‹ Histoire de l'hellénisme (volume 2)Chapitre 91 sur 457 · oL. cxiv, IJ COUP d\kil rétrospectif · texte numérisé non relu

oL. cxiv, IJ COUP d\kil rétrospectif

sans cesse contre l'opposition et les prétentions des Macédoniens de Tarmée, et les grands de Tempire, se prévalant de leur pouvoir territorial qui se constituait déjà, cherchèrent de toutes les manières à rel&cher les liens de dépendance qui les rattachaient à Tempire. Perdiccas lui-même ne regardait le pouvoir qui lui fut confié que comme un moyen d'acquérir pour lui-même Fautorité suprême de fait, et même de nom, s'il était possible. Il eut des succès tant que son intérêt fut d'accord avec celui des rois. Pithon de Médie dut plier devant lui; la Cappadoce fut conquise ; Antigone de Phrygie, qui avait refusé l'obéissance, fut obligé de fuir. Sans posséder une province en particulier comme fondement de sa puissance, Perdiccas gouvernait au nom de la majesté impériale ; il représentait la bonne cause. Toute insubordination, toute résistance contre lui était une rébellion contre l'empire et un acte criminel; il avait grand air, une attitude digne et irréprochable. Puis il commença à séparer ses intérêts de ceux -des rois. Son union avec la reine Cléopàtre devait lui frayer le chemin au trône; il se fit le meurtrier de la princesse Cynane; il répudia la fille d'Antipater; avec une injustice criante, il mit la main sur les provinces d'Asie-Mineure ; il força Antipater et Ptoléméc à la guerre. C'en était fait de sa fortune, et bientôt de sa vie.

Au point de vue de l'intérêt de l'empii'e, la mort de Perdiccas fat un grand malheur; s'il avait été victorieux, le pays se trouvait réuni dans une seule main, et, même si les rois avaient été écartés, l'empire serait resté à la branche féminine de la maison. Perdiccas assassiné, Ptolémée dédaigna de prendre la dignité de gouverneur général : il lui enleva son autorité en la partageant; il la donna à deux hommes à qui il payait ainsi une dette de reconnaissance. Ceux-ci ne purent se maintenir contre les intrigues de la reine Eurydice ; on vit bientôt que l'autorité de Tcmpire ne suffisait plus par elle-même à contenir dans l'obéissance même l'armée, qui seule pouvait la faire reconnaître. Les troupes choisirent pour gouverneur général le gouverneur de Macédoine : il fallait maintenant, pour exercer ces fonctions, une autre espèce d'autorité, une sorte de puissance temtoriale. Dorénavant, les rois furent moins

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représenlésque protégés, la royauté moins affirmée que tolérée. Voilà le changement essentiel que subit l'empire, par suite de la mort de Perdiccas et par Teffet de ses conséquences immédiates. La royauté, quel que fût son représentant, avait subi une défaite de la part des satrapes; sortis vainqueurs de la lulte, ils conservèrent Tindépendance plus large qu'ils avaient ambitionnée. La plupart d'entre eux, destitués par Perdiccas, rentrèrent dans leurs anciennes places avec de nouvelles prérogatives : on commençait à parler des droits acquis par la force des armes. En face du droit héréditaire de la maison royale, il y avait maintenant le droit de conquête, revendiqué par chaque potentat en particulier*. Antipater, stratège des provinces européennes, avait entre les mains, comme gouverneur général, l'autorité suprême à laquelle il aurait du être soumis lui-même. En retournant dans ses provinces et en y emmenant les rois, bien qu'il n'ait jugé à propos de le faire qu'à la suite 'de complications ultérieures, il transportait le centre de l'empire d'Asie en Europe, ou, pour mieux dire, l'empire cessait d'avoir un centre, d'autant plus qu' Antipater morcela l'armée royale, qu'il en laissa la plus grande partie en Asie, qu'il la confia à d'autres mains, qu'il l'éloigiia de l'entourage des rois. Ceci a contribué plus que toute autre chose, extérieurement du moins, à la destruction de la royauté et à la dissolution de Tempire.

Les dispositions les plus importantes adoptées lors de la répartition des honneurs et des satrapies, telle qu'elle fut faite par Antipater à Triparadisos, étaient les suivantes :

Ptolémée garda naturellement sa satrapie, telle qu'il la voulait. On lui garantit la possession de TÉgypto, de la Libye,

*) C'est à propos du partage de Triparadisos que Diodore (XVIII, i3;, c'est-à-dire Hiéronyme, emploie pour la première fois, en parlant de TÉgyple, le mot significatif SopîxTr^To; : riToXefjLaîo;, àiroTetpiiipiévoçiiapaoiÇtoç t<Sv te IlepocxxQtv xai toc; ^aaiXtxà; Ôuvapist;, ttjv {lèv AîyuitTov cuffavEi ttva oopixxYjTov (il manque ici '/<^pav, àpxV OU quelque chose d'analogue) eî^ev. Antipater lui laisse cette possession ôià xh 5oxeîv Ty,v Aî'yuirTov 6tà Tf,; lôt'a; àvfipEta; ^x^'^ oIovê\ ôopîxTYjTov (XVIII, 39). On voit par là ce que veut dire Diodore (XVIÏ, 17), c'est-à-dire la tradition, émanée de Clitarque, lorsqu'il raconte qu'Alexandre, traversant THellespont et approchant du rivage, brandit sa lance et l'enfonça dans la terre d'Asie : «Vi^a; Sa et; tyiv yf.v xoi «y-co; ành tt,; vEwc àça).X6{ji£vo; itxpà TU)v 6etbv ocTcsçaîvexo ttjv 'A^t'av Ôl^s^ai Sopixtr^Tov.

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