‹ Histoire de l'hérérie de BéarnChapitre 8 sur 48 · I. LES SALEFRANQUE-MONLAUR · texte numérisé non relu

I. LES SALEFRANQUE-MONLAUR

Le fils aîné do Pierre de Salefranquc fut Pierre, dont nous avons parlé au chapitre précédent. 11 naquit entre 1G74 et 1076 ; et nous avons vu qu'il fut un très brillant élève du collège des Jésuites de Pau.

Il ne parait pas avoir continué la série des garde-sacs, mais il fut nommé secrétaire du Parlement. Voici ce que nous lisons, en effet, à la date du 20 septembre 1703 : « Led. jour a été procédé en grand chambre à la réception du sieur Pierre de Salefranque en la charge de Secrétaire de la Cour, dont il a été pourveu par Sa Majesté. Il a été taxé 12 livres pour l'Hôpital et 601. pour la Cour et néantmoins pour certaines considérations il a été délibéré qu'il ne payeroit que 20 1. » (-1).

Il se maria le 23 juin 1711 avec Jeanne de Monlaur, de Pau, fdle de Jean de Monlaur, avocat, trésorier général, receveur des décimes, et de Marie de Cazaubon (2).

Il avait à peine quarante ans quand il mourut, comme en témoigne cet acte de décès : « Le 12 novembre 1718 est de^cede noble Pierre de Sïillefranque, secrettaire du roy au Parlement de Navarre ; est enterré dans l'église de N.-D. du présent lieu de Jurançon. Les offices pour le salut de son âme luy ont été faits par moy. /. Cam y, curé ».

Sa femme, Jeanne de Monlaur, lui survécut plus de trente ans et mourut à Pau le 14 septembre 1750 à l'âge de 52 ans, comme le disent les Registres mortuaires de Pau : « L'an mil sept cens cin-

(i) Arch. B.-P., B. 4545, fo 157.

(2) Cela ressort de plusieurs textes. Arch. B.-P., B. 4700, fo 498 vo. — Papiers de Nays à Rousse. — Arch. comra. de Pau, GG. 11, fos 71, 164, 227, 228, 283 ; GG. 12, fos 1 vo^ n vo, 12 ro, 26 vo, 27 r", 52 ro, où il faut établir la parenté des Monlaur avec les Salefranque et les Vignau de Bizanos. — Arch. des Dames de Candau à Mugron, commun, de M. l'abhé Foix, curé de Laurède (Landes). — Jean de Monlaur, d'Oloron, avocat à Pau, marié avec Marie de Préchac, eut une fille, baptisée le 29 nov. 1682. GG. 7, fo 94 ro.

quante et le quatorze septembre est décédée à l'âge de cinquantedeux ans, dame Jeanne de Monlaur, veuve à noble Pierre de Sallefranque, conseiller, secrétaire du roy, et a été enterrée le 15 dans l'église succursale Notre-Dame, en présence de Jean Bergeret et de Bernard Mariette, qui ont signé avec nous. Bergeret, Mariette, présents. Des Baratz, curé » (1).

Ils eurent plusieurs enfants, dont aucun ne se maria; entre autres :

1" Madeleine. Née le 17 février ITlo. Ses parrain et marraine furent « le s'' de Monlaur, trésorier g''', son grand-père, et Madeleine de Fanget, sa grand-mère » ('2). Ce fut certainement la dernière survivante de la famille. Elle mourut le 8 mai 1782 après avcir fait son testament le 11 mars précédent, en laveur de François de Bordeu. D'où une série de procès et d'arrangements à la fin du xviiie siècle, dont nous parlerons ailleurs (3);

2° Jacques. 11 naquit le 29 septembre 1714; ses parrain et marraine furent Jacques de Casedavant, praticien, et Marie de Gasaubon.

Nous ne voyons nulle part que Jacques ait eu une profession libérale; mais il était extrémen.ient processif et on trouve surtout son nom dans les plumitifs d'audience. A rencontre de son père, il paraît avoir préféré Pau à Jurançon. Il demande, le 27 février 1735, à être inscrit au catalogue des voisins, « ses pères ayant jouy de tout temps des droits de voisinage et occupé comme voisins les premières places au corps de ville » (4). Il ligure dans la liste des notables du 24 novembre 1746 (5), accepte sa nomination de député, au corps de ville, le 7 juillet 1759, et prête serment en mains de M. Viguier, premier jurât (6).

