‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 87 sur 231 · OL. cxii, 3] l'aumée · texte numérisé non relu

OL. cxii, 3] l'aumée

les troupes légères dcvaienl prendre plus d'extension encore. Enfin, il était nécessaire de prendre des mesures afin qu'on put utiliser des levées faites en Asie même, non seulement pour grossir la masse de l'armée, mais encore comme une compensation qu'on avait sous la main, à mesure qu'on s'éloignait davantage des recrues qu'on tirait de la patrie.

Déjà, l'hiver précédent, les huit escadrons de la cavalerie avaient été, divisés chacun en deux « loches », dont chacune fut confiée à un « lochage » ; maintenant ces loches furent réunies par huit en une « hipparchie », de telle sorte que dorénavant il y eut dans cette grosse cavalerie deux régiments, s'ilest permis d'employer cette expression moderne, comptant huit escadrons, d'effectif , il est vrai, plus faible. Glitos, fils de Dropidas, ditx le Noir »^ qui jusqu'ici avait conduit l'escadron royal de la cavalerie, obtint une des hipparchies; Héphestion eut la seconde. Déjà, dans le cours de la campagne de l'année suivante, le nombre des hipparchies fat beaucoup augmenté \ Les cavaliers mercenaires, qui étaient arrivés à l'armée au nombre de quatre cents, sous les ordres de Ménidas, en 331, furent augmentés de la même façon, assez pour former plus d'une hipparchie '. On avait déjà aussi formé un corps d'acontistes à cheval, sans qu'on puisse dire quel en était l'effectif ".

Les changements non moins importants qu'on remarque dans l'infanterie durant la campagne de l'Inde semblent avoir été accomplis aussitôt après que l'armée eut reçu de Bactriane des renforts considérables. Déjà, à Persépolis, le roi avait envoyé dans les satrapies l'ordre de lever des troupes de jeunes

^) Suivant Arrien (III, 29, 7), Ptolémée reçoit un corps dans lequel il y a Tibv £-ca;pa>v linzoLp'/^ly.i xpeXz. On voit déjà par là qu'il ne s'agissait pas simplement de remplacer la cavalerie thessalienne libérée du service. Plus tard, il est fait mention (Arrian., IV, 4, 7) d'un autre corps dans lequel il y a également trois hipparchies d'hétœres : lors de la campagne dans l'Inde, on énumère six hipparchies avec les noms de leurs hipparques : d'après le texte d' Arrien (IV, 22, 7. Cf. 23, l et 24, 1), on peut admettre six hipparchies, non compris Vagéma.

-) Suivant Arrien (IV, 4, 6), Fattaque contre les Scythes est exécutée par \}.'.y. l-K-KOLpyJ.oL xiov ^svwv et quatre escadrons de sarissophores : on voit un détachement (Arrian., IV, 3,7) auquel on adjoint, en fait de cavalerie, 60 hétseres et 800 tûv [xiaOûç-opiov,

^) Arriax., III, 24, 1. IV, 17, 3. V, 11, 3 etc.

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j;L'ns^ .'i(),()()0 lioiiiiii(3s en loul, (iiii (lovaient ùU'c lormés an sorvico à la i'a(;on iiiacédoniennu cl faire cnsiiih; partie de rarméo en (lualilc d' « épigones »'. !^Jais Lienlùt après, lors du séjour de deux ans qu'il fit dans les contrées delaJiactriane, il prit au service des lîaclriens, des Sogdianiens, des 1*iiroj)aniisades et autres i)euples, particulièrement coninio cavaliers.

En un mot, l'armée du roi, qui jusque là s'était composée de Macédoniens, (rilellènes et de Barbares européens, commença à se développer avec le caractère hellénistique qu'Alexandre voulait donner àson empire. Partout, dans les centres des satrapies, des garnisons gréco-macédoniennes plus ou moins fortes restaient en arrière, s'établissaient d'une façon durable et transformaient ainsi une installation purement militaire en communes civiles et en cités à la mode hellénique, tandis que les Asiatiques enrégimentés dans l'armée devaient aussi commencer à s'helléniser par la vie en commun et la discipline militaire.

Cette armée n'était donc plus simplement un corps guerrier; elle comportait encore d'autres éléments et d'autres fonctions; elle formait à elle seule un monde tout à fait particulier. Le camp était en même temps la cour; il renfermait l'administration centrale de l'immense empire et les grands services civils, les caisses, les bureaux d'intendance, les provisions d'armes et d'habillements pour Tarmée, de vivres pour les hommes et les animaux, le service des hôpitaux. Avec Tarmée marchaient des négociants, des artisans, des fournisseurs, des spéculalateurs de toute sorte, et un bon nombre de lettrés qui n'étaient pas tous destinés à l'instruction des jeunes seigneurs. Il y avait aussi des hôtes de Grèce et d'Asie, prêtres et laïques ; elle ne devait pas manquer non plus de traîner à sa suite une troupe de femmes; enfin, si le Lynceste Alexandre, qui était prisonnier depuis ce qui s'étaitpassé enPisidie, suivait l'armée, on n'avait pas dû non plus laisser en arrière Arrhidée, le bâtard idiot de Philippe. En un mot, ce camp doublé d'une cour était pour ainsi dire la capitale mobile de l'empire, son centre de gravité et de force, d'oii partait une impulsion éner-

*) Arrian., VII, 6, 1. Plut., Alex., 47. Slidas, s. v. Bac7'./.£Vo'. uaiôe;.

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