ANTIPATER GOUVERNEUR GÉNÉRAL [I
camp sur Taulre rive de l'Oronte. Dès qu'Anlipater eut rejoint les Macédoniens, la première chose que ceux-ci lui demandèrent fut. qu'on leur distribuât enfin l'argent qu'Alexandre leur avait déjà promis comme récompense. Le vieil Antipater, en face de Tarrogance de ces troupes intraitables, n'osa prendre une -attitude sévère et infliger des punitions disciplinaires. Il exprima ses regrets de n'avoir pas poui' le moment de quoi les satisfaire : cependant, il y avait çà et là quelques trésors royaux et, en temps et lieu, quand il en aurait pris possession, il ferait droit aux justes réclamations des troupes. L'armée écouta cette réponse avec dépit, et Eurydice attisa tant qu'elle put l'irritation. Elle détestait Antipater, qui jadis ne l'avait pas soutenue, elle et sa mère, comme il aurait dû le faire, et auprès duquel elle eût bientôt perdu l'influence qu'elle venait à peine d'acquérir. Elle ne réussit que trop bien : une véritable révolte éclata. La reine elle-même tint aux troupes rassemblées un discours composé par Asclépiodore. Elle accusa Antipater d'être aussi avare que négligent, de n'avoir pas mis en sûreté le trésor que Perdiccas avait déposé à Tyr. Si l'on procédait ainsi avec les trésors royaux, les Macédoniens pourraient attendre toute leur vie les récompenses qu'ils avaient si bien méritées, les armes à la main, au prix de leur sang; il leur fallait rompre avec Antipater. Après elle^ Attalos, un des chefs de l'infanterie, prit la parole et accumula de nouvelles accusations contre Antipater*. L'assemblée devenait de plus en plus tumultueuse : ils ne laisseraient pas partir le stratège qu'il n'eût donné de l'argent et se fût justifié ; et s'il ne le pouvait pas, ils le lapideraient. En même temps, ils se postèrent devant le pont par où Antipater devait nécessairement passer pour regagner le camp des siens de l'autre côté de l'Oronte, dont le cours est excessivement rapide. La situation devenait très critique pour Antipater; le peu de cavaliers qu'il avait avec lui n'étaient pas suffisants pour le protéger en cas d'attaque, encore moins pour lui ouvrir un passage à travers les phalanges. Dans cette extrémité, Anti-
') Arrian., ap. PiioT. 71 b. 10, § 33. Naturellement, ce n'est pas le Tymphéen Attale.
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parler devant Tarmée. Les Macédoniens ouvrirent leurs rangs devant rilluslre général, et le suivirent pour entendre ce qu'il ^lait dire. Pendant que la foule se tenait autour de lui, écou- ^nt son apologie d'Antipater, un long et habile discours où ^1 mêlait les promesses, les exhortations, les paroles de conci- "ation, Séleucos saisit le moment avec ses cavaliers. En rangs ^^ïTés et ayant Antipater au milieu d'eux, ils passèrent le P^f^l au trot, défilant devant les Macédoniens, et gagnèrent '^utre camp ^ Antigone eut grand'peine à se dérober à Tindi- S^^^tion de la foule. Antipater fut déclaré déchu de sa dignité «esiitué; on eût dit que le pouvoir allait passer tout entier ^ ^.^^ains d'Eurydice. Mais la vieille rivalité entre la cavalerie . ''^fa^nterie se ralluma. Les hétœres de la cavalerie se sépa- ,"1^^ du reste de l'armée* : leurs hipparques, sur l'ordre ^^^\iater, revinrent dans son camp. Les phalanges pou- ^^^feV^V craindre de se trouver livrées à elles-mêmes, sans chef ^i sans discipline ; Eurydice elle-même s'effraya de la possi- \)\\îlé d'une attaque, dont Antipater la menaçait : on se hâta de faire soumission. Dès le lendemain, il fut décrété qu' Antipater était gouverneur général, avec pouvoir absolu ^
Antipater n'hésita pas à accepter le pouvoir qui lui était pour la seconde fois remis. L'affaire la plus urgente et la plus importante était de répartir les dignités et satrapies de l'empire conformément aux nouvel état de choses. 11 fallait procéder au partage avec une certaine circonspection, le parti de Perdiccas n'étant nullement anéanti encore.
•) POLY.EX.,IV, 6, .'l.
') Cette séparation de la noblesse et des phalanges n'est pas, il est vrai, nettement affirmée, mais elle parftît bien cependant indiquée par Arrien.
') Arrian., loc, cit. — ol 6è MaxeSéve; £7rt{i8).rjTT,v eî>.ovTo tov 'AvxciiaTpov
«vT6xpâTopa(DiODOH.. XVIII, 39). Appien (MithriiL 8), qui cile directement
Hiéronyme, dit : 'AvxtiiaTpo; liz\ xô» Ihpctxxa xr,; Wh 'AXeÇâvopou ^evoiilvr,;
yri; gictTpdiceuw V, de sorte qu'on ne voit pas bien si son titre étaiteTctxpoiro;
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