‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 220 sur 231 · XX · texte numérisé non relu

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1) «^Leçoutrès douteuse, car la construction est en désarroi. »

La pierre de l'inscription (la (jxiXkx ^te-va) avait été érigée dans le but d'afficher publiquement à tout jamais une série de documents relatifs au procès contre les tyrans de la ville et leurs descendants. En nous faisant l'histoire de la tyrannie à Érésos, ces documents nous donnent une foule de renseignements sur les rapports de la ville avec l'empire.

Le début, que nous n'avons pas (A. a), donnait d'abord, à ce que suppose Kirchhoff, comme première pièce la vofio; xa^à tcov rjpâwwv, qui est citée plus d'une fois dans les actes suivants, peut-être une deuxième pièce, le jugement rendu sur E0pv<7i..o;, auquel il est fait allusion plus loin (IV, lig. 12 et 15), et à coup sûr le début d'une troisième, qui se continue sur le côté I, lig. 1-32.

Ce troisième document donne le jugement sur le tyran Agonippos ; le siège (toÙ; 7;o]>.topxr<Q£v[Ta:]) dont il est question à la première ligne du texte conservé est, à ce qu'il semble» celui qui a été conduit par le général perse Memnon de Rhodes au printemps de 333; on a dû, par conséquent, expliquer dans les lignes précédentes comment le tyran et la ville s'étaient comportés vers l'époque de la bataille du Granique et lors de la marche en avant d'Alexandre. Peut-être Eurysi(la)os était-il alors tyran et a-t-il été expulsé, ce qui peut avoirdonné occasion à Agonippos de s'emparer de la tyrannie ; c'est du moins ce qu'on peut conjecturer d'après A. Il, lig. 2-5. L'orateur qui a prononcé le discours Sur les conventions avec Alexandre, un discours mis sous le nom de Démosthène, fait ressortir les contradictions dont est pleine la politique d'Alexandre : tandis qu'il ramène les tyrans en Messénie, il chasse ceux de Lesbos : toÙ; [ih Iv. Aéaoov rjpâwo-j;, o-Jov e^ 'AvT-'aar,; y.a\ 'Epécov, Ixoa/.sîv J)ç ao'.XT,[jLaTo; ovto;toO ':îo)/.Teû[j.aTOç, TOv;7:pbTà)voao>,oy'a)V'rjpavvr,aavTa; x. t. à. (§7). Ainsi, le tyran expulsé d'Érésos pouvait bien être Eurysi(la)os ; car ce discours a été prononcé, selon toute apparence, dans l'été de 333, alors que déjà, suivant la conjecture adoptée plus haut, Agonippos s'était emparé de la tyrannie.

Vient ensuite, avec B. I, lig. 33, le quatrième document. L't'A]Yvoô[aii]o; par lequel commence cet acte est, comme plus loin (B. III, Hg. 31), le prytane éponyme de la cité. Héroïdas et Agésimène, descendants d'anciens tyrans de la ville, se sont adressés à Alexandre pour obtenir la permission de rentrer, se déclarant prêts à passer en jugement : de là un décret rendu par la cité, et qui ne se trouve plus sur le marbre. On peut admettre, sans trop de chances d'erreur, que les postulants susnommés ont adressé leur requête à Alexandre eu se fondant sur le rescrit royal qui fut publié aux jeux Olympiques de 324 (01. cxiv, 4), et qui concluait au retour de tous les proscrits.

La partie qui manque au bas de B. I contenait le commencement du cinquième document, acte qui se continue en A. II et B. III jusqu'à la ligne 22. C'est un décret réglant la procédure en seconde instance contre Agonippos. Comme on décide : xpîwai ukv aOibv y.p-jT.zi 'i/a^îo-îi xa-rà -ràv otaypacpàv tù> ^aff'./iw; 'AAe^âvopw xa\ to\; vÔ[jlo'.;, et que, dans le premier jugement, il n'est fait aucune mention d'un ordre d'Alexandre, on est en droit de tirer de là

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deu.x conclusions : la première, c'est que la première procédure a clé instituée sponlaiiémeiit et sans autre suf,'f;estion par les iMésiens eux-mêmes, au lieu qu'Arrien dit, en parlant de tyrans d'autres cités, qui avaient été mis en prison et livrés à Alexandre : xoù; x'jpâwou; {xèv toÙ; èx tÔjv TiiXeoiv 1; xà; 7iô).et; TiéjATtei, xp^i'ï^'^O*' 07:a>; èOéXocev (III, 2, 7); la seconde, c'est que la oiaypaçà Tù) pa(7i>iu); 'A).£Ec(vôpou citée dans le décret est un messa^'c adressé aux bJrésiens en vertu du rescrit royal de 324 (01. cxiv, d), car le rescril lu ù Olympie était adressé aux bannis, et il fallut envoyer aux villes des instructions conformes leur indiquant de (juelle lagon elles devaient procéder pour appliciucr le rescrit. 11 est à remarquer que, d'après B. IV, lig. 10, la ôiaypacpr, d'Alexandre upocrÉxa^e 'Epsdtot; xpîvva: inzip te 'AywvlTiTiw xai Eùpu<TÎ..w TÎ Ô£î 7îaOr,v aÙTo\ç, tandis que nous n'avons plus l'acte où la procédure analogue était indiquée contre Eurysi(la)os.

