‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 224 sur 231 · B. 01. CXV, 1 B. 01. CXV · texte numérisé non relu

B. 01. CXV, 1 B. 01. CXV

Par conséquent, le canon de Callippe n'explique pas non plus le calendrier officiel d'Athènes durant ces années.

Nous ne pouvons donc pas déterminer à quel jour de l'année julienne a commencé l'année attique d'Anticlès (01. CXIII, 4), si c'est le 5 juillet (canon de Méton) ou le 2 juillet (canon de Callippe) ou quelque autre jour; mais on peut conclure du passage précité d'Arrien que, cette année-là, le 20 Boédromion tombait xaxà TrXeiâSoç IttitoXy^v éauepcav, c'est-à-dire du 25 au 30 septembre; que, par conséquent, cette année attique a commencé 79 ou 80 jours avant le 25 ou 30 septembre. Ceci nous reporte au mois de juillet, du 8/9 au 13/14 : ce serait donc vers ce jour, c'est à dire du 8 au 14 juillet, qu'aurait eu lieu le commencement de l'année attique 01. CXIII, 4.

Après avoir donné à cette date son nom attique, Arrien ajoute le nom

1) C. I. Attic, II, n° 179. — 2) ibid. n» 185. Les années marquées B sont celles où ont lieu les intercalations. — 3) ibid., n° 191. — 4) A. Mommsen, Beitràge, I [1856], p. 56. — *) C. I. Attic, II, no 179. — **) ibid., no 185. — *'*)ibid., no 191.

7Î)G APPKNDici:. — VI

iii;i(i''"ionion : In jour et lo mois ont rlis[)aru, mais il rosLn l'annoo, xo ivSé- •xaxov pa<Tt),£ÛovTo; 'AXeÇâvopou. Kn (MMiui concerna ravriicrncriL (rAlcxandrc, tuuL co que nous savons de srùcncn crrlaiiu!, c'est qu'il a eu lieu en 01. (IXI, 1, dans la itrcinirre nioilir de l'iiiinée. (l'est à ce moment, en ciïet, qu'Kratosthène place r, •I»ùt7i7tou Te).E'jTr, ». La onzinrir (inw^e d'Alexandre commence donc dans un des premiers mois (h\ 01. CXIII, 2, après juillet 320, et d'autant plus avant en automne (jue, comme on l'a vu, les environs du 25 septembre 325 appartiennent encore à cette onzième année. Ceci nous prouve que Philippe a été assassiné et qu'Alexandre est monté sur le trône après le 25 septembre 330.

Ou'Alexandre soit mort sous l'archonlat d'IIéf^Misias, par conséquent avant la fin de 01. CXIV, 1, avant le fort de l'été .323, c'est chose sûre. D'après Aristobule, il a vécu trente-deux ans et huit mois : il a régné douze ans (( plus ces huit mois », et, d'après les Éphémêridea, il est mort à la fin de Da^sios.Nous ignorons si, pour le calendrier macédonien, cette année (01. CXIV, 1) était intercalaire ou commune; dans le canon de Callippe, elle est commune. Si nous la supposons commune, en ce cas, les huit mois comptés à rebours à partir de Daesios nous reportent au commencement de Dios, le premier mois de l'année macédonienne. D'autre part, la relation concernant le départ de Néarque nous apprend que le 25 septembre 325 appartenait encore à la onzième année d'Alexandre, c'est-à-dire tombait avant le 1<^' Dœsios. Comme l'année de la mort d'Alexandre (01. CXIV, 1) finissait dans le cours de juillet 322, les huit mois décomptés nous reportent au plus tard au même quantième de décembre 32-4, au plus tôt à un jour suivant de près le 25 septembre 324. On voit par là que la date de l'assassinat de Philippe et de l'avènement d'Alexandre doit se trouver entre le l*"" octobre et décembre 330, celle de la naissance d'Alexandre dans la partie correspondante de l'année 350.

Nous sommes arrivés jusque-là à l'aide des données qui nous paraissent provenir de source sûre. Nous avons pu déterminer à peu près la date julienne de Dios et de Daesios pour l'année 325/4 (01. CXIII, 4), parce que le lever du soir des Pléiades nous a fourni un point de repère assuré. Il nous faudrait connaître le cycle intercalaire macédonien, et savoir très bien où se trouve en style juHen le dernier jour de l'année attique suivante, celle de l'archontat d'Hégésias (01. CXIV, 1), pour pouvoir indiquer à quelles parties de l'année juUenne correspondent cette année-là les mois Dios et Dœsios. Tout ce que nous pouvons dire, c'est que le Dsesios de 01. CXIV, 1 doit se trouver dans le laps d'environ quatre-vingt-dix jours qui va du 24 avril au 24 juillet, correspondant aux mois attiques Munychion, ThargéHon, Scirophorion-.

