‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 430 sur 457 · TTiV icflipa ntvrdticoXw , icporepov XsTtoûY · texte numérisé non relu

TTiV icflipa ntvrdticoXw , icporepov XsTtoûY

o^orv qticiptov.

Même dans ce désordre, il se trouve des traces de vérité. Panni les noms que cite le Pseudo-Callisthène, on reconnaît encore les suivants : 1. Alexandrie d'Egypte (tj neyaXîj, comme on l'appelle aussi) ; 2. Alexandrie de Troade ; 9. la ville de Bucéphale sur THydaspe; 7. la ville b&tie dans le voisinage de Babylone. Ensuite la KaScoxra du Chronicon, que je suppose identique avec la monluosa, doit être VAlexandria seabiosa signalée par l'iliner, Anton, dans le voisinage dlssds. Il est possible qu*il y ait encore dans Callisthène d'autres indications exactes, mais qui ne sont pas susceptibles d'être vérifiées : ainsi le no5 peut bien être la ville cypriote d*Étienne de Byzance ; le n® 11 est peut-être Alexandria Charax; le n« 4 et le n® 12 aussi peuvent être exacts, le premier indiquant la ville bâtie sur l'Iaxarte, l'autre une colonie fondée k la lisière du désert baclro-sogdianicD. Raoul-Rochette a proposé de lire au n« 2 ttjv Tcpb; ''Apica<Ta et de l'identifier avec la ville carienne d'Etienne de Byzance; mais c'est, à mon sens, une conjecture mal venue.

698 LES COLONIES d'alexandre [append. m, 4

de Josèphe ' qui est, à ce point de vue, extrêmement instructif : « Alexandre, dit-il, emmena en Egypte le gouverneur de Samarie et ses 8,000 soldats, avec l'intention de leur donner des terres (xXi^pou; yr,;) dans ce pays, ce qu'il fît, en effet, parla suite en Thébaïde, en leur confiant la garde de cette région (çpoupetv ttjv ytjv). « Ce passage, sur l'exactitude duquel il n'y a aucune raison d'élever des doutes, paraît faire allusion à une espèce particulière de colonies qui tiennent le milieu entre les villes proprement dites et les simples garnisons : ce sont, pour ainsi dire, des colonies militaires dont les habitants forment dans l'armée égyptienne un groupe à part, au moins au temps des Lagides, et sont distingués, comme xdtToixoi , aussi bien des èYx<^P'oi que des itapeitiSynioOvxec. Peut-être certaines colonies analogues, dont il sera question plus loin, remontent-elles également à Alexandre.

Il serait à propos, maintenant que nous louchons à la fin de cette étude, d'embrasser encore une fois d'un coup d'œil l'ensemble des fondations d'Alexandre, et de chercher si l'on n'y pourrait pas découvrir un dessein suivi, un système qui, une fois connu, aiderait singulièrement à faire apprécier les intentions du roi. Mais il y a réellement trop de lacunes dans nos informations pour que nous puissions en attendre un résultat sérieux. En tout cas, un certain nombre d'allusions recueillies dans les auteurs anciens et citées dans le cours de la narration indiquent un dessein de cette nature. On est en droit d'affirmer qu'Alexandre n'a eu exclusivement en vue ni l'occupation militaire, ni le développement du commerce international*, ni l'éducation morale ou hellénisation des peuples; mais tous ces motifs paraissent, dans chaque cas particulier, avoir plus ou moins agi à la fois sur son esprit.

La région la moins favorisée, c'est, ce semble, l'Asie-Mineure : il est vrai que, là, les côtes sont déjà couvertes sur tout leur pourtour d'anciennes colonies helléniques, et les relations du littoral avec l'intérieur doivent y avoir depuis longtemps déjà porté des germes de civilisation grecque. Désormais, maintenant que la situation politique est changée, ces germes vont bientôt se développer dans ce pays sillonné par les routes qui mènent de THellade en Asie. "^

Dans la région syrienne, nous trouvons tout d'abord le passage qui va de Cilicie en Syrie, ce golfe d'issos dont un texte bien connu de Xénophon signale déjà l'importance, utilisé pour deux fondations : sur la côte, Tyr et Gaza sont peuplées à nouveau. Vient ensuite le pays du Jourdain, voisin des peuples nomades du désert syro-arabe : on y bâtit une couple de villes, tandis qu'une couple d'autres sur les bords de l'Oronte semblent plutôt des jalons posés en vue d'une transformation ultérieure et plus étendue.

En Egypte, il est fort possible qu'Alexandrie n'ait pas été l'unique fondation d'Alexandre, mais jelle suffisait à elle seule pour ouvrir aux relations internationales le riche bassin du Nil, pour permettre à l'élément grec, qui

1) JosKPH. Ant. Jud., XI, 8, 6. — 2) Arrien (VI, 22, 4) dit expressément que les marchands phéniciens suivaient Tarmée a son retour de Tlnde.

Page 1