‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 57 sur 231 · OL. CXI, 2] marche d'alexandre · texte numérisé non relu

OL. CXI, 2] marche d'alexandre

savait qu'ils s'étaient réunis près de Zéleia, à une quinzaine de milles vers Test. On se dirigea par Percote vers Lampsaque, la ville de Memnon'. Les citoyens, ne voyant pas d'autre moyen de salut, envoyèrent au roi, pour demander grâce, une ambassade à la tête de laquelle était Anaximène, savant distingué qui avait été jadis en faveur auprès de Philippe. Sur sa prière, Alexandre pardonna à la ville '.

De Lampsaque^ l'armée continua de s'avancer en suivant la côte ; Amyntas le Lynceste, avec l'escadron des cavaliers d'ApoUonie et quatre escadrons de sarissophores, marchait en avant-g-arde. A leur approche, la ville de Priapos sur la Propontide, non loin de l'embouchure du Granique, se soumit. Cette place, qui commande la plaine d'Adrastéa, arrosée par le Granique, était importante dans les circonstances présentes, car, d'après les renseignements d' Amyntas, Tarmée perse s'était avancée sur les bords de la rivière pour y attendre la première rencontre avec l'ennemi.

Il est évident qu'Alexandre désirait se battre aussitôt que possible, et les Perses auraient dû l'éviter d^autant plus. Dans le conseil de guerre tenu à Zéleia, Memnon avait conseillé de ne point engager un combat qui n'offrait que peu d'espérances de victoire et qui, même en cas de succès, ne présentait presque aucun avantage ; les Macédoniens, disait-il, étaient bien supérieurs en infanterie aux Perses et doublement à craindre, car ils combattaient sous la conduite de leur roi, tandis que Darius manquait à son armée ; en supposant même que les Perses fussent vainqueurs, les Macédoniens étaient protégés par derrière, et leur perte se réduirait à une attaque inutile, au lieu que les Perses perdraient par une défaite le pays qu'ils devaient défendre ; éviter tout combat décisif était donc le seul parti à prendre. Il ajoutait qu'Alexandre n'était pourvu

•) Polysenos, dans la deuxième série de ses notices (IV, 3, 15) rapporle qu'Alexandre, pour rendre Memnon suspect aux Perses, avait ordonné aux fourrageurs d'épargner ses propriétés (tcov toù Mfjivtovo; y^oiç^M-j).

-) Pausanias (VI, 18, 2) raconte qu'Alexandre avait juré de faire tout le contraire de ce que lui demanderaient les envoyés de Lampsaque ; sur quoi le rhéteur l'aurait supplié de punir la ville pour sa défection. C'est en tout cas une jolie anecdote.

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de vivres que \univ peu de Icmps et qu'on devait se relircr lentement, on laissant derriërc soi un désert dans lequel l'ennemi ne put trouver ni vivres, ni bétail, ni abri; Alexandre serait ainsi vaincu sans combat, et on aurait empêché par un léger sacrifice un dommage plus grand dont on ne pouvait calculer les suites. Dans le conseil des généraux perses, l'avis de Mcmnon ne fut point écouté; on ne le trouvait pas digne de la majesté do la Perse: Arsitès notamment, le gouverneur de la Phrygie d'IIcllespont, parla contre, disant qu'il ne laisserait pas mettre le feu à une seule maison dans sa satrapie, et les autres Perses opinèrent avec lui pour la bataille. Ils étaient poussés autant par le désir de combattre que par antipathie pour le Grec étranger dont l'influence était déjà trop grande auprès de Darius, et qui semblait vouloir faire durer la guerre pour monter plus haut encore dans la faveur royale. Ils marchèrent donc à la rencontre des Macédoniens jusqu'au Granique, et résolurent d'utiliser les berges escarpées de ce fleuve pour empêcher Alexandre de s'avancer plus loin. Ils s'établirent sur la rive droite, de manière que le bord du fleuve fut occupé parla cavalerie perse, tandis que le terrain qui s'étendait en montant à une certaine distance en arrière était occupé par les mercenaires grecs ^

Cependant Alexandre s'avançait vers le Granique, à travers la plaine d'Adrastéa ; la grosse infanterie était divisée en deux colonnes, l'aile droite et l'aile gauche, flanquées à droite par la cavalerie macédonienne, à gauche par les cavaleries thessalienne et grecque; les bêtes de somme, avec la plus grande partie de l'infanterie légère, suivaient les colonnes; les sarissophores et environ cinq cents hommes d'infanterie légère formaient l'avant-garde, sous la conduite d'Hégélochos. Déjà la masse principale de l'armée s'approchait du fleuve, lorsque quelques sarissophores, revenant en arrière à bride abattue,

*) L'emplacement du champ de bataille est fixé par un plan que H. Kie- PERT a levé sur les lieux en 1842. Il se trouve juste au dessous de l'endroit où la route de rHeilespont à Broussa franchit le Bigha-Tchai ^Granique;. L'ancien lit du fleuve, devenu aujourd'hui un marais (Edje-Gheui), côtoie le flanc ouest d'une éminence qui se prolonge durant six kilomètres environ dans la direction N.-E. et qui offre du côté de l'ancien lit une paroi à pic de dix à treize mètres de hauteur.

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