JUGEMENT DES PARTISANS DE PERDICCAS [I
regardait la victoire d'Eumène comme un malheur et une défaite personnelle; elle lui imputait à crime la mort de Cra- ,tère, pour qui on avait une sorte de vénération. Toute la fureur de Tarmée^ aigrie par la révolte et la défaite, se déchargea sur le scribe de Cardia. Le satrape d'Lgypte dut voir de bon œil les mauvaises dispositions des esprits se jeter dans cette voie ; c'était pour lui le moyen d'atteindre le seul homme qu'il ne pouvait espérer gagner et ceux qui avaient vaincu avec lui, avant qu'ils pussent entreprendre autre chose. L'armée fut de nouveau convoquée pour juger Ëumëne et les autres stratèges absents de Perdiccas. Ils furent, au nombre de quinze, condamnés k mort, et parmi eux Alcétas, frère du gouverneur général ; sa sœur Atalante, épouse de l'amiral Attale, qui se trouvait dans le camp, fut exécutée sur-le-champ. Quant à Attale lui-même, il s'était rendu en toute h&te avec la flotte de Péluse à Tyr, pour sauver le Trésor qui y était déposé et rallier les débris du parti qui avait été dispersé aux, bords du Nil.
Ensuite des messagers furent envoyés à Antipater dans la Syrie supérieure et à Antigène, qui se trouvait à Cypre *, pour les presser de rejoindre au plus vite les rois à Triparadisos. L'armée elle-même, sous la conduite des gouverneurs généraux, se mit en marche pour retourner en Syrie : Ptolémée, à ce qu'il parait, resta en Egypte.
C'est pendant cette retraite qu'Eurydice, la jeune épouse du roi Philippe Arrhidée, qui jusqu'alors s'était abstenue de toute
*) Dans le décret rendu en Thonneur de Phœdros (C. I. Attic, II, n° 331), on dit de son père Thymocharès : x£ip*5fovT)]ôs\c ^Tparriyb; 'lith toO ÔTQjAOU ïi:\ Tb vaUTix[bv '^TcXejuaev êir\ tôv veôv &; 6 ôrjjAOÇ ... (ici des lettres effacées) <ruvéîce{nrev eI; ttiv 'Affiav xa\ 9uvSteiroXl(AT]<T[ev x]bv niXsjiovTbv ev Kuicpoi xa\ ^a6Ev "Ayvwva tbv Ti^ïov xa\ toiç vav; jux' auToO, Comme, dans d*autres passages de Tinscription, les noms d'Antigone et de Démétrlos et les choses flatteuses pour eux sont effacés en plusieurs endroits, c'est certainement 'AvTiyivo) qu'il faut restituer ici, et Ton obtient aussi un renseignement tout nouveau sur ce qui s'est passé en mer à cette époque; par exemple, qu'Antigone a battu, en partie avec des navires athéniens, le navarque du lieutenant-général, Hagnon de Téos (Plut., Alex, 20. 40). On trouve un deuxième renseignement sur cette même expédition de Cypre dans le décret des Nasiotes en l'honneur de Thersippos (voy. VAppendice\ : ^TtpaÇs oè x«t Ttpbc KXetîTov icEp\] xàç eI; Kvirpov (irpatscac (lig. i4), par où l'on voit que Clitos s'était rallié à la cause d'Antipater aussitôt que celui-ci fut passé en Asie.
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^ ^^icipation aux affaires de Tempirc, encouragée par son
y^ ^éi^e Asolépiodore, commença à jouer vis-à-vis des gou-
^Ok^^^s généraux un rôle auquel sa situation, non moins que
/^* %*aclère, semblait l'autoriser. En sa qualité d'épouse du
r. ^ ^l^-ant à la gestion des affaires du royaume Tintérêt le plus
"^^^L et le plus naturel, elle somma Pithon et Arrhidœos de
^^ t^l^is la frustrer à l'avenir de la part qui lui revenait dans
^^ •iîi^ection du gouvernement. Tout d'abord les gouverneurs
géckêi-sux ne dirent pas non; mais bientôt, lorsqu'on fut sur le
point de rejoindre Antipater, inquiets de la vieille inimitié de
ce d^jTnier contre Eurydice, ils refusèrent à la reine de la
laïa^^^j. s'immiscer davantage dans leurs affaires : ils avaient
l^oia.1.^^ la responsabilité, disaient-ils, et ils agiraient donc seuls
J"*<jvi'à l'arrivée d'Antipater et d'Antigone*. Mais Eurydice
^vait, les sympathies de l'armée; elle était aimée comme prin-
cess^ de la maison royale et à cause de son caractère, qui était
P^^^ t. celui d'un soldat que celui d'une femme. Par contre,
^^pXiîs son expédition en Médie, dans l'automne de 323,
*^^^m avait perdu la faveur des Macédoniens, et la méfiance
. *^^tïmée à son égard se manifestait assez ouvertement. Les
*^*STies de la jeune reine donnèrent tant à faire aux gouver-
géuéraux que, arrivés à Triparadisos, ils se virent forcés ^ Se* démettre de leur dignité dans une assemblée des Macé-
intrigues d'Eurydice n'avaient réussi qu'à moitié : elle "^^^^lit pas assez d'empire sur l'armée pour qu'il lui fût pos- ^* ^^ de diriger à son gré l'élection d*un nouveau gouverneur S ^^^:si. L'armée nomma Antipater', choix qui devait aller à , ^^tDntre de tous les désirs et de toutes les espérances de la ^^^^ freine.
^jà Antipater et Antigone étaient arrivés dans les envî- ^ Je Triparadisos ', et l'armée d'Antipater avait établi son
« \ ^RRiAN. ap. Phot. 71 a. 35, § 31. /p^j^^^iODOR., XVIII, 39. Arrian., loc, cit. Sur la position de Triparadision i^ l^^^lisos dans Strabon) près des sources de l'Oronte^ voy. Mannert, VI,
' *t^ï^ ^rrien dit : a; 'AvTtiratpov tj ouvadreia 7tôpi(<rcaTat, Diodore (XVIII, 39)