‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 227 sur 231 · Apollodoros (XVIII · texte numérisé non relu

Apollodoros (XVIII

Apollodoros. 01. CXV, 2. 29 juin.

318 Archippos (XVIII, 58).

Archippos. 01. CXV, 3. 18 juillet.

Démogène. 01. CXV, 4. 7 juillet.

Il n'est pas inutile de montrer, au moins par un exemple, à quelles énormités chronologiques conduit le texte de Diodore, en son état actuel. La chronique de la première année après Alexandre, celle de Céphisodoros, c'est-à-dire 323 d'après le système de Diodore, contient pour lui les événements suivants : d'abord* la rébelHon dans l'armée de Babylone et la répartition des pouvoirs (juin 323) : puis, la lutte du stratège Pithon contre les Grecs qui retournaient de l'Orient dans leur pays (vers l'automne de 323) - ; ensuite =^, annoncés par la formule y.axà 8s Tr,v Evpwirr.v, les mouvements survenus dans l'Hellade et le commencement de la guerre Lamiaque jusqu'à la mortde Léosthène (fin 323). Après cela, sous la rubrique xaxà oï tv 'Aaîav, il raconte'^ comment Ptolémée se rend dans sa satrapie d'Egypte: comment il s'associe avec Antipater contre l'administrateur du royaume Perdiccas ; comment Lysimaque lutte contre les Thraces ; comment Léonnatos, appelé de la PetiLe-Phrygie par Antipater pour lui porter secours contre les Grecs, a marché en avant à travers la Thessalie (janvier ou février 322) ; ensuite % comment Léonnatos succombe dans un 'malheureux engagement de cavalerie, tandis que son infanterie opère sa jonction avec Antipater; comment Clitos bat la flotte athénienne dans deux batailles navales (dont il n'est plus possible de déterminer la date). Il passe immédiatement (oîiia oï toutoi: ^paTTOfiévoiç) *5 à des faits simultanés, racontant comment Perdiccas bat Ariarathe de Cappadoce et confie son royame à Eumène, à qui cette satrapie est destinée; comment Cratère, avec les 10,000 vétérans de Cilicie, part pour la Macédoine et fait sa jonction en Thessalie avec Antipater (mai ou juin 322). On voit ensuite (xaxà toOtov Tovxatpbv'), comment les Grecs marchent au devant d'eux, sont battus (août 322) et obligés de se soumettre — les

l)DiODOR., XVIII, 2-6. — 2) DiODOR., XVIII, 1. — 3) Diodor., XVIII, 8-13.

— 4) Diodor., XVIII, 14. — 5) Diodor., XVIII, Ij. — 6) Diodor., XVIII. 16.

— 7) DsoDOR., XVIII, 17.

SO(î Ari'KNDICK. VII

AlluMiitMis, par oxomplf, lorct'S (!<» iiioflilicr leur constitution (ini-sopIfMiihn' '.V2'2) — apivs rpioi AntipnU'r nMourni' en Macédoino. Diorloro (''niimrTf' cnsuiti' somniainMiiiMit (Iva \i.r\ [xaxpàv toî; -/pôvoi; àva7r),av(7)|X£v xô T'jv£-/è; tr,; WTopta;) les (''vénomonls survonus en Cyr«''nnï(pio '. (lommonçjant, à rMrrivéc de Tliihron (ôté 'V2'M, il los suit, jusqu'à rinslallalion d'Ophclas (tommf^ slratô^n' éfj:vi>lien (•harfj:é de ^'ouvcrncr la iv^^ion (lin 'A22): il s'oc.ciipi! aussilùt- de lVrdi('cas, rapportant comment, après r«îxpédition do Capf)adoce, il s'csl tourné contre les Pisidiens et Isauriens et les a refoulés ensemble; comment ensuite^ il néf.'-ocie des fiançailles avec la veuve du roi d'Kpin' ainsi qu'avec la fille d'Antii)ater, et contraint Antif^^one à s'enfuir de sa satrapie de IMirygie (vers la fin de 322). Vers la môme époque, dit-il (xaxà oè to-jtou; Toù; xpôvou; '*), Antipater et Cratère s'étaient mis en campagne contre les Ktoliens; mais'\ à la nouvelle de la fuite d'Antig-one et fl'accord avec Ptolémée qui prévoyait une attaque de l'administrateur de l'empire sur l'Egypte, ils se préparèrent à faire ensemble une expédition en Asie, tandis que Perdiccas quittait la Pisidie avec son armée pour marcher sur l'Egypte et qu'Eumène, par son ordre, conduisait son armée sur rHellespont pour barrer le passage aux adversaires venant d'Kurope (commencement de 321). Diodore termine ce chapitre 25 en disant : TaOta [ih oOv èirpax^/i xarà toOtov Tov èvta-jTov, et commence le suivant en nommant les nouveaux éponymes : lu apxovTo; 'A6r,vr,(7tv ^iXoxXso'j; x. t. )..''' ; c'est-à-dire que, d'après son calcul, on est là au commencement de l'année julienne 322, et que tout ce qui précède s'est passé en 323.

