‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 86 sur 231 · OL. cxTT, 3] suites de l'enquête · texte numérisé non relu

OL. cxTT, 3] suites de l'enquête

devait porter le diadème après Alexandre. Celui qui y avait le plus de droit ensuite était Arrhidée, fils du roi Philippe ; mais, lors même qu'il eut été à l'armée, il ne pouvait entrer dans la pensée de personne de confier la puissance à un homme qui était pour ainsi dire idiot; il était également impossible de songer à donner le diadème à quelqu'un qui n'avait aucun droit àlaroyauté, tel que Parménion, ou son fils, ou quelque autre des généraux; le Lynceste pouvait paraître aux conjurés d'autant plus à même de succédera Alexandre qu'on pouvait penser qu'Antipater, dont il fallait tenir un compte tout particulier, se laisserait gagner au nouvel ordre de choses par l'élévation de son gendre. C'est peut-être le cas de remarquer qu'Antipater, aussitôt qu'il eut connaissance des événements qui avaient eu Heu à Prophthasia et à Ecbatane, semble avoir fait des démarches qui, sans cet enchaînement de circonstances, eussent été incompréhensibles ; on raconte qu'au lieu d'exécuter les ordres d'Alexandre, c'est-à-dire de châtier les Étoliens de la manière la plus sévère pour avoir détruit la ville d'Œniadae dévouée aux Macédoniens, il entama secrètement des négociations avec eux\ Cette précaution n'eut pas d'autre effet pour le moment; mais elle ne resta pas ignorée du roi^ et elle excita, croit-on, sa défiance d'une façon qui devait se manifester plus tard, bien que ce fût seulement au bout de plusieurs années.

Ainsi se termina cette déplorable affaire, déplorable bien que la sentence portée contre Philotas fût juste et que le meurtre de Parménion fût devenu une nécessité politique. Ce n'est pas atténuer l'odieux de ces exécutions que de dire avec lesauteurs que Philotas, malgré sa bravoure personnelle et son habileté militaire, était violent, égoïste, insidieux; que son père l'avait lui-même averti d'être plus prudent et moins orgueilleux, et encore moins d'alléguer que Parménion, même pour des questions de service, s'était déjà attiré des reproches multipliés de la part du roi. Que le roi se soit cru obligé d'exiger l'obéissance la plus rigoureuse de la part de ses

*) Trpb? AlxwXoùç ÏTZS.\i'\>t xp'jqja Trîaxct; Soùç xat Xatxêavwv (Plut., Alex., ^9).

2) Peut-être y eut-il un rapport envoyé par Olympias.

428 ni'ioiu; \Ms\TinN ni: i/.\iniKr, |1II, 1

oflicicrs siiiiriiciiis, v\ i\{\ scrror les roncs do la disciplino avoc (raillant jdiis dr vii;ii(Mir qu'on lilail on ])loino gnorro, lonjnurs os!-il «jnc lo l'ail de Ironvcr à ])unir dans lo ('(^rolo (\() ses ofliri(M's sn[)ôrionrs d. de croire ii; cliAlinicnl nocossaire était un symi)lôme significalif do l'élat do son armoo ot une proniioro brècho de mauvais aupu'o dans Tinslrumont do sa puissance, jusquo-là si fort et si tranchant, qui élait la seule garantie de ses succès cl i\o son œuvre. Avec son énerg^ie et ce génie du comniandenient qui lui était propre, il aura su enrayer l'elfet dissolvant de ces événements et remettre promptement et complètement les troupes dans sa main ^; mais que Philotas, que Parniénion manquassent à cette armée, c'était et ce devait être toujours une perte irréparable^ une tache qu'on n'effacerait plus.

Nous n'examinerons pas ici s'il faut considérer comme une conséquence des événements précités les changements apportés à l'organisation de l'armée, changements dont une partie au moins s'est effectuée pendant le repos de cet hiver, ou si la raison en est que la tâche de l'armée avait elle-même changé.

Depuis la mort de Darius, il n'y avait plus, dans le territoire ayant appartenu jusque-là à la Perse^ d'armée ennemie organisée ; il pouvait bien y avoir encore çà et là des masses levées à la hâte et conduites en campagne, mais elles n'avaient plus rien du caractère de l'armée royale sur laquelle Alexandre avait calculé le mécanisme de son armée d'opérations au commencement de la lutte ; elles n'avaient plus ni les troupes de la cour des Grands-Rois et les cardaques, ni un noyau de mercenaires grecs et leur habitude des manœuvres. La guerre allait maintenant surtout se poursuivre sous forme de lutte contre des masses isolées, avec lesquelles il faudrait employer Tattaque par surprise et la poursuite rapide^ tout ce qui caractérise la petite guerre. Il fallait que les corps de troupes fussent disposés de telle sorte qu'on put facilement en former des armées en petit ; elles devaient être plus mobiles, devenir dans leur tactique encore plus agressives que jusqu'alors:

^) On peut compter parmi ces expédients le Tây[j.a à-i-A-un (Diodor., XYII, 80. CuRT., YII, 2, 35) dans lequel furent relégués les mécontents et les raisonneurs.

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