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Observations générales

Peu de pays ont cultivé avec autant d'empressement que la Suisse l'histoire nationale à la façon des humanistes.

Le besoin s'en faisait sentir plus qu'ailleurs. Il n'y avait pas longtemps qu'était né entre les membres d'une alliance un peu flottante le sentiment de l'unité et de la solidarité. Il ne s'était vraiment éveillé que depuis que les cantons confédérés étaient entrés comme puissance indépendante dans la politique internationale. En Allemagne, la vie et la force politique s'étaient dans les derniers siècles réfugiées de préférence dans les États particuliers; le développement de la Suisse au contraire l'avait amenée au xv^ siècle à la concentration, et il y avait apparence que l'avenir renforcerait encore les tendances unitaires.

L'historiographie humaniste avait ici par conséquent un terrain vierge. Quelques représentants de la vieille école avaient bien tenté de satisfaire au besoin d'une histoire nationale éveillé depuis les guerres avec la Bourgogne. Mais les chroniques suisses d'Etterlin (1507) et de Brennwald (écrite entre 1515 et 1520, éditée pour la première fois dans les Quellen zur Schweizer Geschichte N. F., Abt, 1 et 2, 1908 à 1910) n'étaient que des compilations sans critique, inférieures pour le fond et pour la forme même à de bonnes chroniques municipales. Les premiers exposés de l'histoire nationale dignes de ce nom sont dus, en Suisse comme ailleurs, à des auteurs de formation humaniste.

L'histoire suisse n'a jamais été écrite dans la manière classique de Bruni. Le public, plus encore que les auteurs, manquait trop de

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culture pour cela. Seul, un étranger a traité l'histoire de la Confédération avec les formes rhétoriciennes de l'humanisme (Pirkheimer, cf. ci-dessus, p. :243 s.). Les Suisses n'ont produit dans ce style que des écrits de circonstance officieux et des éloges, comme ceux que composa par exemple Albrecht von Bonstetten. Le développement de l'historiographie artistique fut entravé par les disputes confessionnelles qui bientôt, comme ailleurs, attirèrent toute l'attention.

C'est la méthode de Blondus qui fut en Suisse le modèle absolu pour l'histoire proprement dite.

Pour tous les détails, ainsi que pour toute la littérature ancienne, nous renvoyons une fois pour toutes à G. v. Wyss, Geschichte der Histo- Hographie m der Schweiz (1895).

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