Il a été dit plus haut qu'on suppose dans le texte de Diodore, après XVIII, 43, une lacune qui expliquerait la disparition d'une ou deux indications d'année. Il est plus que douteux que l'on justifie par là Diodore. Dans l'année de Philoclés, c'est-à-dire pour lui 322, après l'expédition raanquée de Perdiccas en Egypte et sa mort (vers juin 321), après !e partage de Triparadisos (automne 321), il rapporte encore qu'Eumène a attaqué Antigone, l'a vaincu par trahison et a été ensuite assiégé dans la forteresse de Nora", et immédiatement après, au chapitre 44, où il aborde l'année de l'archonte Apollodoros (319), il raconte qu'Antigone, après sa victoire sur Eumène, s'est retourné contre les autres partisans de Perdiccas en Asie-Mineure; au chapitre 53, — toujours dans la même année, d'après son récit — il revient à Eumène, récapitule ce qui le concerne depuis son installation en Cappadoce jusqu'au blocus de Nora, où il a été assiégé une année durant (Iviauaîoy ouo-/); xrjç TroXtopx-'a;), jusqu'au moment où il évacue la forteresse en vertu d'une convention conclue avec Antigone. On sait par d'autres informations que ce traité a été signé au commencement de 319, aussitôt après la mort d'Antipater. Par conséquent, le siège de Nora a débuté au commencement de 320. et Antigone a entrepris l'expédition contre Eumène peu de temps après le partage de Triparadisos (automne 321).

1) DiODOR., XVIII, 19-21. — 2) DiODOR., XVIII, 22. — 3) Diodor., XVIII, 23 — .4) DioDOR., XVIII, 24. — 5}Di0D0R., XVIII, 25. —6) Diodor., XVIII, 26. — 7) DioDOR., XVIII, 40-42.

Il résulte de là qu'au point de vue des faits, il n'y a point de lacune dans la narration de Diodore, surtout point de lacune expliquant la suppression d'une ou même de deux mentions d'éponymes annuels. L'erreur consiste à faire entrer dans les années de deux éponymes ce qui embrasse la durée de quatre archontats. Que la faute ait été commise par Diodore ou par celui qui a remanié son texte, elle doit tenir à ce que, dans la série des archontes Philoclès, Archippos, Néœchmos, Apollodoros, Archippos, le nom d'Archippos se rencontrant deux fois, on a passé par-dessus le premier Archippos et son successeur Néœchmos pour arriver tout de suite à Apollodoros, dans l'archontat duquel la mort d'Antipater, placée probablement à cette date par les tables chronologiques, fournissait sans doute un point de repère assuré.

La chronologie établie par Diodore dans les livres suivants, jusque peu de temps avant la bataille d'Ipsos, est meilleure, du moins en ce que la liste des archontes y est complète et exacte.

Diodore annonce au début du livre XIX qu'il a l'intention de retracer dans ce livre l'époque qui va du commencement du règne d'Agathoclès jusqu'à la bataille Hvrée par lui à Himère, éV/) ÏTi-zk 7repiXa66vT£ç. Les sept archontes qu'il énumère sont :

D'après les Fastes attiques. D'après Diodore.

317 Démogène (XiX, 2).

Démogène. OL CXV, 4. 7 juillet

316 DémocHde (XIX, 17).

Démoclide. 01. CXVI, 1. 26 juin.

315 Praxiboulos (XIX, 55)

Praxiboulos. 01. CXVI, 2. 15 juillet.

