'il lui fût possible de recruter par la conscription forcée un si grand nombre de

en état d'hostilité vis-à-vis de TÉgypte, et c'est parce qu'il voulait assurer le trône à son fils Agathocle qu'il renvoya les in speni regni susceplos filios de Tbéoxena. — 11 est certain qu'Oxythérais se conduisit réellement de la façon indiquée ci-dessus, car Diodore assure qu'il porta sur le bûcher Agathocle rais en un état effroyable par le poison de Ménon, mais vivant encore.

') Plvt., Demetr, 43.

«) Plln., Hist. Nat. XVI, 40, 8 203.

3) Memxon ap. Phot., p. 225 b. 32, éd. Bekker [¥r, /iû^6'rac.,lll,p.5atj.

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