‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 403 sur 457 · OL. cxxiv, 4] plan de séleucds Ci · texte numérisé non relu

OL. cxxiv, 4] plan de séleucds Ci

doino, vivre là paisiblement , faisant le bonheur de ses sujets et honoré de tous, c'était à ses yeux la plus belle conclusion d'une vie agitée. Il laissa à son fils Antiochos TAsie, de THellespont à llndus ; lui, le dernier compagnon des luttes d'Alexandre, le seul survivant de Tâge héroïque, puisque partout, en Épire, en Grèce, en Thrace, en Egypte, en Asie, les trônes étaient occupés par une nouvelle génération, il songeait sans doute, une fois roi du pays d'où étaient partis les conquérants du monde, non pas à jouer le rôle de puissance suprême appuyée sur la force matérielle, mais à exercer partout une influence conciliatrice; il devait espérer, semblable à un père au milieu des jeunes souverains qui l'entouraient, prodiguant des conseils, apaisant les rivalités, honoré de tous, donnant à sa chère Macédoine l'honneur et la félicité, gardien en quelque sorte de la pçiix universelle qui deviendrait enfin durable, voir se développer Tère nouvelle dont les germes avaient été semés par Alexandre. C'est avec ces espérances, qui font du moins honneur au cœur du vieux roi, que Séleucos franchit THellespont à la fin de Tannée 281.

C'était le dernier écho de l'idée qui, depuis la mort d'Alexandre, avait agité le monde politique, la dernière forme sous laquelle l'unité de l'empire pouvait continuer de vivre, au moins d'une manière idéale. Mais il était dit que cette dernière possibilité elle-même serait convaincue d'impossibilité : l'hellénisme, que la Macédoine avait introduit dans le monde, ne devait pas revenir en Macédoine sous une forme extranationale ; l'empire du monde ne devait pas être restauré par l'initiative de l'Asie hellénistique.

Des oracles avaient averti Séleucos « de ne jamais aller du côté d'Argos ». Lors donc qu'il eut franchi l'Hellespont et comme il était en route pour Lysimachia, il passa près d'un autel élevé, dit-on, en ce lieu par les Argonautes et que les habitants du voisinage appelaient Argos. Au moment où Séleucos contemplait ce monument d'une haute antiquité et s'informait de son origine et de son nom, Ptolémée Céraunos survint et le transperça par derrière ' . Le meurtrier s'élança

*) D'après Justin (XVll, 2j, Séleucos fut assassiné sept mois après la bataille de Coroupèdion. Lucien (De dea Syr, 18), qui probablement embrouille les choses à dessein, prétend qu'il est mort à Séleucie. J'ai cherché

Oli SKr.ElICOS ASSASJSIXÉ PAU CÉRArNOS jIV, 2

ensuite sur son cheval, courut à Lysimachia, où il ceignit le diadème ; puis, enlouré d'une suite brillante d'hommes armés^ il vint dans l'armée de Séleucos, qui, surprise, troublée, sans chef, se soumit et le proclama roi*.

Tel est le peu que la tradition nous rapporte : il n'y a rien qui nous explique la suite des événements qui ont rendu possible et fécond on résultats ce crime affreux. La reine Arsinoé n'avait-elle pas la main dans cette affaire? Après la défaite de Lysimaque, elle s'était sauvée à Ëphèse ; mais, lorsque les « Séleucisanls » de la ville se soulevèrent, ouvrirent de force lés portes de la citadelle, la rasèrent, mirent à prix la vie de la reine, elle fit monter une servante dans la litière royale et gagna le port en toute hâte, avec une escorte de satellites ; elle-même, vêtue de haillons, la figure barbouillée et méconnaissable, elle put se sauverjusqu'aujort, monta secrètement sur un navire et s'enfuit*. Peu de temps après, elle est avec ses fils dans sa ville de Cassandria en Macédoine ; elle espérait sans doute que les Macédoniens se soulèveraient après la mort de Séleucos en faveur de son fils aîné, qui avait près de dix-huit ans ; du moins, sa conduite à l'égard de Ptolémée, lorsque celui-ci noua des négociations avec elle, fut telle qu'il n'est guère possible de supposer une entente entre elle et lui. Aussi n'est-ce pas avec le parti de l'odieuse reine que Ptolémée dut se mettre en rapport pour prendre d'abord un pied solide en Thrace : il parait allié avec les Héracléotes, qui ne détestaient pas moins Arsinoé que Séleucos. Certainement les alliés d'Héraclée, notamment Byzance et Chalcédoine, étaient d'accord avec Ptolémée ; il parait croyable que Phîlétœros à Pergame commençait aussi à redouter Séleucos ; la puissance de Séleucos aura excité en d'autres lieux aussi la haine et la crainte '. On peut bien admettre que, en Thraco

à écïairoir, dans V Appendice du Iroisièmp volume, le désordre que l'on remarque chez les chronographes au sujet du laps de temps qui va de la mort de Séleucos à l'avènement d'Antigone, de 281 à 277.

*) Êv T, 2iat^r,(JLa 7repiOÉ(i.evo; {iità XajiirpS; ôopuyopta; xatlSaivsv e; to <rrpaTe\»iJ.a , Ô£-/ojjLéva)v a'jTov uiio tÎ); àvayxtj; %ol\ ^anXéa xaXovvTwv o? Trp^Tgpov SeXevxw •jTTYixouov (Memnon, c. t2, 3).

-) POLV-EN., VII J, 57.

') On peut le conjecturer par ce que dit Memnon (c. 19, 4): twv yàp paat- XÉwv Tr,v Ttùv iiôXeuv ÔTjpioxpaTtav àçsXeîv <7iiou8aCivT(i>v x. t. X.

Page 1