Immédiatement après le serment des juges vient, dans B. III, à partir de la ligne 23, le document n° G, une ordonnance portant en tète *t>.i7nrw, c'està-dire émanée du roi qui a succédé à Alexandre. Le roi décide que les xpc<Tstç xaxà Twv ç'jyâôwv resteront dorénavant exécutoires. Tout de suite après commence, à la ligne 31, l'acte n*» 7, daté de l'année du prytane éponyme Mélidoros; c'est un message du roi AntigoneauxÉrésiens, c'est-à-dire un document rédigé entre 306 et 301. Il résulte de ce message qu'Antigone, dans une lettre antérieure, s'est déjà employé auprès des Erésiens en faveur des fds d'Agonippos; que les Erésiens, au lieu de céder à ses instances, lui ont envoyé une députation... la suite manque : il ne reste plus que la fin de la lettre (k'ppioaôs). Nous passons ensuite à l'acte n^ 8, un décret du peuple d'Érésos, rendu après un npoêouXeufia du conseil.

On peut supposer qu'au bas de B. IV, sur le morceau enlevé, il y avait, comme conclusion de l'acte, le vote des Erésiens décidant que tel et tel fonctionnaire devra faire graver les susdits actes sur une stèle et consacrer à cette dépense tant et tant de drachmes.

Un dernier mot sur les tyrans nommés dans ces pièces officielles. Il résulte de B. I, lig. 35 sqq. et de B. IV, lig. 18, qu'avant l'expédition d'Alexandre en Asie un certain nombre de personnes apparentées entre elles ont exercé la tyrannie. Les données fournies par les documents se trouvent résumées dans le tableau suivant :

'"Ep(xwv 'Hpatoc 'ATToXXôôtopo;

*Ep(jLY)(7tôa!; Tepxîxwv Les fils d'Apollodore.

'Ay/jffijjLévYjç 'Hpwtôa;

D'après B. IV, lig. 18, Alexandre a décidé (en 324) que les Apollodoriens et leurs x ain'yvrjToi Hermon et Hérœos, les upoTspov T'jpawï-cravTeç, ainsi que leurs descendants passeront en jugement ; et l'on voit par B. I, lig. 37, qu'en effet le petit-fils d'Hermon, Agésimène, et Héroïdas, le petit-fils d'Héra^os, se sont présentés devant le tribunal du peuple. On sait par une ins-

APPENDICE. — Il 779

cription de 378/7 (01. c, 3) qu'Érésos était entrée, elle aussi, dans la seconde Ligue maritime d'Athènes (G.I. Attic.II, n° 17, lig. 20); à coup sur, la ville était alors en démocratie ; on est en droit de conjecturer que la guerre Sociale a produit dans les villes de Lesbos comme ailleurs de grands changements politiques ; que Hermon et Hérœos ont, probablement l'un après l'autre, occupé le poste de tyran sous le règne de Philippe, et qu'ils ont eu pour successeur Apollodoros, dont les enfants étaient peut-être encore trop jeunes en 324 pour prendre personnellement part aux démarches que, comme on le voit par la pièce n^ 8, leurs cousins faisaient aussi dans leur intérêt. Celte ancienne famille de tyrans n'a évidemment aucun lien de parenté avec celles d'Eurysi[la)os et d'Agonippos ; la lettre du roi Antigone (après 306) montre qu'à ce moment Agonippos n'était plus en vie; le roi emploie ses bons offices à Erésos en faveur de ses fils. Si l'on trouve notre hypothèse acceptable, à savoir qu'Agonippos s'est emparé de la tyrannie au printemps de 333; si entre lui et son prédécesseur Eurysi(la)os a eu Heu l'affranchissement d'Érésos, en automne 334; si, d'autre part, Eurysi(la}os n'appartenait pas à la famille de Hermon, Hérœos, Apollodoros ; il faut ou bien qu'Eurysi(la)os ait chassé par un coup de force les Apollodoriens, ou que je peuple d'Érésos, profitant de quelque conjoncture favorable, ait renversé leur tyrannie et restauré la liberté, liberté qu'aurait confisquée de nouveau, bientôt ou longtemps après, le tyran Eurysi(la)os. H n'y a aucun point d'attache permettant des conjectures plus précises : tout au plus peut-on rappeler qu'en 366, le roi Philippe, expédiant en avant le corps d'Attale, avait envoyé en même temps une flotte {prœmissa classl cura ducihus. Trog. PoMP. IX), et que ce corps, au printemps de 335, avait passé par Lesbos pour s'avancer au sud jusqu'à Pitana, Gryneion, Magnésie, avant d'être refoulé jusqu'à l'Hellespont par les Perses sous le commandement de Memnon.

780 Al'PKNDlCK. — m

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