(1) Arch. comm. de Pau, GG. 13.

(2) Arch. comm. de Pau, GG. 12, f" 11 v.

(3) Papiers Nays de Rousse. On oublia d'écrire l'acte de décès de Madeleine de Salefranque. Voici ce qu'on en dit aux registres mortuaires de Jurançon : « Sép. Sallefranque. L'an mil sept cent quatre vingt deux et le huit may est décédée, dans la communion de l'Eglise, et munie des sacrements... » — Le 8 février 1775, Madeleine et son frère Jacques tiennent sur les fonts Madeleine de Bourt. Ihid.

(4) Arch. comm. de Pau, BB. 25, f" 10 ro. Jacques de S. éti'.U déjà inscrit en 1736, BB. 26, f" 10 ro.

(5) Ibiil., BB. 14, f"126 v".

(6) Ihid., BB. 16, f" 78 vo.

Il eut dos difficultés d'intérêt avec bien des (Dcrsonnes et même avec ses pirents, en particalier avec sa tante, Marie-Anne, femme de l'avocat Abraham de Beluich (1) et avec M. de Vignau, de Bizanos, curé de Moncaup, je crois son cousin germain. Ce prêtre figure, le 3 septembre 1775, dans une liste de notal)les à côté de Jacques « de Salefranque, écuyer » (2),

S'il eut des procès avec sa tante Marie-Anne Salefranque (1730-1735), il en eut aussi avec le mari de cette dernière, Abraham de Beluch (1753). Les registres nous font bien deviner qu'il y était question de règlements de comptes et d'apports. Beluich réclamait même à son neveu GO 1. pour lui avoir vendu des fourrures, et 150 1. « pour les habits nuptiaux dont s'agit. » Les plumitifs ne nous donnent pas le jugement définitif (3).

Un procès intéressant est celui qu'intenta Jacques de Salefranque à Dominique Ricaut, locataire de sa maison de Pau, mauvais payeur, condamné le 18 octobre 1777 « à retirer ses meubles et quitter les appartemens dont il s'agit » pour le 1'-'' janvier suivant, sous peine de voir ses meubles « déjettés ». Ricaut, qui affirme ne rien devoir, payera même « le loyer de l'appartement qu'occupait cy devant Boux, tailleur » (4).

Nous parlerons bientôt du grand procès, que Jacques de Salefranque eut avec les Batz-Diusse, héritiers du marquis de Biron ; mais constatons, en passant, que « M. de Salefranque, son frère et ses sœurs » étaient imposés de 24 1. pour la capitation de la noblesse (5). Les registres de Jurançon, oii il restait sans doute» marquent ainsi sa mort : « L'an mil sept cent quatre vingt deux et le treize février est décédé dans la communion de l'Eglise et muni des sacrements noble Jacques de Sallefranque, âgé de soixante neuf ans et le lendemain il a été ensevely dans le cimetière de l'église

(1) Arch. B.-r., B. 4701, f"s 194, 328, B. 4700, fo* 274, 304, etc., etc. (1730-1735).

(2) Arch. B.-P., B. 4715, f«' 1G4 ro, et sf'rie BB. (1777). Rente de 50 1. par P. Casaux, de S'-Faust, en faveur de Jacques de S..., absent, et « acceptant noble Armand de S..., son frère cadet », 18 avril 1771, J" Pommiès, not. Arch. B.-P., non classées.

(3) Arch. B-P., B. 4718, f-s 128 r», 158 ro, 486 vo, G69 vo ; B. 4719, f" 6, etc. (1753-1754).

(4) Aicli. B.-P., B. .5213.

(5) IbUL, C. 994, fo 12 v, 17G1 ; C. 1004, p. 23. En 1773, ils paient 40 1. ; C. 1014.