314 Nicodoros (XIX, 66).

Nicodoros. 01. CXVI, 3. 4 juillet.

313 Théophrastos (XIX, 73).

Théophrastos. 01. CXVI, 4. 22 juillet.

312 Polémon (XIX, 77).

Polémon. 01 CXVII, 1. 12 juillet.

311 Simonide (XIX, 105).

Simonide. 01. CXVII, 2. 1 juillet.

Diodore suit ses tables d'Apollodore en énonçant le début du règne d'Agathoclès d'après l'ère de la prise de Troie, ce qui lui arrive parfois encore ailleurs que dans ce livre. Il dit ^ qu'à ce moment, il s'est écoulé depuis la prise de Troie 866 ans ; il compte ^ de la prise de Troie au retour des Héraclides 80 ans, et 328 ans depuis ce dernier événement jusqu'au début des Olympiades. Il est inutile pour notre dessein de nous étendre sur les difficultés qui résultent de ces chiffres.

On peut encore ajouter ici la liste des éponymes que contient le livre XX de Diodore. L'auteur embrasse dans ce livre, comme il le dit lui-même 3, le

[DDiODOR., XIX, 1. —2) DiODOB.,1, 5. — 3) Diodor., XX, 2.

808 AiMM':Nnic.r,. — vu

laps (If IciMps (|ui Vil (lu vovîif^c (i'Af<alhocl«>s en Afrique au (l(''l)ul (k* la gU(M'ro (l('s rois coalisés contro Anti/^'onc, TîepdaSôvTt; err, èwéa :

D'apn^'s les Fustcs atti(|iics. D'après Diodoro.

:U<>.... .. Hiôroînnf-mon (XX, 3).

HitMoinncmon. ni. CXVII, :>. 20 juilhM.

:5()<) . l)riiirlriosî(XX, 27).

Démétrios. 01. CXVII, i. Sjuillcl.

:50H . Charinos (XX, 37).

Ciiarinos. Oj. CXVlll, 1. 2«juiii.

'^^^ Anaxicrate (XX, 45).

Anaxicrate. 01. CXVIII, 2. 17 juillet.

:>^>^> Corœbos (XX, 37).

Corœbos. 01. CXVIII, 3. G juillet.

•305 Euxénippos (XX, 81).

Euxénippos. 01. CXVIII, ^i. 24 juillet.

304 Phéréclès (XX, 91).

Phéréclès. 01. CXIX, I. 13 juillet.

303 Léostratos (XX, 102).

Léostratos. 01. CXIX, 2. 3 juillet.

,302 Nicoclès (XX, 106).

Nicoclès. 01. CXIX, 3. 22 juin.

Il se trouve au moins dans ce livre XX une indication qui donne la possibilité de contrôler par l'astronomie les données chronologiques de Diodore. Il mentionne * dans Tannée de rarchonte Hiéromnémon (01. CXVII, 3), qui correspond dans son système à l'année julienne 310, l'éclipsé totale de soleil qui effraya Agalhoclès durant cette traversée d'Afrique : or, d'après Zech^, cette éclipse eut lieu le 10 août 310.

Les érudits du temps passé jusqu'à Niebuhr ont souvent discuté la question indiquée ci-dessus en passant, celle de savoir si le texte de Diodore, tel que nous l'avons, est le texte primitif ou un remaniement et un abrégé de l'original ; si les reproches que l'on fait à Diodore retombent sur lui-même ou s'ils atteignent, en partie du moins, ses abréviateurs . Le mot de Pline : apud Grœcos desiit nugari Diodorus ^, n'entre pas en ligne de compte, car il ne vise que le titre de l'ouvrage ; mais les jugements du docte évêque Eusèbe et d'autres encore justifient l'opinion de ceux qui pensent que le texte primitif de la B'.oliob-t]Y.-q IcrToptxri n'était pas aussi décousu et aussi inintelligible que celui que nous avons aujourd'hui. Celui-ci ne répond réellement pas à la peine et au soin que Diodore déclare* avoir mis à composer son ouvrage. Il est certain que, dès le x^ siècle, le texte était déjà dans l'état actuel : on le sait par le rapport de Bergmann sur le manuscrit conservé dans la bibliothèque du couvent de Patmos, qui contient les livres XI

1) DiùDOR,, XX, 0. — 2) Zech, Astronomische Untersuchungen, 1853, p. 34 et 47. — 3^ Plin,, H/V. yat. Prtef. 25.— 4) Diodor., I, 4.

a XVI. Ce manuscrit n'a qu'en un seul endroit (XII, 57) quelques lignes de plus que notre texte actuel.

