Martyr
Petrus Martyr, de la famille des Anghiera, né 1487 à Arona sur le lac Majeur; de 1477 à 1487 à Rome, vient à Saragosse 1487 avec le comte
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D. liiifïo Lopez de Mendoza, qui avait visité Rome comme chef d'une ambassade espagnole; 1492 chargé d'initier aux études humanistes les jeunes nobles résidant à la Cour; 1501 ambassadeur auprès du sultan d'Egypte ; se fait prêtre et reçoit divers bénéfices; nommé 1510 Chroniqueur dans le Conseil d'État pour l'Inde (Amérique): mort 1526 à Grenade. Ses œuvres sont :
1. Opun epistolarum, histoire des années 1488 à 152;j sous forme de lettres, dont la plupart du temps Martyr figure comme l'envoyeur. i"> édition, Alcalâ de Henares 1530; réimpr. Amsterdam 1670.
2. Legatio Babylonica, relation de son voyage d'ambassade au Caire 1501-02. Basée sur trois rapports aux souverains catholiques, auxquels Martyr fit plus tard des additions. 1''' édition. 1511.
3. Décades de orbe novo. Depuis le premier voyage de Colomb jusqu'à 1525. Commencé dès 1493; la première décade terminée 1501. Les sept derniers livres seulement furent écrits par Martyr en sa qualité officielle de Chroniqueur de l'Inde. 1''° édition de la première décade (remaniée) comme Decas Oceani. Séville 1511 ; des trois premières décades, Alcalâ 1516 ; de l'ouvrage entier 1530. (Cf. sur les détails H. Harrisse, Biblioteca americana vetustissima, 1886 et les Additions, 1872.)
Littérature pour n^ 1 : La littérature ancienne sur VOpus epistolarum, dont la critique commence avec Ranke {Zur Kntik, 101 ss.) ; J. Ciampi, Le Fonti storiche del Rinascimento dans la Nuova Antologia, XXX (1875) ; J. Gerigk, Dus 0. E. des P. M. (Diss. de Koenigsberg, 1881) ; H. Heidenheimer, P. M. A. und sein 0. E. 1889 ; i. II. Mariéjol, Un lettré italien à la cour d'Espagne (thèse 1887) — - n'est plus indispensable, grâce à J. Bernays P. M. A. und sein Opus epistolarum, 1891 (il traite aussi les autres œuvres). — Pour n^ 3, à côté de Bernays, H. A. Schumacher, P. M. der Geschichtschreiber des Weltmeers, 1879 ; Menéndez y Pelayo, De tos Historiadores de Colon, dans les Estudios de Critica literaria, II (1986) 225 ss. Sur les Décades de Orbe novo, voir ci-dessous p. 366 s.). Cf. aussi les traductions récemment parues des Décades, en français par Paul Gaffarel (1907), en anglais par F. A. Mac Nutt. 1913.
Une autre création de l'historiographie officielle fui beaucoup plus originale. Il est vrai que l'Espagne ne la dut pas à un disciple indigène des humanistes italiens, mais à un Italien.
Pierre Martyr choisit pour son histoire contemporaine une forme toute particulière d'exposition.
C'est la forme épistolaire qui répondait le mieux à son talent d'écrivain ; il était plutôt feuilletoniste et mémorialiste qu'historien. Gomment aurait-il pris goût à la manière pathétique de l'école de Bruni ! Pour des annales à la Tite-Live, il aurait dû comprimer ses qualités les plus estimables, comme Poggio en son temps. Il se détourna donc de l'imitation du style classique et se servit de la forme dégagée des lettres.