1) A.MoMMSEN, Beitràge, II (Jahrbb. fur klass. PhiIoI.,SM/>/)/em. III [1859], p. 366 sqq.). — 2) Autant que j'en puis juger, il n'y a rien à tirer pour le problème actuel de cette circonstance que, suivant Aristobule, le mois de Daesios était cette année un mois plehi, comme l'est aussi dans le canon de Méton construit parldeler le mois Thargélion de cette année.

Ne serait-il pas possible de préciser davantage en employant d'autres données ?

On a dit plus haut que Q. -Curée, alors que les amis et stratèges d'Alexandre grièvement blessé à l'attaque de la ville des Malliens (à la fin de l'automne 326) supplient le roi à peine guéri de ne plus se risquer davantage, met dans la bouche d'Alexandre cette réponse : Ex As la in Eiiropœ terminas momento unius horœ transivi, viclor utriusqueregionispost nonum regni met, 2)ost vigesimum atqiœ octavum œtatis annum, etc*. Cette assertion serait incompréhensible, si l'on ne devinait par un passage de Diodore- comment. Quinte-Curce, emporté par son zèle de rhéteur, s'est ici mépris. Diodore, à l'occasion du retour ordonné sur les bords de l'Hyphase, en été, dit : ôpwv ÔÈ Toùç (TTpaTtwTaç... axzQov oxTasTr, -/povov Iv ttqvo'.c ^a\ xtvo-jvoi; TSTaXatTitop-z^xoTa; : il compte ses huit années à partir du Granique, et l'on était déjà au début de la neuvième année quand Alexandre se décida au retour Quinte-Curce, parlant de la situation quelques mois plus tard, transforme ràxTasTy) en jionum annum, et il ajoute ensuite de son crû le vigesimum afque octavum vitae meœ, qui repose sur un calcul erroné.

Une seconde indication de Quinte-Curce vaut peut-être mieux, parce qu'elle est purement décorative. Il assure que le cadavre d'Alexandre fut délaissé sept jours durant, par suite de la discorde qui se mettait déjà parmi les grands et dans l'armée, et qu'il se conserva merveilleusement frais, en dépit de la chaleur de la saison : et non aliis quam Mesopotamiœ regione fervidior œstus existit adeo ut pleraque animalia, quse in nudo solo deprehendit, exstinguat; tantus est vapor salis et cœli, qua cuncta velut igné tarrentur^. Il est vrai que ceci ne nous apprend rien de plus précis sur l'époque de la mort d'Alexandre.

Comme Justin s'appuie sur Clitarque, peut-être son Junia mense a-t-il pourtant quelque valeur comme date de la mort d'Alexandre, bien que nous ne puissions pas contrôler sa méthode de réduction. Le Junia mense fait supposer que la mort a eu lieu non pas dans le premier tiers de ces quatrevingt-dix jours, non pas en Munychion, mais en Thargélion ou en Scirophorion. Nous ne nous chargeons pas de décider s'il faut attribuer une valeur quelconque à l'assertion d'Élien, qui fait mourir Alexandre le 6 Thargélion.

Plutarque aussi, nous l'avons vu, met le mois Daesios en regard de Thargélion, non pas expressément, mais en plaçant la bataille du Granique une première fois en Thargélion, ailleurs en Dœsios. Ce qui est plus étrange, c'est de l'entendre dire qu'Alexandre, pour éviter de livrer bataille en Dœsios, avait ordonné d'appeler ce mois le second Artémisios. On ne sait pas, il faut le dire, à quelle époque de l'année les Macédoniens inséraient leur mois intercalaire, ni s'ils l'appelaient Dioscouros, comme le suppose Scaliger; on pourrait toujours conclure de l'anecdote de Plutarque qu'ils l'intercalaient après leur septième mois et qu'ils l'appelaient le second

1) CuRT.,IX, 6, 21. -2)Diodor:, XVII, 9i. - 3) Cuut., X, 10, 10.