Relativement à la question du texte primitif, il y a encore à signaler dans le contenu des livres de la Bibliothèque dont il s'agit, outre les remarques déjà faites, deux points d'une certaine importance.

Le XVIII° livre, dans sa teneur actuelle, ne contient que l'histoire des Diadoques; mais on constate, par Diodore lui-même, que des morceaux considérables du texte primitif ont disparu. Au livre suivant, en effet, à propos des troupes auxiliaires que Syracuse envoie aux Crotoniates pour les soutenir contre les Brettiens, troupes dont une partie est commandée par Antandros, frère d'Agathoclès, et la totalité par Héraclide et Sosistratos, Diodore qualifie ces deux hommes de avSpeç ev It.iSo'AolIq xa\ ?ôvoi;y.a\ [jLeyàXot; àasêr,[j.a<rt YîyovoTeç tov nXetw toO (îtou* iitpi oiv xaxà (lépo; r\ Tzpo ra'jTr,; iieptlxst pîêXo;*. Et puisque Diodore traitait dans ce XVIIP livre des affaires sicélo-italiques, il a dû aussi s'occuper des affaires de Rome; il n'a pas dû passer sous silence la guerre qu'avait rendue assez mémorable l'épisode des Fourches Caudines.

Le XVII® livre non plus, tel que nous l'avons aujourd'hui, ne contient rien sur Rome, l'Italie, la Sicile, et pourtant il est dit dans le chapitre d'introduction mis en tète de ce hvre : ffyvavaypâ'VotJtsv xa\ Ta a|xa toutoi; a'jvTcXeaOÉvTa ev toî; Yvwpi^ofJLÉvot; [xépeai ttjç o'ixouixlvr,;' ouTto yàp {làXtaxa \)TZola\j.èâvo[t.zv Tocç tô irpâEetç eOfxvYjjxovsuTOuç £<7c(76at, xeçaXaiwôu); xeOsî^ra; xa\ auvexà; sxouaaç Tat; àp^aU to téXoç. Diodore a aussi l'habitude d'assurer cette « continuité » dont il parle en ayant soin de marquer la fin des règnes dont il a indiqué le commencement; ainsi, il signale l'avènement d'Agis III de Sparte au chapitre 63 du XVP livre et sa fin au chapitre 63 du livre XVII ; de même pour Cléarchos d'Héraclée (avènement, XV, 81 — mort, XVI, 36) et pour bien d'autres, à mesure qu'il rencontrait les dates dans ses tables chronologiques. Il indique de la même façon (XVI, 72) f avènement d'Alexandre d'Épire. Or, l'expédition de ce prince en Italie, les combats qu'il y livra, ont dû être assez importants, de l'avis de Diodore lui-même, pour prendre place dans la Bibliothèque aussi bien que les expéditions d'Acrotatos- ou de Cléonymos^. Gomme, dans le texte actuel, il n'est pas même question des combats des Épirotes en Italie, à plus forte raison de la façon et du moment où a péri leur roi ; comme le successeur d'Alexandre, iEacide, apparaît tout à coup en action* sans la moindre remarque sur la façon dont ce personnage est devenu roi en Épire ni sur la date de son avènement, on peut supposer avec quelque vraisemblance que le XVI^ livre, avant d'être abrégé, donnait là- dessus les renseignements nécessaires. Peut-être même peut-on voir encore à quel endroit Diodore relatait au moins la mort d'Alexandre, et nous allons ajouter un mot là-dessus, pour compléter les indications sommaires données plus haut dans le corps de l'ouvrage^.

1) DionoR.,XIX, 3. — 2) Diodor., XIX, 70. — 3) Diodor.. XX, 1^4. — 4) Dio- DOR., XIX, 11. — 5) Voy. ci-dessus, p. 388, 1.

