OL. cxiv, 4] partage de tripahadisos
de TArabie et de toutes les conquêtes qu'il ferait du côté de Fouest; sans doute on faisait allusion par là à Carthage, qui, du reste, avait envoyé des secours aux Cyrénéens.
La Syrie resta entre les mains de Laomédon d*Amphipolis, Lesbien de naissance ; ce personnage avait pu se justifier, parait-il, de sa conduite envers Perdiccas, auquel tout au moins il ne s'était pas montré ouvertement hostile.
En Cilicie, Philoxénos avait été nommé, il est vrai, par Perdiccas, mais il semble bien qu'à l'approche d'Antipater il s'était immédiatement déclaré pour celui-ci : il resta en possession de sa province.
Parmi les satrapies dites supérieures, la Mésopotamie et l'Arbélitide furent enlevées à leur satrape actuel et données à Amphimachos'. La Babylonie aussi reçut un nouveau satrape dans la personne de Séleucos, le ci-devant chiliarque, dont Antipater avait appris à apprécier, dans la dernière révolte, le dévouement et la fidélité. Bien que Babylone cessât d'être la résidence des rois, elle restait cependant, à tous les points do vue, une des villes les plus importantes de l'empire, le trait d*union entre les satrapies de l'Orient et de l'Occident. C'était une situation que Séleucos ne manqua pas, plus tard du moins, d'exploiter à son profit.
La province voisine, la Susiane, reçut, elle aussi, un nouveau satrape; ce fut Antigène, qui déjà sous Alexandre était chef de Yagéma des hypaspistes, corps appelé depuis les argyraspides, c'est-à-dire, « Boucliers d'argent ». Ce corps se composait uniquement de vétérans des campagnes d'Asie; c'est à peine, à ce qu'on nous dit, s'il y en avait un parmi eux qui n'eût pas soixante ans. Les argyraspides passaient pour invincibles, pour l'élite de l'armée macédonienne. Ils étaient pleins de morgue, bravaient tout ordre qui leur déplaisait, se faisaient les meneurs de toutes les mutineries et n'étaient fidèles qu'à la maison royale^. Antipater désirait les éloigner
*) Arrien (ap. Phot. 71 b. 27, § 35) l'adjuge tw toO paffiXlw; àôtXpw, et on ne peut guère songer ici qu'à Antimachos, le frère de Lysiraaque (Arrian., I, i 8) ; cependant Diodore (XVIIÏ, 39, 6) donne aussi 'A|ji9C|ia;(oç.
*) Plut., Eumen. 19. DiODOR.,XVin,40sqq. D'après Justin (XVIII, 12), Antigène, qui prit part à la sédition en Egypte, était au nombre des chefs
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elles occuper, mais il ne le pouvait qu'en leur donnant une mission honorable. Il décida donc que 3,000 d'entre eux accompagneraient Antigène à Suse, pour transporter à la côte les trésors qui y étaient accumulés*.
Il laissa généralement les satrapies de Textrême Orient aux mains de ceux qui les possédaient. Peucestas conserva la Perse; Tlépolémos,laCarmanie; Sibyrtios,laGédrosieetrArachosie; Oxyartè8,le pays des Paropamisâdes; Pithon,fil8 d'Agénor, rinde citérieure; Taxile,le paysan delà de rindiis, sur THydaspe ; Porus, tous les pays riverains de THydaspe jusqu'à Tembouchure de Tlndus. Les seuls changements faits en Orient furent les suivants. La Bactriane et laSogdiane furent réunies dans les mains de Stasanor de Soles : Philippe, jusqu'alors satrape de la Sogdiane et Bactriane, prit la satrapie de Parthîe ; Stasandros de Cjrpre, la Drangiane et l'Asie ; enfin, Pithon, fils de Crateuas, conserva sa satrapie de Médie jusqu'aux défilés Caspiens, et, pour le dédommager de la dignité de gouverneur général^ il fut encore nommé stratège des satrapies supérieures, à moins qu'il ne l'ait été qu'un peu plus tard*.
Il est surprenant que, dans les listes qui nous sont parvenues du partage de Triparadisos, il ne soit fait mention ni de la Médie septentrionale ni de l'Arménie. Nous savons qu'Atropatès s'est maintenu comme souverain héréditaire dans la Médie, qui lui était échue au partage de 323 ; et Orontès, qui à la bataille de Gaugamèle avait combattu dans Tarmée perse en qualité de satrape d'Arménie, se retrouve trois ans après en possession de son ancienne province*.
qui retournaient au pays avec les vétérans, sous la conduite de Cratère, en 324 ; je ne sais trop comment concilier ces assertions, et s'il y avait des argyraspides parmi les 10,000 vétérans.
•) Arrian. ap. Phot., 72 a. 10, § 38.
«) OTpaTTjybç tôv fivw (rarpotnetûv à7caofi)v (DiODOR.,, XIX, i4). C'est un détail dont il n'est question, à propos du partage de Triparadisos, ni dans Arrien (§ 37), ni dans Diodore lui-même (XVIII, 39). Ce silence et la situation éminente d*Antigone permettraient peut-être de supposer que, dans cette nouvelle organisation de Tempire, Pithon ne reçut pas encore le litre de stratège.
») PoLY^N., IV, 8, 3. Cf. Arrian., HT, 8, 9. Cet Orontès paraît être la même que Diodore (XXXI, 19, 5) appelle Ardoatès.