ot. cxîv, 4] partage de tuiparadisos
La Cappadoce, qui y touche du côté de Touest, administrée avec tant de soin par Eumène et déjà visiblement relevée, fut destinée à Nicanor^ Antigone devait rentrer en possession de la Grande-Phrygie et de laLycie, avec les provinces voisines de Lycaonie et de Pamphylie. Asandros aussi fut confirmé dans son ancienne satrapie de Carie. Ménandre ne retourna pas en Lydie et resta désormais à Tarmée * ; Clitos, qui avait été jusque-là navarque dans les eaux helléniques, devait administrer cette satrapie à sa place. Enfin, laPhrygie surTHellespont fut destinée à Tancien gouverneur général Arrhidaeos.
Antipater lui-même gardait, comme autrefois, les provinces européennes. D est à remarquer que, du moins d'après le statut de Triparadisos, il semble avoir fait bon marché de son pouvoir de gouverneur général; il fallut des complications ultérieures pour le décider à diviser Tannée impériale et à transporter la résidence des rois en Europe. Pour le moment, il décida qu' Antigone, outre sa satrapie, recevrait encore, en qualité de stratège autocrate*, le commandement en chef des
*) Harpooration et Photius (s. v.) mentionnent trois personnages de ce nom, le fils d'un Balacros, le fils de Parménion et le Stagirite. Le fils de Parménion tout au moins était déjà mort. Au temps des Diadoques, il y a quatre Nicanor, qu'il faut bien distinguer : d'abord, le susdit satrape de Cappadoce, qui était dévoué à Antigone ; puis l'ami et général de Ptolémée (DiODOR., XVIII, 43); ensuite le Stagirite, plus tard partisan de Cassandre et commandant de la garnison de Munychie, un fils adoptif d'Aristote (Zeller, PhUos, der Griechen, II, 2, p. 6) ; enfin, le frère de Cassandre (Diodor., XIX, H). Peut-être faut-il encore en ajouter un cinquième, d'après Malalas (lll, p. 198) qui, parlant d'une époque un peu postérieure, assure que Séleucos confia l'administration de l'Asie (t^c aarpane^a; tt|v çpovrtîa itaotî; Tîiç 'Ama;) à Nicomède et Nicanor, tovç (pj^r^^^^U a'jxoO, ulov; Ôè Ai8uiiéaç, «^2^?îî; ToO auToO LeXevxou.
*) Plut., Eumen. 9.
/) Cette stratégie d'Antigone est une dignité exceptionnelle. On pourrait dire qu'elle équivaut à la KaraniCy telle que la possédait, par exemple, Cyrus le Jeune, qui cumulait avec cela les satrapies de Lydie, de Phrygie «t de Cappadoce, Alexandre paraît n'avoir rien créé de semblable : du moins, Plutarque (Alex, 22) se trompe quand il qualifie Philoxénos de à 8îc\ ^«TTTiç orpaTYjyoç, titre auquel Polyœnos (VI, 49) substitue, sans plus de "^ison, celui d'uitap^oç Iwvîaç, et c'était aussi un office très, différent que celui qu'Alexandre, d'après Arrien (III, 16, 10), confia à Mènes, nommé l»yparque des régions comprises entre Babylone et la mer {à \îitapxoç 2up(a; x«i *oiv(xYi<; xa\ KtXixfaç). Alexandre institua plusieurs stratèges côte à côte ^n Egypte, en Médie (Arrian., III, 5. VI, 27), un à Babylone, un en
PARTAGE DE TRÏPARADISOS
troupes dcTempire et continuerait, selon ses désirs, la guerre contre les restes du parti de Pcrdiccas, notamment contre Eumène. En même temps, on remit les rois à ses soins, de sorte que le pouvoir exercé en entier par Perdiccas fut divisé d'une façon qui laisse supposer qu'Antipater se croyait parfaitement sur du dévouement do son stratège, ou qu*il n'a pu se soustraire aux exigences d'Anligone. Pour ne rien négliger de ce que réclamait la prudence, il nomma son propre fils Cassandre chiliarque et l'adjoignit à Antigone, espérant sans doute opposer ainsi une barrière suffisante à Antigone, si, enivré par le pouvoir certainement très grand qu'on lui avait confié, il se laissait aller à de mauvais desseins. Enfin, il institua gardes du corps du roi Philippe Autolycos, frère de Lysimaque de Thrace*, Amynlas, frère de Peucestasde Perse, Alexandre, fils du stratège Polysperchon, et Plolémée, (ils de Ptolémée*.
Susiane (Arrian., III, 16) ; ïItzItho'koz oÙv orpaxia installé sur le Paropamisos paraît avoir été un fonctionnaire du même genre (Arrian-, III, 28, 4). Dans le partage de Tan 323, on renonça à celte institution de la stratégie (l'Europe exceptée); comme l'armée ne fut plus «employée désormais à faire des conquêtes, le gouverneur général fut dorénavant le véritable stratège. Évidemment, les divers satrapes reçurent, chacun dans son territoire, les pouvoirs des stratèges ; mais il était entendu que le gouverneur général se réservait le droit de disposer de leurs forces militaires (Léonnatos, Antigone), ou môme de nommer un stratège sous les ordres duquels ils seraient obligés de placer leurs troupes (Pilhon, Eumène). La dignité de stratège conférée à Antigone était autre chose que le commandement déjà confié par Perdiccas au satrape Eumène, car Antigone reçut le droit de disposer d'une grande partie de l'armée de l'empire, c'est-à-dire qu'on lui donna, à proprement parler, la puissance militaire en Asie ; c'était un coup des plus sensibles porté à la dignité de gouverneur général, que l'on dépouillait ainsi du commandement militaire.
1) Arrien (ap. Phot. 72 a. 14 S 38) l'appelle fils d'Agathoclès; comme on n'acceptait parmi les gardes du corps que des gens de haut parage, il n*y a rien de plus naturel que de songer 'à cet Agathoclès, père de Lysimaque, que le roi Philippe avait déjà élevé à un si haut rang, bien qu'on prétende que c'était auparavant un péneste de Cranon (Theopomp. ap. Athen., VI, p. 260 a).
*) Il n*y a pas lieu de penser à un fils du Lagide, à Céraunos, par exemple, qui probablement n'était pas né encore ; il est d'autant plus vraisemblable, qu'il s'agit d'un fils de ce Ptolémée qui était garde du corps en 334, celui qui partit avec les nouveaux mariés pour la Macédoine et fut tué à Issos; celui-là était fils de Séleucos. Il n'est pas impossible que ce Séleucos fût le grand-père du fumeux Séleucos, qui aurait été, par conséquent, le