‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 64 sur 457 · PTOLÉMÉE LAGIDE [I · texte numérisé non relu

PTOLÉMÉE LAGIDE [I

Jusque-là Pcrdiccas avait continué son jeu vis-à-vis de la fille d'Antipater. Cette fois, il envoya Eumfene, avec de riches présents, à Sardes, où Cléopâtre s'était retirée. Il lui fit dire qu'il avait résolu, pour Tépouser, de renvoyer Nicaea à son père *. Immédiatement la reine donna son consentement. Nicaea, répudiée, retourna dans la maison paternelle.

C'est avec raison que Perdiccas voyait dans le Lagide son adversaire le plus dangereux. A partir du moment où il avait prit possession de sa satrapie*, Ptolémée s'était préparé à la lutte contre Perdiccas, lutte qu'il reconnaissait inévitable. Il avait commencé par se débarrasser de l'ancien gouverneur de l'Egypte, Cléomène, qui, d'après les dispositions prises à Babylone, devait servir sous lui en qualité d'hyparque. Il était naturel, en effet, que Cléomène, dépouillé de son ancien pouvoir, se rangeât du côté de Perdiccas'. Les exactions effroyables qu'il avait exercées dans sa satrapie fournissaient assez de motifs de lui faire son procès. Le trésor de 8,000 talents, que Cléomène avait amassé, fut confisqué par le satrape. Ce dernier s'en servit aussitôt pour enrôler des troupes, que la gloire de son nom pouvait attirer en grand nombre, et pour améliorer la situation du pays, que l'administration rapace de Cléomène avait plongé dans la plus profonde misère*. Ptolémée s'entendait mieux qu'aucun autre des généraux d'Alexandre à gagner l'affection des peuples qu'il avait à gouverner. Sous son intelligente direction, et grâce aux dispositions cxtraordinairement douces pour l'époque qu'il prit à l'égard des indigènes, le pays se releva rapidement. Le commerce actif avec les contrées d'outre-mer, qui s'était déjà concentré dans Alexandrie, offrait à cette contrée, si riche de sa nature, un débouché avantageux pour ses produits. Ajoutez à cela la

«) Arrian. ap. Phot., 70 b. 25 § 26.

*) Porphyre (ap. Euskb. I, p. 162) dit : iiex cviautbv xat 8ioi iri; elç ^iXtTcicov àvayeypaiiiiévt); riyeiioviaç (post unum annum imperii ad Philippum delaU. EusEB. Armen., Irad. de Petermann). D'après ràvaypaçi^ que le chronographe a sous les yeux, il semble que la première année de Philippe commence au !«' janvier 323 : d'après le canon des Rois, elle commence au !•' Thoth 324. Ptolémée n'a pas dû arriver en Egypte avant le mois de novembre 323.

5) Pausan., I, 6.

*) DiODOR., XVIII, 14.

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