SUCCÈS DES ÉTOLIENS
prêter main-forte autant que possible à ses alliés d'Europe, en prenant position dans le voisinage de THellespont.
En Europe aussi, les affaires du gouverneur général marchaient à merveille. On avait décidé les Étoliens à reprendre les hostilités, malgré les conventions jurées dans les premiers mois de Tannée avec Antipater et Cratère. Au printemps, dès que les deux généraux furent passés en Asie, ils avaient réuni une armée de 12,000 hommes d'infanterie et de 400 cavaliers. Puis, sous la conduite de rÉtolien Alexandre, ils étaient entrés en campagne contre la ville locrienne d'Amphissa, dévastant son territoire et occupant quelques-unes des villes environnantes. Le général macédonienPolyclès accourut pour débloquer la ville. Les Étoliens allèrent à sa rencontre, le battirent, le tuèrent, lui et bon nombre de ses troupes, et firent prisonniers le reste. On en vendit une partie comnlc esclaves; Taulre fut rendue à la liberté contre une forte rançon. Enhardis par de pareils succès et par les encouragements qu'ils recevaient d'Asie, ils envahirent la Thessalie. La plus grande partie de la population se souleva contre la Macédoine; Ménon de Pharsale rejoignit les Étoliens, à la tête de la cavalerie thessalienne. Leur armée s'élevait maintenant à 25,000 hommes d'infanterie et 1,500 cavaliers; ils enlevèrent Tune après l'autre toutes les villes occupées par les garnisons macédoniennes. C'était vers le temps où Eumène remportait ses victoires. Il ne manquait plus qu'un soulèvement des Grecs proclamant leur liberté. Le gouverneur général avait déjà reçu d'Athènes des informations qui lui faisaient concevoir les meilleures espérances. Dans d'autres endroits encore, l'effervescence et Tenthousiasme pour la liberté allaient croissant. La voix publique se déclarait naturellement en faveur de Perdiccas' ; on le savait précisément en voie de châtier le satrape qui venait d'anéantir aussi la liberté des villes grecques en Libye.
Au printemps de Tannée 321 , le gouverneur général, accom-
*) DiODOR., XVIH, 38. C'est à cet ordre d'idées que parait se rapporter ce que dit Pausanias (VI, 16, 2. V, 2, 5). Sur les lettres de Démade à Perdiccas, voy. ci-dessous, p. 163,