‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 76 sur 457 · OL. cxiv, 3] la guerre en cappadoce iH · texte numérisé non relu

OL. cxiv, 3] la guerre en cappadoce iH

allaient combattre, et son premier soin fut de le leur laisser ignorer autant que possible. Sachant que le nom de Cratère suffirait à décider sa défaite, il fit répandre le bruit que Néoptolëme vaincu, ayant trouvé l'occasion de réunir des cavaliers cappadociens et paphlagoniens, voulait, de concert avec Pigrès, essayer de résister*.

C'est contre cet ennemi qu'il donna Tordre de marcher. Il conduisit l'armée par des roules écartées, où aucune nouvelle de Tennemi ne pouvait arriver aux siens. Mais qu'adviendraitil s'il ne remportait pas une victoire décisive, ou si les troupes s'apercevaient pendant l'action qu'elles combattaient contre Cratère ! Il ne pouvait se dissimuler que, dans ce cas, livré à la fureur de ses propres soldats et de ses ennemis, il éldl perdu sans ressource. Plusieurs fois il fut sur le point de révéler à ses confidents et aux officiers supérieurs l'état des choses; mais n'était-ce point s'exposer à voir le secret trahi, la seule chance de succès perdue? Il prit le parti de se taire et de jouer jusqu'au bout cette partie téméraire.

On devait rencontrer l'ennemi le jour suivant, et tout le monde encore était persuadé qu'on avait affaire à Pigrès et à Néoptolème. On raconte que, pendant la nuit, Ëumène eut un songe significatif. Il lui sembla voir deux Alexandres marcher l'un contre l'autre, chacun à la tète d'une armée rangée en bataille. Athéna se portait au secours de l'un, Démêter au secours de l'autre. Le parti d'Athêna succomba, et Démêter posa une couronne d'épis sur le front du vainqueur. Eumènc interpréta ce songe en sa faveur. N'allait-il pas combattre pour le beau pays d'Asie-Mineure, comblé précisément à l'heure actuelle des bénédictions de Démêter ? tout à l'entour s'étendaient les champs couverts de moissons mûrissantes. Il apprit en outre que le mot d'ordre des ennemis était Athêna et Alexandre. Son mot d'ordre à lui, pour le jour de la bataille, fut Démêter et Alexandre. Il ordonna à ses troupes de se couronner d'épis, eux et leurs armes : les dieux avaient annonce que c'était là le signe de la victoire.

*) Plut. Eumctx, 6. Degari-uL 9, Justin., loc. cit. Cornel. Nep., Eumen. 3. Arrian. ap. Phot. p. 70 b. 35.

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