1\)H AlMMi.NDK.i:. — VI

Arit'misios, absuliinM'iiL comirn; les AllK'nieus coinplaicnl aprvs leur sixième

mois, l'osidron, un second mois porUuiL le inCuur, nom. Si Alcxandri! s'est

mis en route ou 334, a{i.a t^ r)pi àpxoiJL^v<i) ' , j)ar conséquent, à la fin de

mars, autrement dit nu commencement d'I'llajjliéholion, il pouvait l)ien être

en trois ou quatre semaines sur l'IIellespont, et quatorze jours plus tard,

A. la mi -mai, sur le Granitjue^; or, ce prétendu clianj^^ement du nom du

mois n'avait de sens ([ue si l'on n'était i)as déjà en jdrin iJîesios. On

arriverait donc aussi par cette voie ù ce résultat, que le mois Da.'sios, gj

parallèle à Tliargélion, doit s'être trouvé placé un peu après ou un peu ^

avant le 1^^' juin. On voit qu'en définitive, toutes ces indications îi'offrent

aucun point d'ai)pui permettant de préciser davantage la situation du mois

Dicsios.

Il reste encore une combinaison possible, et ce n'est pas sans hésitation que je la tente. Callippe a amélioré le calendrier de Méton en réunissant quatre de ses cycles de dix-neuf ans pour en faire un grand cycle de soixante-seize ans. Il a pris pour point de départ l'an 330/329 (01. CXII, 3), l'année qui suit la bataille de Gaugamèle, A. Mommsen-' a fait remarquer que, si l'ère des Séleucîdes a pour point de départ le l®"" octobre 3 i 2 (CXVII, 2) '% ce n'est certainement pas à cause de la bataille de Gaza, à la suite de laquelle Séleucos essaya de retourner à Babylone, mais pour une raison tirée du calendrier, et que, dans le cycle de Callippe compté à partir de 01. CXII, 3, la seconde série de dix-neuf ans commence avec 01. CXVII, 2.

Il est hors de doute que cette année des Séleucides, où Séleucos, selon le témoignage exprès de Malalas, introduisit les mois macédoniens, prit aussi le mois Dios pour premier mois de l'année. Si le cycle callippique commençait avec 01. CXII, 3, au milieu de l'été 330, et l'ère des Séleucides en 01. CXVII, 2, au l^»^ octobre 312, c'est-à-dire le 1" Dios de cette année, il faut — pour que l'hypothèse de A.Mommsen résolve le problème — que toute l'année macédonienne dans laquelle tombait le point initial du cycle callippique ait été comptée comme première année de ce cycle, et que la seconde année de la dite ère callippique ait commencé au 1®"^ Dios 330. Il se peut que ce point délicat soit la raison pour laquelle l'ère chaldéenne commençait à l'automne de 3U (01. CXVII, 2).

On pourrait peut-être invoquer à l'appui de la combinaison que je viens de tenter les circonstances suivantes. La bataille de Gaugamèle a été livrée, d'après Plutarque^, le onzième jour après l'éclipsé de lune du 20/21 septembre, c'est-à-dire le l^'^ octobre; le même auteur dit que le jour de la bataille était le cinquième jour avant la fm de Boédromion^; donc le mois Boédromion, suivant ce système de réduction, finissait avec le 5 octobre.

1) ÂRRiAN., I, 11, 6. —2) On n'indique pas clairement d'où Alexandre est parti : si le rendez-vous était dans la plaine du Strymon, au-dessus du lac Cerciuitis, il avait largement 60 milles à parcourir pour atteindre Sestos, et il faut bien ajouter aux ei'y.odi xaiç Tiàaat? f,(j.£pat; d'Arrieu (I, 11, 5) quelques jours de repos. — 3) A. Mommsen, Beitviifje, p. 15 sqq. — 4)Ideler, Handbuchj I, p. 4ol. — 5) Plut., Alex., 31. — 6) Plut., CatnilL, 19.

