Mejist
Pero MEJiA (Mexia) de Séville, où il naquit 1499, juriste et humaniste, fut nommé 1548 par Charles-Quint chroniqueur royal. Il mourut vers 1552 avant l'achèvement de son ouvrage : Historia del Emperador Don Carlos V, commencée d'après le prologue en 1549; les quatre premiers livres (jusqu'à 1530) sont seuls achevés. Ptlejia à déjà utilisé Pierre Martyr (Bernays, P. Af., 184 n" 2) ; une bonne partie de son histoire passa mot pour mot dans l'Histoire de Charles-Qnint, de Sandoval. (Ranke, Deutsche Geschichte, II, 382 ss.). On n'en a imprimé que le deuxième livre sous le titre de Relaciôn de las Comunidades de Castilla (1520-21) dans les Historiadoresde Sucesos particulares, édition Rosell l [Biblioteca de Autores espanoles, XXI, 1852). Morel-Fatio, Historiographie de Charles-Quint, I (1913). 73 ss.
Pulgar avait ouvert la chronique nationale à l'humanisme autant que cela était compatible avec la forme traditionnelle. La victoire
L HISTOIRE CONTEMPORAIXE EN CASTH-LR iMRJIA) 283
de l'historiographie humaniste n'était pas décidée parla. On ne peut affirmer que la réaction qui suivit fût consciente ; en tout cas on vit le successeur de Pulgar (la charge de chroniqueur de Castille fut conservée encore sous Charles-Quint) non seulement en revenir à l'ancienne forme de narration, mais reculer, au delà d'Ayala, jusqu'à la chronique d'Alphonse XI. Son ouvrage (inachevé), V Histoire de Charles-Quint, présente, autant qu'on en peut juger par le fragment qui en a été puhlié, les qualités comme les défauts de la vieille Chronique.
Mejîa est bien informé ; il connaît non seulements les documents, mais les principes politiques du gouvernement, et son récit est pragmatique et précis. Mais sa manière de voir est absolument officieuse, et son exposé des Comunidades castillans, le seul morceau publié, est, plutôt qu'un travail historique, une apologie appuyée sur des documents de la politique gouvernementale d'alors, malgré l'habileté que met l'auteur à prendre, à l'exemple des vieilles chroniques, le ton du narrateur sans prévention. L'influence de l'humanisme ne se fait sentir que dans la disposition plus habile et le style plus élégant qui distinguent Mejia des anciens chroniqueurs.
L'ouvrage qui réalisa, un demi-siècle après, le plan de Mejia, na pas grande valeur. Prudencio de Sandoval, né 1553, moine bénédictin, évêque de Pampelune, nommé après la mort de Morales 1591 historiographe national de Castille, mort 1620, voulut donner mieux qu'une chronique dans sa Historia de la Vida y Hechos del Emperador Carlos V, Valladolid 1604 à 1606, rcimpr. Anvers 1681. L'ouvrage de Zurita (ci-dessous p. 290 ss.) avait paru et il semblait naturel de prendre pour modèle sa méthode de travail. Mais Sandoval ne possédait ni le sens critique ni l'application méthodique de l'annaliste aragonais. Il ne faisait pas d'extraits des sources, mais les copiait par pages entières ; il ne se bornait pas à bâtir son exposé sur des actes (en partie), il les communiquait, comme Gorio l'avait fait le premier, d'un bout à l'autre. 11 juxtaposait ainsi des extraits d'origine tout à fait différente et racontait souvent le même fait plusieurs fois ou changeait la succession des événements selon que tel ou tel extrait lui tombait entre les mains. Son Histoire de Charles-Quint manque encore plus de forme que l'Histoire de Ferdinand le Catholique, qui servait de modèle.
Et puis Sandoval ne possédait pas même l'impartialité relative de Zurita. C'était un farouche orthodoxe, antisémite et nationaliste, Telle donnée de ses sources était-elle contraire à sa tendance ? il la corrigeait tout simplement. Si son ouvrage est encore indispensable aux études historiques modernes, c'est parce qu'il a utilisé de nom-
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breux documents inédits. (Cf. Ranke. Deutsche Geschichtc, IF, 382 ss. et Zur Kritik, 115 ss ) Notices sui-rimportancc desducuments de Sandoval chez .AIorel-Fatio. HiUoriorjraphic de Ch>irlcs-Quint, I (1913). 37 ss. Gômara, Annals of the Empcrur Charles, édition Merriman, 1912.
Sandoval composa en outre 'comme continuateur de Morales une Histoiia de los reyes de Castilla y Léon de 1037 à 1097, les Cinco Reyes{Pampelunc 1615), comme on les appelle, et aussi nombre d'écrits sur Ihistoire ecclésiastique et des généalogies.
Le fou de Cour de Charles-Quint, Francës de Zûnig.\, écrivit une parodie des chroniques royales officielles. Sa Crôaica (de Charles- Quint) a été publiée par A. de Casiro dans la Biblioteca de Autores espanoles XXXVl. (Cf. F. Wolf dans les Sitzungsberichte der Wiener Akademie, 1850, juin, 21 ss. et Mussafia, ibid., 1867, mai, 83 ss.)
h. — L.\ NOUVELLE Chronique utFiciELLE en l.^tin
Quand, sous les rois catholiques, l'Espagne fut entrée en contact plus suivi avec les autres puissances européennes et avec la politique internationale de l'Europe, le besoin s'éveilla de reprendre l'historiographie latine, qui était la chronique officielle pour l'étranger, et qui avait été tout à fait négligée dans les derniers siècles Les historiens, naturellement, prirent modèle pour cela moins sur la tradition historiographique nationale que sur les œuvres historiques de l'humanisme italien.
La première tentative pour raconter en latin humaniste les actes de souverains espagnols fut faite sous Isabelle. Avec peu de succès d'abord. Les Décades de Palencia restèrent inédites ; elles paraissent avoir été sans influence sur l'historiographie ultérieure.
Alfonso Fernândez de Palencia, ecclésiastique et diplomate, né vers 1423, fit d'abord en Italie des études humanistes, fut ensuite, sous Henri IV de Castille 1456 nommé Coronista y secretario de latin. Il rendit plus tard à la reine Isabelle d'importants services comme négociateur. Il mourut 1492 ou peu après. On a conservé de lui Gesta hispaniensa, ordinairement appelées Décades trts historiae sui temporis ou de quelque titre analogue : c'est une histoire de Castille dans les années 1440 à 1477. Jusqu'à présent publiée en traduction espagnole seulement comme Crôaica de Enrique IV par A. Paz y Mélia dans la Colecciôn de Escritores castellanos 1904 à 1908. Les Annales de la guerre de Grenade (1482 à 1489) de Palencia sont inédites et inachevées. Palencia nest pas l'auteur des chapitres d'une chronique espagnole publiés sous son nom par W.-L. Holland 1850. (Morel-Falio, Catalogue des Mss espagnols et portugais de la Bibliothèque Nationale (1881) n^ 145, 154 à 157.) Cf. W.-H. Prescott, Ferdinaud and Isabella, p. I, ch. iv ; Amador de los Rios, Historia critica.
l'histoire contemi'Oraixe en castille (lehrija, martyr) 28:>
vil, 151 ss. et la Préface de A. -M, Fabié pour l'édition de Dos tratados de Alf. de P., 1876.