810 AIM'KNOICK. VII

Tilo-Livc ia[>piiil(' : cnilrm <iniin Ah'xnndrinm in yEgyphim proditnm rimditam, Ah'.r<ni(h'uiniiiit\ Epir'i ri'fjcm. nh crsiilr Liiitnio intcrfi'clnnt sortes Dodonu'i Jori^ rniihi tidfirnidssr '. Commonl, hi fondation (l'Aloxaiidiic accomplit-rllc nussi la proyihétio (\o l'oraclo flo iJodono? cnt oracle avait-il ('tabli iw)(' coniioxitf'' rnirn cette fondation et la mort fin roi des Molosses ? c'est ce que ne nous apprend pas la suite du récit de Tite-Live. Que ce récit ait été ou non puisé dans Cincius, le synchronisme établi ici paraît plutôt remonter à des ta!)les grecques qu'à Cincius, qui plaçait la mort du Molosse en l'an de Rome /i28, ou mieux peut-être -427. Pour tous ces faits, la tradition romaine était bien hésitante; on le voit par Tite-Live, qui met le débarquement d'Alexandre en 414 de Rome (340 av. J.-C.) -, sa victoire à Pœstum en 423 3, la bataille de l^andosia et la mort du roi en 428 '*, et qui donne la première de ces trois dates avec le ton d'un homme sûr de son fait : no (1)1710 Alexandrum Epiri rerjern in Ifalinm rhissrm appiiiisse ronslal, tandis qu'il est certain, d'après les auteurs grecs, que le départ de ce prince a eu lieu après l'automne de 33G, probablement même pas avant la fin de 33i ou le commencement de 333, et qu'il est mort avant le discours d'Eschine contre Ctésiphon, c'est-à-dire avant le milieu de l'été 330. Eutrope " met bien la fondation d'Alexandrie la même annéo que la victoire remportée sur les Latins par les Romains sous le commandement des consuls Mœnius et L. Furius Camillus, auxquels on éleva |)0ur cette raison des statues équestres ^ : Velléius ' songe bien aussi à cette même année pour la fondation d'Alexandrie; mais tout cela ne conduit pas à un résultat assuré, attendu que les deux dates romaines ne peuvent être converties avec certitude. Une indication plus précieuse pour notre dessein est celle que donne Eusèbe : Alexandria condita est in Mgypto anno VU regni Alexandri, quo et Asianis imperavit idem Alexander *, rapprochée de la notice grecque correspondante dans Syncelle ^. De deux choses l'une: ou bien on entend ici par fondation d'Alexandrie le moment où Alexandre posa pour ainsi dire la première pierre, comme le dit Arrien: aÙToç xk <7r;[A£îa x-îj 7:6).£c è'ôrjxe"^, et alors le fait a eu lieu entre le mois de novembre 332 et le printemps de 331, mais ne concorde plus ni avec le septimo anno ni avec le Asiarîfs imperavit ù'Y^nsèbe, — ou bien la fondation d'Alexandrie marque le commencement de son existence réelle. Cléomène fut chargé de la construction de la nouvelle ville ^\ et on constate qu'elle était déjà debout en 324 par la lettre où Cléomène annonce qu'on a élevé un héroon à Héphestion : èv 'A),£|avop£:a xf. AîyuTiTÎa £v T£ Tri ttoXei aÙT-?i xa\ £v ty) vr,ao) ttj ^apw ^^, et le dire de Clcomène est confirmé par Tacite ^^, qui écrit à propos du premier Lagide : cum Alexandriœ recens conditœ mœnia templaque et religiones adderet, etc. Mais que

1) Liv. VHI, 24. - 2) Liv. VIII, 3. — 3) Liv. VlIT, 17. — 4) Liv., VIII, 24. -- 5) EuTROP., II, 7. — 6) Plin., Hist. Nat., XXXIV, 11 §20 [anno urbis CCCCXVI). — 7) Vell., I, 14, 4. — 8) EusEB. AriM. II, p. 114 éd. Schône. —9} Syncell., ibid. — 10) ÂRRiAN., m, 1. 5. — 11) [Aristot.,] Ecow., 11,34. — 12)Arrian., VII, 23, 7. — 13) Tac, Hist., IV, 83.