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N.-D. du présent lieu en présence de plusieurs personnes qui ont signé avec nioy prêtre soussigné. Blandin. prêtre vie. Daiign, Laborde » (l) ;

3" Marie. Née le 17 octobre 1715, a tenue sur les fons par le s^ Grégoire Labastide, curé de Lème, et D*^""-' Marie de Salefranque » (2). Nous ne savons pas ce qu'elle devint. Dans un acte de 1761, on dit que Jacques de Salefranque vivait avec son frère et ses « sœurs. » Lesquelles ? Probablement Madeleine et Marie (3) ;

4° Jean. Né le 5 juillet 1717 (4). C'est la seule mention (jue nous en ayons trouvée. Il dut mourir jeune encore ;

5° Armand. 11 naquit après la mort de son père. Son acte de baptême met « Arnauld » par erreur et s'exprime en ces termes : « Arnauld de Salefranque, tils posthume de noble Pierre de Salefranque et de dame Jeanne de Monlaur, son épouse, étant né le 6 janvier 1719, a été présenté au saint baptême par Messire Arnauld, marquis de Biron, baron d'Arros,et d^'ic Marie de Salefranque, et a été baptisé par M'' de Lacassaigne, curé, Duplaa, vie. de Pau » (5).

C'était un esprit pacifique ; son nom paraît peu dans les documents. Il pensa quelque temps à entrer dans les ordres, car dans un acte du 21 novembre 1741, il signe (( Armand de Salefranque, étudiant en théologie » (6).

Plus jeune de six ans (et non de neuf, comme on le croirait d'après les actes mortuaires) que son frère Jacques, il mourut dix jours avant lui, en février 1782. Leur sœur, Madeleine, les suivit au tombeau, le 10 mai de la même année : année tragique pour la famille Salefranque qui disparut ainsi toute entière en quatre mois. Voici l'acte de décès d'Armand : ^i. L'an mil sept cent quatre vingt deux et le trois février est décédé dans Li communion de l'Eglise noble Armand Sallefranque, âgé de soixante ans ou environ, et le lendemain il a été ensevely dans le cimetière de l'Église N. D. du présent

(1) « Sép. .Sallefranque », Registre du temps, f" \ v.

(2) Arch. commun, de Pau, GG. 12, f" 38 vo.

(3) Marie de Salefranque enterrée à Bizanos en '17()l, à l'âge de 35 ans, n'était pas de la môme famille. (yVrcli. B.-P., G. 9'J4. Arch. commun, de Bizanos, GG. 3.) La difficulté des identifications provient des actes de sépulture où la parenté n'est à peu près jamais inditjuée.

(4) Arch. commun.de Pau, GG. 12. p. 52 v».

(5) Arch. commun, de Pau, GG. P2, f" G8 v.

(6) Arch. commun, de Jurançon, GG. 18, Mariage de J" de Loustaunau et de Cath. de Ferrât.

lieu, en présence de plusieurs personnes qui ont fcigné avec moy prêtre soussigné. De Florence, curé. Dauga, Laborde » (1).

Tout ce monde de vieux garçons et de vieilles filles vivaient ensemble dans la paisible solitude de la maison d'Aressy, au quartier de Rousse à Jurançon.

C'était bien la maison familiale, le séjour préféré des parents et des grands-parents. Elle fut plus d'une fois l'objet de partages, de procès et de bornages (2). Une très longue enquête, ordonnée par le Parlement en 1730, nous fait connaître tous les aîtres de la maison.

Citons à ce propos cette déposition détaillée qui nous permettra de pénétrer dans une gentilhommière campagnarde du xviiic siècle, sans toutefois entrer dans la maison.

Enquête sur la maison Salefranque de Jurançon.

