DÉFECTION DE NÉOPTOLÈME [I
volontiers : elles haïssaient Eumène, en sa qualité de Grec, et étaient dévouées corps et âme à Cratère. Ils n'eurent pas non plus grand'peine assurément à gagner le navarque Clilos. Ainsi, les généraux franchirent sans obstacle THellespont et pénétrèrent en Asie. Ils ne rencontrèrent de résistance nulle part. Ils réclamèrent et obtinrent de toutes les villes grecques libres des contingents, absolument comme s'il se fût agi d'une guerre pour le salut de l'empire contre l'arbitraire et la violence*. On eût dit qu'Eumène abandonnait TAsie-Mineure à leurs forces supérieures. Le printemps était passé et les généraux pouvaient avoir déjà pénétré dans la Grande-Phrygie, lorsque Néoptolème d'Arménie leur envoya un message secret. C'était contre sa volonté, leur faisait-il dire, qu'il avait embrassé la cause de Perdiccas; il était tout décidé à faire cause commune avec Cratère, et il prouverait par sa conduite envers Eumène que ses propositions étaient sincères. Il chercha à confirmer ses promesses en attentant perfidement à la vie du Gardien, auquel il portait une haine profonde. Ses plans échouèrent; Eumène découvrit la trahison. Mais, avec sa prudence habituelle, il dissimula, et se contenta d'intimer au satrape Tordre de venir immédiatement avec son armée en Cappadoce. Comme le satrape n'obéit pas, il marcha contre lui en toute hâte ; Néoptolème, plein de confiance dans l'infanterie macédonienne de son armée, alla à sa rencontre. Un combat acharné s'engagea : les Macédoniens de Néoptolème écrasèrent l'infanterie asiatique d'Eumène; lui-même faillit perdre la vie. Mais, avec ses excellents cavaliers cappadociens, il remporta une victoire décisive, s'empara des bagages enne-
*) Ceci résulte du décret des Nasiotes en Thonneur de Thersippos, décret qui a été publié d'après des copies défectueuses dans le C. I. Gr^c, II, n» 2166 et Add, p. 1025, et dont le texte correct, reproduit dans l'Appendice du présent volume, se trouve maintenant imprimé dans le Mouaetov xat pi6Xioer,xT} TTjç gyaYY- <n(o^' e^ SiAupva. i876, p. 128 sqq. Le passage auquel le texte fait allusion est ainsi conçu : 'AJvriTcatpw yop sirixâlavToç ^Pt^i^kt» eU [tov 9i6Xe(A]ov eiffçéprjv tcckvtcov tôv aXX(i>[v elirçeplôvTaSv, Bipaiizitoç 7capayevo|Jt£vo[ç «pb; To\[; paaîXria; xa\ 'AvxiitaTpov e[ xouçt<TE Tàjjx ir6Xiv, ïizpaU Se irpo; KX£[tTOv ii£p\] T&; elç Kuicpov (irpaTEta; xa\ [ ovx oXiya]; daicdcva; et; piixpbv ovvdyaYte •/p6vov]. La suite du décret honorifique continue Texposé des motifs jusqu'en 318.