OL. cxiv, 3] négociations avec eumène
mis, culbuta enfin Tinfanterie macédonienne et la força, après une défaite complète, à mettre bas les armes et à jurer fidélité à Perdiccas. Cette victoire fut pour Ëumène d'une importance extraordinaire, non seulement parce qu'elle augmentait ses forces, mais surtout parce qu'il avait, avec une armée asiatique , enfoncé ces phalanges macédoniennes réputées invincibles. Ses derrières assurés, il pouvait avec plus de confiance marcher contre Cratère*.
Déjà des ambassadeurs étaient venus le trouver, lui apportant de la part d'Antipater et de Cratère les propositions les plus séduisantes. Les généraux étaient prêts , s'il voulait abandonner la cause du gouverneur général, non seulement à lui laisser les satrapies qu'il possédait déjà, mais à y ajouter encore une nouvelle province et à placer une armée sous ses ordres. On le priait de ne pas rompre d'une façon si malheureuse la longue amitié qui l'unissait à Cratère. Antipater, de son côté, était disposé à oublier les anciennes querelles et à devenir pour lui un ami fidèle. Eumène prit le parti le plus difficile. Il savait bien que, n'étant point Macédonien de naissance, il ne trouverait de solide appui à sa puissance que dans Perdiccas; il ne pouvait que se soutenir et tomber avec le gouverneur général. Il fit répondre aux généraux qu'il ne commencerait point, pour une cause injuste, à lier amitié avec celui dont il était l'ennemi depuis tarit d'années, surtout en voyant comment Antipater se comportait envers ceux dont il s'était longtemps dit l'ami .'^Quant à son vieux et honoré camarade Cratère, il était prêta tout tenter pour le réconcilier avec legouvemeur général. La cupidité et la trahison gouvernaient le monde; mais, pour lui, il voulait servir et servait la bonne cause injustement attaquée, et, tant qu'il vivrait, il se sacrifierait pour elle corps et biens plutôt que de trahir ses serments*.
En même temps que la réponse d'Eumènc, et au moment où Ton délibérait sur les mesures qui restaient à prendre,
') DiODOR., XVlll, 29. Plut., Eumen. 5. Arrian. ap. Phot. p. 70 b. 30,
2) Plut. Eumen. 5. On sent parfaitement qu'en cet endroit Plutarque reproduit littéralement le texte d'Hiéronyme,