Marie Darregaust, veuve de Manoscau, de Jurançon, âgée de cinquantehuit ans ou environ, assignée par exploit des lettres par moy expédiées, de Bouteille, baile, du jour d'hier, comme il m'a paru de h\ copie d'icelles, après serment, interpellée sur les objets de l'ordonnance, a dit qu'elle n'est point parente, alliée, servente, ny domestique des parties, et sur les faits contenus à l'articulât remis :

Dépose que feu Mancscau, étant mcteyer dans la metcrie de Salefranque, se maria avec la déposante et du depuis ils restèrent un an dans lad. meterie, le feu s'' do Sallefranque, père et grand père des parties, étant décédé, il y avoit plusieurs années. Et la déposante se souvient que la maison de lad. meterie, située à Jurançon, étoit fort ])elle, bâtie à chaux et à sable, couverte de bardeaux et où Icd. feu sieur de Saleffranque, père et grand père des parties, logeoit avec toute sa famille, et les métayers logeoient dans la même maison, ce qu'elle sçait parce qu'elle étoit voisine de lad. maison avant son mariage.

Il y avoit dans lad. maison un four et deux chays, dans l'un desquels le métaiyer avoit quelques meubles; elle a ouy dire, depuis avoir quitté lad. meterie, qu'on avoit bàty et embely la maison, sans qu'elle sçache avec quel boisage.

Sçait la d. déposante qu'avant et après le décès dud. s'' de Salefranque, il y avoit deux granges, l'une fort belle et l'autre moindre, servant à fermer le bétail; et on entretenoit lesd. granges du bois qu'on coupoit à lad. meterie pour réparer les toids avec des bardeaux qu'on faisoit faire. Sçait aussy qu'on tenoit toujours à lad. metterie six, sept et liuit tètes de bétail à corne, sans qu'elle puisse préciser quel nombre il y en avoit lors du

(1) Arch. commun, de Jurançon. Sépultures de 1782, f" 1 r^,

(2) En 1708, Arch. de Jurançon,

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décès dud. s'' de Salcffranquc, n'y ayant jamais veu des junians ny brebis. On tenoit toujours un cheval à lad. nieterie, mais elle ne sçait point s'il y en avoit lors dud. décès. Sçait aussy que les instrumens aratoires apartenoint aux métayers qui entroiiil et sortoint i)our ti'availlcr lad. mèterie. Sçait de plus que, lorsqu'elle restoit dans lad. metterie, l'ancien hautin étoit en bon état, de même que la vigne de Renard et, sur le bas de l'ancien hautin, il y avoit un verger à fruit où il y avoit ([uelcjue.s pomiers et autres arbres à fruit, le tout en bon état. Sçait de plus que le champ apellé Labarre étoit très bon et qu'il donnoit quantité de froment et de tout grain pendant la vie et après la mort dud. s'' de Salefranque, jière et grand père, et elle a ouy dire qu'on a planté hautin dans led. ciiamp sur le haut duquel il y avoit une rangée de serisiers, ne se rappelant point sy sur le bas il y avoit des chênes. Sçait aussy que lors du décès dud. sr de SalefFranque la vigne apellée de Cose étoit en assez bon état, y en aiant néanmoins un mourceau sur le milieu qui étoit maigre et mauvaise.

Sçait aussy (ju'il y avoit une espalière tout le long de lad. vigne de Lacaze et au dessus d'icelle. Il y avoit aussy sur le haut du champ, apellé Lacomme, des arbres à fi-uit et quelques uns ètoint garnis de pieds de vigne; et au dessus de lad. vigne, il y avoit un pré apellé le Pradot, qui étoit en bon état, et il y avoit des arbres à fruit de toute espèce. Sçait aussy qu'on semoit du grain et du lin et sur le bas de lad. vigne et susd. pré, et lad. vigne, le pré et le labourable, qui étoit tout dans une pièce, le tout étoit en bon état avant et après la mort dud. sieur de Salefranque, père et grand père. Sçait encore que le champ apellé Renard, près Roumicq, étoit en bon état lors du décès dud. sieur de Salefranque, sans qu'il y eut aucun mourceau de lad. terre d'inculte.

