OL. cxn, 3] nouvelle révolte en a rie
Bessos fit ravager tout le pays situé sur le versant nord de la chaîne jusqu'à une distance de plusieurs journées de marche, pour rendre ainsi impossible toute invasion d'une armée ennemie. Comme Satibarzane pouvait compter sur l'attachement de ceux qui avaient été jadis ses sujets, Bessos lui confia environ deux mille cavaliers, pour faire avec eux, en arrière des Macédoniens, une diversion qui couperait entièrement Fennemi, si elle réussissait. Les Ariens se soulevèrent dès que parut leur ancien maître: Arsame même, le satrape établi par Alexandre, sembla favoriser la rébellion. Bessos envoya aussi Barzane, un de ses affidés, en Parthie, afin d'y fomenter une insurrection en faveur de la vieille cause perse ^
Alexandre était en Arachosie lorsqu'il apprit la révolte des Ariens. Il envoya aussitôt en Arie la cavalerie des alliés, au nombre de six cents hommes sous les ordres de leurs chefs, Érig-yios et Caranos, ainsi que les mercenaires helléniques sous Artabaze, formant six mille hommes, parmi lesquels se trouvaient^ commandés par Andronicos% ceux qui avaient été incorporés à l'armée dans les défilés caspiens; en même temps il expédiait à Phratapherne, satrape d'Hyrcanie et de Parthie, l'ordre de se joindre à ces troupes avec les escadrons de sa cavalerie. Simultanément, le roi lui-même avait quitté l'Arachosie ^ et, par un froid d'hiver très vif, avait traversé les
1) Arrian.,III, 28, 10. IV, 7, 1.
2) Arrian., III, 28, 2. Les chiffres donnés par Q. Curée (VII, 3, 2) se recommandent par leur vraisemblance intrinsèque. Le contingent des alliés se monte, — suivant un renseignementqui vient, il est vrai, deDiodore(XVII, l7) — à 600 cavaliers, et à la bataille d'Arbèles ce contingent est partagé entre Erigyios et Cœranos (Koîpavo;. Arrian., III, 12, 4 : Kâpavoç, III, 28, 3): Andronicos commandait les mercenaires grecs, au nombre de 1,500 environ, qui auparavant avaient servi Darius, et il n'est pas inadmissible qu'Artabaze, dont Alexandre faisait tant de cas et qui avait eu si souvent affaire dans sa vie avec des troupes mercenaires grecques, ait reçu le commandement en chef.de cette partie de la grosse infanterie. Évidemment, en sa qualité de Perse, on le choisit de préférence pour cette expédition,
3) D'après Q. Curce (VII, 3, 4), Alexandre fut rejoint dans cette marche par les troupes qui avaient été sous les ordres de Parménion à Ecbatane, c'est-à-dire 6,000 Macédoniens et 200 cavaliers macédoniens. 5,000 mercenaires à pied et 600 cavaliers, haud dubie robiir omnhwi virium régis. Malheureusement, Arrien ne dit pas comment fut exécuté l'ordre donné à Parménion (III, 19, 7), ordre enjoignant à ces troupes de suivre en traversant le pays des Gadusiens, et par conséquent en longeant ensuite la côte de la
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cols (Irmidrs «les liîuilciirs (jiii s»''p;u'«'iil Ir Ici'iilnii'c des Aiucliosituis <l<' celui des P.iropiunisadcs. Il liouviicc j)lîilcau fort jtciijdr, cl, hicii (jii'à celle époque II lie iKîi^i^ épaisse couvrîl les champs, il se procura des provisions suflisaiiles dans les nombreux villaf^cs (jui \{\ re(;ureuL avec aniilié '. Jl se liàla de descendre dans la conlrée plus ouverle qui forme 1(; bassin supérieur du Caboul, traversa ce cours d'eau el poussa jusqu'au pied du massif élevé de IMIindou-Kouscb, ou « Caucase », au delà duquel se trouve la liaclriane. 11 y prit ses quartiers d'hiver*.
Le pays de Caboul est à peu près de la même largeur que Cypre ellaCrète; c'est une haute vallée située à environ 6,300 pieds au-dessus de la mer, par conséquent à 500 pieds plus haut que Saint-Maurice et Silvaplana dans la llaute-Engaddine. De là, sept passages conduisent, à travers la chaîne de rHindou-Kousch,dans le bassin de FOxus ; trois de ces défilés remontent vers les sources du Poundjir; le plus oriental est celui de Khevak ou de Toul, qui mène à Anderab^par un col situéà 13, 200pieds d'élévation. Gespassages, et plus encore les trois suivants qui descendent vers les sources du Sourkab, sont pendant quatre à cinq mois tellement couverts de neige, qu'on peut à peine les traverser ; il faut alors prendre le défilé le plus avancé du côté de l'ouest, celui de Bamiyan,paroii l'on va de Caboul à Balk en parcourant environ 60 milles. Ce chemin traverse plusieurs chaînes de montagnes, en deçà et au delà du massif
mer Caspienne, ni à quel moment ce corps rejoignit le roi. Supposer que Polydamas, en apportant l'ordre de mettre à mort Parménion, a apporté aussi celui de faire marcher ses troupes, c'est se livrer à des combinaisons arbitraires. On voit par Arrien (III, 25, 4) qu'une partie de ces troupes, les mercenaires à cheval et les Thessaliens restés volontairement au service, avaient rejoint l'armée bientôt après son départ de Zadracarta.
•) Strab., XVI, p. 812, Q. Curce décrit cette traversée du plateau de Ghizni avec des hyperboles énormes; pourtant, un boa nombre de ses indications géographiques se trouvent confirmées par les assertions de Baber, d'ELPHiNSTONE ct autre>.
-) Cette halte est sous-entendue par Arrien (III, 28, 4) quand il dit qu'Alexandre a fondé une ville, célébré des sacrifices et des fêtes en cet endroit; elle est encore attestée par Slrabon (XV, p. 725): ô'.a-/£'.p,âo-a; aùroôt.
^) Cette route du col de Toul, appelée aussi route de Khevak, du nom d'un fort de la région, est décrite par Wood {Journcy, p. 275), qui l'a prise en 1837, au retour de son voyage de découverte aux sources de l'Oxus.