‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 77 sur 457 · H 2 BATAILLE LIVRÉE A CRATÈRE · texte numérisé non relu

H 2 BATAILLE LIVRÉE A CRATÈRE

Le matin de la bataille, Ci'atère prit ses positions sur le terrain, sachant qu*Eumène se tenait de l'autre côté de la colline. Il harangua ses troupes, et enflamma, comme il savait le faire, leur ardeur belliqueuse ; il leur promit de leur laisser piller le camp et les biens de Tennemi vaincu. Puis il rangea son armée en bataille. Les phalanges et le reste de Tinfanterie formaient le centre ; la cavalerie, qui devait ouvrir l'attaque, fut placée aux deux ailes : on présumait que cela suffirait pour rompre les lignes ennemies. Cratère prit le commandement de Taile droite et remit celui de Taile gauche àNéoptolème.

Eumëne, de son côté, avait aussi disposé son armée en ordre de bataille. Son infanterie se montait bien aussi à 20,000 hommes, mais elle se composait en majeure partie d'Asiatiques, qui n'étaient pas en état de tenir tête aux phalanges macédoniennes de l'armée ennemie. C'était sa cavalerie, supérieure en nombre (il avait dans cette arme 5,000 hommes de troupes excellentes, quoique jeimes pour la plupart), qui devait décider du succès de la journée. Il la répartit sur les deux ailes. Sur la gauche, en face de Cratère, il plaça deux hipparchies de cavaliers asiatiques, sous le commandement de Pharnabaze* et du Ténédien Phœnix, avec ordre de charger l'ennemi dès qu'il serait en vue, de ne reculer à aucun prix, de ne prêter l'oreille à aucun appel de l'ennemi, bref, de ne rien entendre, même s'il voulait parlementer. Il prit lui-même le commandement de l'aile droite et rassembla en agéma autour de lui 300 cavaliers d'élite, afin de combattre en personne contre Néoptolème.

La ligne des cavaliers d'Eumène franchit au trot, en rangs serrés, les collines qui coupaient le champ de bataille, et, dès que l'enïiemifut en vue, ils se précipitèrent au galop, au son retentissant de la musique militaire et en poussant le cri de guerre. Cratère, voyant avec étonnement ce qui se passait, exprima à haute voix sa colère contre Néoptolème, qui l'avait trompé en assurant que les Macédoniens d'Eumène feraient

*) Ce Pbarnabaze est probablement le fils d'Artabaze, le même qui de 333 à 331 avait été amiral de la flotte perse ; sa sœur Artonis était depuis 324 la femme d'Eumène.

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