Lad. déposante et son mary travailloint tout led. champ. Ils travailioint aussy tout le champ apellé Tournelong et ils le semoint; led. champ étoit en bon état. Il étoit pourtant maigre, mais on y levoit du froment et toute sorte de grain. Il en étoit de même du champ quy étoit sous le jardin. Celuy cy étoit en très bon état et raportoit beaucoup plus de froment et d'autres grains, led. champ étant meilliHir que celuy de Tournelong. Le champ apellé Ion Plaa étoit aussy en bon état, lors du décès du s>' de Salefl'ranque, ne sçachant point sy on a abandonné les terres labourables dont elle a parlé. Sçait de plus lad. déposante que, lors du décès dud. père et grand père des parties et dans le temps (|u'elle étoit à la méterie, il y avoit beaucoup de fougère et de tuyc et iju'il y en avoil sufllsament pour l'engrais de tout le labourable et du vignoble, sans ([u'on feut en peine d'en prendre ailleurs pour led. engrais. Sçait de jibis (jue, depuis le jardin jus{]u'à la cliatagneree, il y avoit une rangée de serisiers, tant d'anciens (jue déjeunes. H y avoit aussy une autre laiigée de serisieis, depuis le pré apellé lliarot jus(|u'au haut de la vigne de Rcnaicl ; et au dessus de lad. vigne, il y avoit aussy des serisiers, ne se rappelant point le contenu du vingt si.xièmc fait dud. articulât.

Elle sçait qu'au dessus du champ apellé Labarre, il y r.voit des chênes, avant et après le décès dud. sieur de Salefranque, père et grand père, lesquels chênes n'étoint pas fort grands sur led. champ apellé Labarre, mais il y avoit de gros chênes sous le champ du Souilh, quy est contigu aud. champ de Labarre, sans qu'elle sçache le nombre desd. chênes petits et grands. Sçait de plus quaud. temps, il y avoit une rangée de gros et beaux chênes derrière la maison, quy alloit jusqu'au delà de la marniere, ne se rappelant point qu'il y eut qu'un jeune chatagnier. Se souvient parfaitement qu'il y avoit un très beau chêne tout auprès de la barriêrp du vignoble. Sçait de plus qu'il y avoit de beaux chênes au fond du chemin allant à la fontaine de Serradet, lors du décès dud. si" de Salefranque, père et grand père, et du temps que lad. déposante demuroit à la. meterie. Il y avoit aussy de jolis chênes et d'espérance sur le chemin allant de Rouraicq aux bergeries. Il y avoit encore un ou, deux jeunes chênes aux hauts et d'espérance à la marniere de^^on deu pua, et iLy avoit aud. temps quelques serisiers de la chatagneree. Sçait de plus qu'il y avoit aud. temps de gros chênes et de gros haitres au bois quy donne du côté de Lamouroux et de Labourdete, d'où l'on tiroit la provision du bois à brûler, ne srachant rien des articles 36 et 37 dud. articulât. Sçait de plus la déposante que, lors du décès dud. s"" de Saleffranque et du temps qu'elle restoit à la meterie, il y avoit un beau taillis au dessus de la funt.iine de Herradet entre le Bassot et la chatagneree. Ne sçait rien du contenu au 39e article dud. articulât. Elle sçait que le champ apellé Facil étoit labourable jusqu'à une petite fontaine et que led. champ étoit en bon état et que la déposante et son mary y levèrent de beau froment et autres grains, quy est tout.

Lecture faite, elle y a persisté et n'a sceu signer, de ce faire interpellée par moy dit commissaire. Brun, commissaire (1).

Les Salefranque (2; restaient à Aressy. Y avait-il également des Sallefranque à Jolis? Les deux propriétés étaient voisines et sur le même plateau, mais la maison de Jolis faisait — comme aujourd'hui — partie de Gan, tandis qu'Aressy est dans Jurançon.

En 1611, Bernard de Seize, Marie de « Joliis », sa femme, et Pierre de « Joliis », tous de Gan, reconnaissent devoir à Jean de Rémy, avocat au Conseil, la somme de 1G25 écns petits pour le racliat de la maison et des biens de <.< Joliis », détenus alors par noble Daniel de Labarthe, seigneur d'Estialecq. Sctzeet les « Joliis » s'étaient engagés à remettre la somme empruntée à Rémy trois mois après le 13 juillet 1611 (par conséquent le 13 octobre). Mais ils ne purent

(1) Papiers de Nays à Rousse.

(2) Une ou deux 1 marquent des familles différentes. La nôtre signait toujours avec une seule 1.

