OL. cxiv, 3J ptolémée absous H
pagné des deux rois et de la jeune reine Eurydice, avait quitlé, à la tête de Tarmée royale, la Pisidie et la Cappadoce, pour marcher par Damas sur la frontière égyptienne ; comme il Tavait fait l'automne précédent, lorsqu'il s'était agi de punir Antigone, il convoqua l'armée pour juger le satrape d*Égypte. Il attendait un arrêt en vertu duquel il comptait achever ce qu'il avait commencé. L'acte d'accusation portait sans doute que le satrape d'Egypte avait refusé Tobéissance qu'il devait aux rois ; qu'il avait combattu et soumis les Grecs de la Cyrénaïque, auxquels Alexandre avait garanti la liberté ; qu'il s'était enfin emparé des dépouilles mortelles du roi défunt et les avait conduites à Memphis*. D'après le seul renseignement (il provient de la meilleure source) qui nous soit parvenu touchant ce jugement, il faut croire que Ptolémée comparut en personne pour se défendre devant l'armée rassemblée^ Il avait sans doute sujet de compter sur l'impression produite par une confiance si loyale, sur sa popularité chez les Macédoniens et sur l'aversion qui régnait contre l'impérieux gouverneur général. Sa défense fut écoutée avec une faveur croissante, et il fut absous parle verdict de l'armée. Malgré cet acquittement, le gouverneur général resta décidé à la guerre. Cette conduite ne fit que lui aliéner davantage
') Arrien (ap. Phot. 71 a. 10 § 28) parle seulement d'une manière générale d'un- jugement : je crois pouvoir conclure d'un passage de Strabon (XVJI, p. 794) qu'un des principaux chefs d'accusation portait sur le corps d'Alexandre ; le parti, étant donné son caractère, dut trouver un second grief dans la soumission de la Cyrénaïque.
*) xaTTjYopr,ffac $è IltoXeiiLa^ouxàxe^vou exe toO hXt^ôou; àitoXuoiiévoy tkç aiTÎa;, xa\ SiÇac jir) ôîxata etctxaXeIV'8{iidc xa\ toO itXT,8ovç ovx èxôvroç ico).e(ieT (Arrian. loc, cit,). Certainement, Arrien parle ici d'après Hiéronyme. Diodore a passé sous silence ce fait important; il le remplace par une description détaillée de la pompe des funérailles (c. 26-29), morceau qui, quoi qu'en dise Athénée (V, p. 206 c), ne peut guère avoir été emprunté à Hiéronyme, comme le montre la fin, où il est dit de Ptolémée : oy «ap' àvOpeuitwv |i6vov, àïXk xat izoLpoL Oeôv xaXà; â|iioi6à; ^a6ev, et plus loin : ol 5è 6eo\ 5ià Triv àpeTTiv xx\ eÎç Tcàvra; xoù; çîXov; emei'xetav ex tûv iieyCoxcov xivfiuvcov 7capa$6^a>; auxbv
(Ptolémée) ôilawaav. On pourrait supposer que ce chapitre vient indirectement de l'écrit rédigé par Éphippos d'Olynthe, IIsp^ ^9;; *AXeÇâv8pou xa\ 'HçataT^câïvoctaçTiç, car Éphippos à XaXxiÔeu; (Arrian., II I, 5, 4) avait été nommé eict<ntoitoç en Egypte par Alexandre et devait être resté au service du Lagide ; seulement, il faudrait savoir par quel intermédiaire ce morceau est parvenu dans les extraits de Diodore.
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H 8 IMPOPULARITÉ DE PERDICCAS [1,3
jl Tesprît des troupes. La guerre contre l'Egypte n'était rien
moins que de leur goût; bientôt les murmures éclatèrent: Perdiccas essaya d'étouffer cet esprit d'insubordination par de sévères exécutions militaires. Toutes les représentations des capitaines et des stratèges furent vaines : fantasque, ne tenant compte de rien, il traita même les grands d'une façon despotique, privant de leur commandement les officiers les plus méritants, ne se fiant qu'à lui et à sa volonté. Ce même homme, qui après avoir commencé la carrière de sa grandeur avec tant de prudence et de réserve l'avait poursuivie avec énergie et constance, semblait, à mesure qu'il se rapprochait du but suprême, de la souveraineté absolue, perdre de plus en plus la clarté de vues et la modération qui seules auraient pu lui faire franchir le dernier pas, le plus dangereux de tous*.
Il avait l'avantage de posséder des troupes aguerries et les éléphants d'Alexandre ; la flotte, sous les ordres de son beaufrère Attale*, était près des bouches du Nil : il passa la frontière. A ce moment il reçut d'Asie-Mineure la nouvelle que Néoptolème avait passé du côté de ses adversaires et qu'Eumène, après l'avoir complètement battu, avait rallié la plus grande partie de ses troupes. Il marcha à l'ennemi avec d'autant plus de confiance^, atteignit Péluse sans obstacle et y fit camper son armée. En dedans de la branche pélusiaque du Nil se trouvaient des places fortes isolées, d'où l'on pourrait menacer les flancs de l'armée, lorsque l'expédition remonterait
*) DiODOR., XVIII, 33.
*) Cet Attale, le mari d'Atalante, sœur de Perdiccas (Diodor., XVIII, 37), est le Ûls du Tymphéen Andromène, celui dont il est si souvent question dans l'histoire d'Alexandre et qui plus tard embrassa si vaillamment, avec son frère Polémon, la cause de Perdiccas ; en 330, il commandait déjà une phalange en Bactriane (Arrian., IV, 22, 1) et faisait partie des triérarques de la flotte de Tlndus (Arrian., Ind. 18); il passait pour ressembler à Alexandre (Curt., VIII, 13, 21).
•) in;06(Aevoc Ty|V xaxà xbv EvpivY) vtxiQV TroXXù» Opa<r5TEpo; cy^vero itpbç t^jv «te Atyuirrov axpoLxtlay (DiODon., XVIII, 33). Diodore dit cela après avoir raconté la bataille où succombèrent Cratère et Néoptolème, tandis qu'un peu plus loin (XVIII, 37) il assure que la nouvelle de cette victoire, la deuxième remportée par Eumène, est parvenue au camp seulement après la mort de Perdiccas.