CÉRAUNOS VAINQUEUR D*ANTIGONE [IV
de ces provinces ou l'appela dans la seconde. L'armée qui était partie avec Séleucos pour Lysimachia s'était ralliée au meurtrier. Il est facile de comprendre qu'il négligea d'abord l'Asie-Mineure ; à la tète de la flotte thrace, appuyé par les vaisseaux dlléraclée, parmi lesquels se trouvait un vaisseau à huit rangs, le porte-lion, il courut prévenir l'invasion d'Antigone en Macédoine. Il y eut un combat naval dans lequel Antigone eut le dessous; la flotte vaincue se retira vers la Béotie, pendant que Ptolémée, avec son armée de terre, pénétrait en Macédoine et y prenait les rênesdu gouvernement*. Il députa aussitôt vers son frère en Egypte, pour lui faire savoir qu'il renonçait à ses prétentions sur TÉgypte et que, par la défaite de l'ennemi de leur père, il était devenu roi de Macédoine et de Thrace : il priait son frère de lui accorder son amitié. Alors commença la guerre sur terre contre Antigone, pendant que, de l'autre côté de la mer, Patroclès marchait contre les alliés de Céraunos.
C'est surtout de la conduite que tiendrait Pyrrhos que tout allait dépendre. Les Tarentins, sérieusement menacés par les Romains, avaient imploré son secours dès le printemps do 281 ; comme une armée romaine était venue détruire les moissons au moment où elles mûrissaient sur leur territoire, ils avaient renouvelé leur prière d'une manière plus pressante. Pyrrhos avait certainement suivi avec une attention croissante les débuts de la lutte de Séleucos contre Lysimaque, qui lui avait arraché la couronne de Macédoine ; peut-être attendait-il le moment favorable où il pourrait décider à son avantage en Europe cette guerre dont l'issue était incertaine en Asie. La victoire du puissant Séleucos sur ' l'Hellespont, son plan avoué d'aller en Macédoine, mirent fin aux espérances qui lui avaient fait repousser la première proposition de Tarente ; il envoya Cinéas pour conclure le traité avec les Tarentins, et le fit suivre, dès l'automne de 28i, d'un premier envoi de troupes. Mais l'assassinat de Séleucos, l'acceptation par Céraunos de la couronne de Thrace, changèrent pour Pyrrhos la situation ; la Macédoine était sans maître pour le
*) oOto) xaxà>; xiô (XTiXo) Ttpâ^a; eî; Tr|v Botcortav avextapYidev, ItToXeiiatoc de ctc\ MaxeSovtav 8iI6yj xa\ pcêatco; ïaxt Tf,v otpyi^v (Memnon, C. 13, 3),