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pas tenir leur promesse. C'est alors que Jean de Rémy fit mettre en vente tous les biens des « Joliis », les acheta et les passa ensuite aux mains de Jean de Salinis, son beau-frère, marchand et jurât de Pau, qui en resta paisible possesseur par acte du 21 juin 1612, retenu par Jean de Souberbie, notaire de Pau, et signé par M« David de Carresse, Théophile de Vignau et Fortaner de Pontacq (1).

Le bien de Jolis, devenu ainsi la propriété de Jean de Salinis, resta dans sa famille. Dans un acte de baptême du 10 juin 1669, figure, comme parrain de Pierre de Lème, k le sieur de Salinis, alias de Jolis » (2).

Y eut-il plus tard, au xviiic siècle, vers 1750, des Sallefranque occupant la maison de JolisàGan? Il y a des textes, étranges à première vue, qui le feraient croire (3) ; mais pour peu qu'on les presse, on est bientôt obligé de convenir qu'il y a eu deux maisons Jolis, à Gan et à Domezain, près de Saint-Palais, dans le pays basque, et que les Sallefranque (de Gurs) ne restaient qu'à Jolis de Domezain. Il n'y avait entre eux aucun lien de parenté.

Enfin, en 1739, on trouve, dans les minutes de Lagarde, notaire de Mauléon, une quittance de 720 I. pour Bernard et Marie de Jolis, père et fille, et Pierre de Sallafranque, de Domezain. Jean de Sallafranque, frère aîné de Pierre, marchand de Gurs, figure dans l'acte, qui précise ainsi : a Bernard et Marie de Jolis, père et fille, sieur et dame propriétaires de la maison de... Joliis de Domezain... et Pierre de Sallafranque, dit Jolis, leur gendre et mary » (4).

Vingt ans après, on voit un acte du 26 octobre 1758, rédigé par le notaire Jauréguibéry, où parait « le s"" Pierre de Salafranque de Jolis, deyan actuel de la déguei'ie (5) de Domezain » à titre de témoin, dans une assemblée générale de la déguerie : « Il a été

(i\ Expéd. du temps sur parchemin. Docum. part. — /o/('s, orthographe actuelle.

(2) Arch. comm. de Pau, GG. 0, f" 8 vo.

(3) J'y ai été trompé moi-même. Voir plus haut la première page du chapitre II, note 3.

(4) Notaires de Mauléon au.\ Arch. des B.-P. Papiers non classés.

(.')) Il y avait en Soulc (Basses-Pyrénées) sept divisions territoriales appelées dégueries. Les Coustumes du Pays de Sole. Rubr. Deus vies. « La déguerie de Domasanh. Las gens de cascune degaerie deben eslegir dfgcni en lors vies ».

représenté par led. Salafranque, degan et député susnommé, qu'il y a procès en la Cour de Licharre ».

Ce mot degan que l'on rencontre deux fois ici, on est tenté de l'écrire de Gayi. Mais, en y réfléchissant un peu, on voit que degan est tout simplement le titre du président ou personnage principal de la déguerie souletine. Il n'y a donc rien de commun entre degan et de Gan.

Un procès qui se discute, le 13 septembre 1761, entre « le sieur Pierre de Salefranque, dit Jolis, et les'' Jean Joseph de Salefranque, son fils, prêtre du lieu de Domezain, contre les Sorhabit, du même lieu » localise le débat (1). Et c'est ainsi qu'il faut interpréter un mémoire où nous lisons que « Sailefranque, de Jolis, prêtre, sollicite une stalle de chanoine à Oloron )i (2).

Il n'y a donc aucun rapport entre Domezain et Gan. Pas de texte qui établisse un lien entre les deux bourgs. Mais il y avait une maison Jolis dans chacun d'eux.

C'est encore la famille de Jean de Salinis qui restait à Jolis de Gan en 1782. A cette date, Guillaume-Richard de Salles produit une généalogie où il prouve qu'il est le dernier représentant de cette famille de Salinis, et termine ainsi son écrit : « Guillaume Richard de Sales, soussigné. A Jolis, ce 15 avril 1782. Sales » (3).

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