APPENDICE. Vil

veut dire Eusèbe avec son anno septimo^ D'après la Table d'Eusèbo *, la fondation d'Alexandrie correspond à l'an 1686 d'Abraham ; d'après saint Jérôme, à l'an 1687 d'Abraham. Ce dernier fait suivre la date de cette note : Alexandcr régnai Asix anno regni sut VIL On voit par la double indication relative à Alexandrie que l'un et l'autre ont voulu désigner l'an 3 de la CXIl* Olympiade (330/29 av. J.-C). Les listes de rois données par Eusèbe nous permettent d'aller plus loin. D'après celle des rois d'Egypte -, l'avènement d'Alexandre tombe en 01. CXI, 1, et la durée de son règne est estimée à 12 ans et 7 mois (6 mois dans saint Jérôme), et ces 7 mois montrent bien que l'on ne compte ni d'après le calendrier attique ni d'après le calendrier julien; on arrive ainsi à placer la fondation d'Alexandrie dans l'année qui va de l'automne 330 à l'automne 329. Le résultat est autre si l'on part de la deuxième liste des rois de Macédoine donnée par Eusèbe ^ ; d'après celle-ci, la première année du règne de Philippe Arrhidée est 01. CXIV, 2, et les 12 années précédentes appartiennent au règne d'Alexandre, dont la première année serait en ce cas 01. CXI, 2. D'après ce système, la fondation d'Alexandrie tomberait dans l'année qui va de l'été 329 à l'été 328.

Laquelle de ces deux années Eusèbe a-t-il adoptée ? la note quo et Asianis imperavit ne laisse aucun doute là-dessus : son Canon montre qu'il fait dater la domination de l'Asie de la mort de Darius. Or, Darius est mort le premier mois de l'archontat d'Aristophon (01. CXII, 3) en juillet 330; et la septième année d'Alexandre, comptée à la mode macédonienne, a commencé en automne 330.

Ce qui surprend chez le Diodore que nous avons, c'est qu'au milieu du chapitre 63 du XVII® livre s'ouvre une section, avec un titre ainsi conçu : T/j; eTTxaxaiocxaTrj; Ttov AïoôoSpo'J pîêXwv r\ oz'jxipx pîo/.oç y; to oe'JTSpov T{i.r;aa. Ce qui précède (ch. 62-63) et ce qui suit (ch. 63-72) appartient cependant pour Diodore à la même année, à ce qu'il appelle l'archontat d'Aristophon, comprenant, d'après son système, l'année julienne 330. Les deux premiers chapitres de cette année racontent les faits de guerre accomplis en Thrace et dans le Péloponnèse jusqu'à la mortdu roi Agis(xaTÉ<7-ps'I^î tov piov apSa; ïxr, Ivvéa), c'est-à-dire jusque dans l'été de 330. C'est précisément à cette époque que se place la mort d'Alexandre le Molosse : nous le savons par les auteurs romains, et Eschine, dans son discours contre Ctésiphon (août 330), confirme le fait en disant que, tout dernièrement (Trpœrjv), Ctésiphon s'est fait déléguer auprès de la veuve du roi pour lui porter les condoléances du peuple athénien, tandis qu'il se prétend maintenant incapable de parler^. On voit que c'est là l'endroit où Diodore devait parler de la mort du Molosse, en ajoutant, comme pour Agis, àp^a; kV/;... Si, déplus, il voulait énumérer à la suite ce qui s'était passé en Europe durant cette année, la guerre entre les Romains et les Latins lui fournissait, pour l'année en question, des événements dignes d'être mentionnés. Au Heu de cela, on lit

1) EusEB. Arm., Il, p. 114 g. — 2) EusRB., I, pp. 169. 1*0. — 3) Euseb.. I. p. 230. — 4)^scHiN., In Ctesiph., § 242.

812 APPENDir.E. VII

imm«'(liiiti'iiiriil apri's la inorl d'A^MS : r,|i£t; 5è 5ie)>r,).\jOÔT£; ta 7:pa-/0évTa xatà Tr,v Kupoiurjv èv jjilpîi xà xaxà Ty,v 'Aaîav cuvTeXeaOlvTa otéÇtjjiev ; puis vient, sans motif apparent, le fieuTepov T|j.Tiji.a. CVst cottp « coupure » faite dans le texte (jui probablement a fait disparaître la fin du Molosse, la guerre du Lalium, peut-être aussi r«*xpt''(lilioii du stratè/^c Zopyrion contre les Scythes et lu catastrophe (|ui lengloulit dans le Pont.

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