D'après le canon d'Ideler, le Boédromion de celte année se termine au 7 octobre, c'est-à-dire qu'il y a une différence de deux jours, précisément la différence marquée au début du cycle callippique, dont le l*' Hécatombœon 01. CXn, 3 commençait le 28 juin 330 au soir'. Probablement ce Boédromion dans lequel eut lieu la bataille correspondait au dernier mois de l'année macédonienne, à la fin de la cinquième année du règne d'Alexandre, et l'avance de deux jours opérée par Callippe, avance que signalait l'éclipsé de lune, a pu être introduite dans le calendrier macédonien au l*' Dios suivant. Naturellement, le début de l'année macédonienne ainsi rectifiée ne concordait pas avec les dates métoniennes que l'on conservait encore à Athènes; ce qui était pour les Macédoniens le cinquième jour avant la fin de ce mois était encore à Athènes le septième avant la fin. Toutefois, cette argumentation n'est pas assez sûre pour qu'on puisse asseoir là-dessus des conclusions relativement à la date précise du début de l'année macédonienne, du i^^ Dios.

1) Idelek, Hcaidbuch, l, p. 346.

8(10 AlM'KNDK.i:. \ H

LA (:iiU(ji\OLO(iiK JJE diodorl:.

Comme supplément aux remarques clironologiques faites au cours de l'hiludc précédente, il est peut-être à j)ropos de din; un mot ici de la façon dont Diodore procède avec la chronologie de cette époque et des années qui suivent immédiatement.

L'intention de Diodore, comme on le voit par ses chapitres d'introduction, est de faire (le l'histoire universelle jusqu'à César un tableau d'ensemble, qui soit aussi utile que possible au lecteur en lui demandant aussi peu d'effort que possible. Il lui suffit de donner une idée approchée des choses dont il parle. Il croit arriver à son but en faisant des extraits d'auteurs plus ou moins bons et en rangeant ces notes par ordre ethnographique dans les six premiers livres, consacrés à l'âge mythique, et dans les suivants par ordre chronologique ou plutôt synchronique, année par année.

Les livres qui nous restent de cette deuxième série commencent au livre XL à l'expédition de Xerxès dans l'Hellade ; à partir de ce moment, le réçi^ des événements de chaque année suit son cours, avec la même monotonie systématique, « sous l'archonte athénien un tel, tel et tel étant consuls à Rome »; à chaque nouvelle olympiade, on ajoute le numéro d'ordre et le nom du vainqueur à la course du stade; puis vient k narration historique, amenée par les formules £7r\ 6e to-jtwv ou parfois nzp\ ôè touto-j; toÙ;' Xpovo'j; ou d'autres tours analogues.

Diodore a emprunté ses archontes et ses Olympioniques aux tables d'Apollodore, ses consuls aux Anmdcs de Fabius, à ce que l'on suppose; en tout cas, il règne dans ses fastes consulaires jusqu'au temps de Pyrrhos un arbitraire scandaleux. Non seulement ses concordances entre les éponymes athéniens et romains sont rendues extrèmementsuspectespardesinterpolations et omissions dans la série des éponymes romains, mais, par le seul fait qu'il considère sans plus de façon Tannée de l'archontat et Tannée consulaire comme se correspondant exactement dans le calendrier, sa chronologie, sous son apparence de précision et avec ses pas comptés année par année, est faussée et louche.

En construisant le cadre chronologique dans lequel il fait entrer les évé-

nements de chaque année, Diodore semble se figurer l'année telle qu on la comptait de son temps à Rome, c'est-à-dire commençant au l®"" janvier de l'année julienne : il paraît ne pas savoir qu'aux époques antérieures, notamment celles jusqu'où il remonte dans les livres encore aujourd'hui conservés de son ouvrage (de XI à XX), l'année civile des Romains a commencé à des dates bien différentes, tantôt en octobre, tantôt en juillet, tantôt en mars ; ou s'il le sait, la chose lui paraît insignifiante.

Des renseignements chronologiques transmis par ailleurs permettent de démontrer que Diodore fait correspondre son année construite à la romaine avec l'année des archontes, qui commençait à peu près au septième mois de l'année julienne courante ; que, par conséquent, il place la moitié des événements comptés d'après la chronologie grecque sous l'archonte de l'année précédente : même la partie de son récit qui a trait à l'époque de la guerre du Péloponnèse tombe sous cette règle, et certaines indications qui y dérogent ne constituent qu'une exception apparente.

Pour les années qui suivent la bataille de Chéronée, voici un tableau qui donne les dates initiales de l'année attique d'après le canon de Méton dressé par Ideler, date que l'on peut bien conserver encore pour le calcul conventionnel.

D'après le calendrier attique. D'après Diodore.

Cheerondas. 01. CX, 3. 29 juin.

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