OL. cxiv, 3] fuite d*atsttgone
avait quitté sa satrapie aveô son fils Démétrios et ses amis^ avait gagné la côte, et, montant sur des vaisseaux athéniens qui se trouvaient dans ces parages*, s'était rendu en Europe auprès d'Antipater. Les choses tournaient au gré de Perdiccas. Sans doute, le sort du satrape coupable, auquel il s'apprêtait à infliger un juste châtiment, était maintenant un objet de pitié, même pour l'armée, qui n'avait que trop l'habitude de raisonner et de critiquer, ce dont elle ne se fit pas faute à cette occasion. Aux yeux des soldats, Antigone passait maintenant pour une victime injustement poursuivie. 11 avait raison, le noble satrape, quand le sanguinaire gouverneur général n'avait pas respecté même les membres de la famille royale, de ne pas vouloir confier sa vie à un tribunal qui, évidemment, ne serait pas convoqué pour l'amour de la justice. La fuite d'Antigone en Europe présageait, disait-on, à l'empire de g^randes luttes intestines ; il ne s'était risqué à prendre la fuite qu'avec la certitude que Cratère, Antipater, et d'autres encore peut-^tre prendraient les armes pour soutenir sa cause. C'était là précisément ce qu'attendait et désirait le gouverneur général. Ce n'était plus sa faute alors, à lui, si Ton en arrivait à une rupture et à une lutte décisive. Cratère et Antipater avaient bien vaincu les Grecs, mais non les Étoliens, qui tenaient encore la campagne contre* eux et leur donnaient pleinement à faire. Pour le moment, les deux satrapes ne pouvaient donc que peu de chose en faveur d'Antigone. Cette circonstance, qail s'était enfui auprès d'eux, servait à établir la preuve do leur culpabilité et de leur complicité. Il s'agissait de prévenir la coalition naissante et de les frapper avant qu'ils pussent prendre l'offensive, et le moyen d'atteindre Antipater en Macédoine même était tout indiqué par T offre de Cléopâtre et de sa mère Olympias.
*) Diodore (XVIII, 23) dit : et; xàç 'Arrixàç vaO;, comme si les navires athéniens avaient eu là une station régulière, chose assez étonnante après les deux batailles gagnées par la flotte macédonienne, à moins qu'on n'admette qu'il subsista à Samos une station de ce genre, en attendant qu'on eût statué à Babylone sur les clérouques de l'île. Cependant, il semble bien qu'il ne faut pas rapporter à cette question le «ixeurj exouai etc., qu'on trouve dans les Seeurkunden (XVII, c. 155).