‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 402 sur 457 · OL. cxxiv, 3] bataille de corolpédiox · texte numérisé non relu

OL. cxxiv, 3] bataille de corolpédiox

les coups de rUéracléole Malacon ; Tarmée semble avoir mis bas les armes. Le cadavre de Lysimaque resta sur le champ de bataille ; ce fut son fils Alexandre qui demanda la permismission de l'ensevelir. On le chercha louglemps en vain; le chien du roi, qui était resté près du cadavre et qui avait éloigné les oiseaux et les animaux de proie, fit reconnaître le corps du roi déjà en décomposition. Alexandre amena les restes de son père à Lysimachia, et les déposa dans le Lysimachion*. Cette bataille mit fin à la guerre^. Nous ne pouvons que faire des conjectures sur la manière dont Séleucos se comporta, après cette victoire, à Tégard du royaume de Lysimaque. La reine avait pris la fuite avec ses enfants ; comme on nous dit qu'Alexandre demanda à la veuve dWgalhoclès le corps du roi', il faut en conclure qu'elle avait reçu de Séleucos certains droits, qui ne peuvent avoir été que ceux d'une tutrice de ses enfants, des enfants d'Agathoclës, qui étaient les héritiers légitimes du trône : il ne parait pas incroyable que Séleucos eût le dessein de leur laisser les pays que Lysimaque avait possédés à l'origine ; quant à TAsie-Mineure, il Taura incorporée à son grand empire. Il resta plusieurs mois dans TAsie-Mineure pour en régler les affaires, notamment pour prendre une autorité plus ferme sur les villes. Nous ne savons

*) Appian., Syr. 64. Mbmnon, c. 8, 2. De môme Plutarque, dans sa dissertation intitulée : Quels sont les plus timides des animaux letreslres ou aquatiques. D'autres disent que le roi fut enseveli par le Thessalien Thorax (Appian. , ibid.). Justin (XVIF, i) assure que Lysimaque avait 74 ans; Appien dit 70. Tous doux sont en dehors de la vraisemblance, car, à ce compte, Lysimaque aurait été trop jeune au début de la guerre, en 334, pour les emplois importants qu'il remplit. Hiéronyme (ap. Lucian., Macrob, li) lui donne 80 ans, ce qui doit être plus exact. En ce cas, il serait né en 361 .

*) Regnavit ah OL CXXllIt 2 mense quinto usque ad 01. CXXIV annum (erlium, qui efficiuntur anni V et menses VI (Elseb. Arm., I, p. 233 éd. Schœne). D*après la remarque ingénieuse de A. von Gutschmid, le traducteur arménien a rendu par mense quinto le grec «wb tûv e'pnQvûv : tôt niim rrliqui erant anni OL CXXÎH cujus septem menses priores Pyrrhi regnum €xp\f*verat. Naturellement, on ne peut rien conclure de là relativement à l'époque de Tannée où eut lieu la bataille. D'après le Canon trKusèbe, la dernière année de Lysimaque correspond à Tan d'Abraham 1733; d'après S. Jérôme à 1734, c'est-à-dire, de part et d'autre,, à 01. CXXIV, 2. Même le renseignement fourni par Justin, à savoir que Séleucos fut assassiné sept mois après cette bataille, ne permet pas d'en préciser davantage l'époque.

^] ifi»» .\v(Toiv5p«v 7iapïiTr,TCî|JL£vo;(PAUSAN., I, 10, î).

6i2 SÉLECCOS ET UÉRACLÉE [IV, 2

en détail que ce qui se passa à Héraclée*. Les Héracléotes, aussitôt qu'ils eurent reçu la nouvelle de la chute de Lysimaquc, nouèrent des négociations avec Héraclide et lui promirent de riches dédommagements s'il quittait la ville et les laissait rétablir leur ancienne liberté. Comme non seulement il s'y refusa, mais qu'il punit même durement plusieurs citoyens, ils gagnèrent la garnison et ses chefs, firent Héraclide prisonnier, rasèrent la citadelle, établirent Phocritos comme administrateur de la ville et entrèrent en négociations avec Séleucos. Cependant Zipœtès de Bithynie fit sur le territoire d'IIéraclée des incursions et brigandages dont on ne se défendit qu'avec peine. Séleucos envoya Aphrodisios en Phrygie et dans les pays sur le Pont, pour y recevoir les hommages et organiser le nouveau régime : à[son retour, Aphrodisios se loua beaucoup des autres villes et pays, mais il désigna Héraclée comme n'étant aucunement dévouée au roi; lors donc que les ambassadeurs de la ville arrivèrent, le roi leur parla durement et les menaça de les réduire à la soumission. Les Héracléotes s'empressèrent de prendre des précautions pour toutes les éventualités ; ils conclurent une alliance avec Mithradate du Pont, avec Byzance et Chalcédoine, laissèrent rentrer les citoyens précédemment exilés et proclamèrent à nouveau l'indépendance de la cité.

A la fin de l'année 281, les affaires de l'Asie-Mineurc devaient être réglées : si Séleucos voulait, comme nous l'avons supposé, conserver le royaume de Thrace aux enfants d'Agathoclès, sous sa régence et celle de leur mère, il restait encore la couronne (Je Macédoine, au sujet de laquelle Séleucos s'était réservé de prendre une décision spéciale. Le vieux roi avait l'ardent désir de revoir le pays de son enfance, qu'il avait quitté plus de cinquante années auparavant, avec le jeune héros Alexandre, lui-même étant bien jeune encore*; c'est là qu'étaient les tombeaux de ses parents, ces lieux si chers de la patrie dont il avait transporté les noms aux pays et aux villes de son royaume de Syrie ; c'est là qu'était ce peuple dont, après tout, il n'avait pas trouvé l'égal dans le vaste Orienl : au soir de sa vie si riche en actions, être roi de Macé-

*) Mbmnojt, c. 9.

') «éOov exc«)viiaT(iî6'>rx. t.).. (iVIemnon, C, 12, 1).

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