OL. cxxjii, 1] le royaume de séleucos
ments du roi macédonien. Les temps nouveaux avaient là leur plus bel épanouissement.
Dans les vastes territoires de TAsie, on commençait aussi à connaître les bienfaits de la paix ; on ne peut assez louer ce que Séleucos vieillissant fit pour son empire. Il obéit à une inspiration de véritable sagesse politique lorsqu'il modifia le système administratif de son immense empire, qui jusque-là avait compris peut-être dix à douze satrapies à peine, et le distribua en plus de soixante-dix satrapies : de cette façon, il ramena la puissance considérable et toujours menaçante des satrapes à des proportions qui permettaient de les surveiller facilement et de les maintenir dans Tordre ; quant aux détails de cette organisation, nous ne les connaissons pas. Il prit une autre mesure plus importante encore et plus salutaire à TÉtat, mesure qui semblait indiquée par la nature du pays et sa composition ethnologique. Les pays de la plaine du Tigre jusqu'à la mer Méditerranée, habités par des populations dont les langues étaient de la même famille, dont les religions se ressemblaient pour le fond et dont la civilisation était plus apte que celle de TOrient à recevoir des coutumes hellénistiques, devaient devenir le véritable noyau de sa monarchie ; les pays de riran, sorte de forteresse élevée, avec leurs peuples guerriers et pillards épars dans la montagne, les tribus nomades de rintérieur, les institutions d'une civilisation si originale en Médie, sur le fleuve Caboul et dans les plaines de la Bactriane, formaient un monde à part, qui, entraîné par l'expédition d'Alexandre dans la grande lutte, commença bientôt à reprendre ses coutumes particulières et semblait ne pouvoir se rapprocher de la vie hellénistique que plus lentement et sous des formes bien plus profondément modifiées. C'est conformément à ces indications que Séleucos divisa son empire ; tandis qu'il gardait pour lui la partie occidentale, il donna à son fils Antio* chos, qu'il avait eu de la Sogdienne Apama*, les régions supé-
*) C'est ce que dit en propres termes Arrien {VII, 4), qui appelle Apama la fille de Spiiamène. Strahon (XII, p. 548, 749) en fait une fille d'Artabaze (EusEB. Apamea Persis)^ mais c'est une erreur: cet Antiochos, qui mourut en 261 à 64 ans, était né l'année qui suivit la fête nuptiale de Suse, fête célébrée au printemps de 324. Le texte d'Arrien confirme le récit passablement défiguré de Malalas (VIII, p. 198 éd. Bonn.).
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