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Knox

John Knox, le réformateur écossais bien connu (vers 1505 à 1572), coftiposa The History of the Reformation of Religion xoithin the Realm of Scotland (jusqu'à 1564). Commencé déjà 1559. Les livres 11 et III (1558 à 1561) furent écrits d'abord ; c'est seulement après la publication des Acts and Monuments de Foxe (1563) que Knox ajouta le premier livre (1556) qui traite les préliminaires de la Réformation écossaise et les événements jusqu'à 1558. Par sa forme extérieure, l'ouvrage est un écrit de parti impersonnel; on y parle de Knox à la troisième personne. Dans l'édition de 1644 un cinquième livre (jusqu'à 1567) fut ajouté, qui n'est certainement pas de la main de Knox ; il manque d'ailleurs dans tous les manuscrits. — Première édition

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(incomplète) Londres 1586; avec le cinquième livre, Londres 1644; édition plus exacte 1732 ; d'après le manuscrit original, édité par D. Laing pour la Wodroiv Society 1846 à 1848 comme tomes I et II des Works. — Cf. l'introduction à l'édition ; P. Hume Brown, J. Knox, 1895; A. Lang, J. Knox and thc Reformation 1905.

Knox est encore selon toute vraisemblance l'auteur de la Narrative dans Brieff Discours off the troubles begonne at Franckford in Germany A. D. 1554 (d'abord 1375), dans les Works, IV, 1855.

Rapports avec Foxe et avec les Centuriateurs. — L'histoire de la Réformation écossaise de Knox est avec le Livre des Martyrs dans un rapport analogue à celui de Foxe avec les Centuriateurs. Knox a conçu son travail indépendamment de l'auteur anglais; mais c'est grâce à lui qu'il a fait d'un écrit de circonstance un ouvrage d'histoire.

Le calviniste écossais ne visait d'abord qu'à une apologie de la Réformation écossaise. C'est seulement après l'apparition des Acts and Monuments qu'il ajouta une introduction racontant les préliminaires de la Réformation en Ecosse et exposant historiquement les événements les plus récents (Foxe est utilisé et cité dans ce chapitre). Pour l'histoire de l'historiographie, l'ouvrage de Knox n'est donc pas de grande importance. Il était d'accord avec ses devanciers pour les jugements et il leur emprunta aussi sa méthode jusque dans le détail. Comme Crespin et comme Foxe, il consulta pour l'histoire des hérétiques persécutés les registres des évêques, et introduisit les textes des actes. Il s'écarta de Foxe en ce seul point, qu'il se borna à l'histoire de l'Eglise à l'exclusion de l'histoire politique.

Il adopta en plein le jugement théologique sur l'histoire. Ainsi que les Centuriateurs, il croyait pouvoir reconnaître dans l'histoire un plan de salut divin pour la propagation de l'Evangile ; il repoussait expressément les explications naturelles (Cf. la remarque I, 88 édit. Laing, sur la cause de la défaite des Ecossais à Solway Moss, 1542). Il croyait aux miracles et aux présages; tandis que son compatriote etcontemporain humaniste Buchanan (ci-dessus, p. 211 s.) rationalisait les sorcières de Macbeth, Knox ne doutait pas que des sorcières ne pussent prophétiser (Cf. II, 357). Pas plus que pour un autre réformateur il n'y avait pour lui de problème historique : qui possède la vérité entière, n'a plus à chercher. Sa théorie est logique dans ses conclusions et simpliste comme les systèmes de tous les

fanatiques du dogme. L'histoire est pour lui un combat entre la lumière et les ténèbres : quel parti possède la lumière, cela ne se demande pas.

Le noyau du livre est le récit des événements contemporains (1. Il à IV). Comme écrit de parti, il ne se distingue pas au fond d'autres apologies officieuses ; son parti a toujours poussé les concessions à l'extrême, et n'accepte aucune responsabilité pour les excès commis (Cf. I, 322) ; il a toujours, d'ailleurs, offert aux adversaires l'occasion de s'expliquer librement (II, 141 s.). Seulement tout cela chez Knox prend une couleur théologique : les adversaires sont inspirés par le Diable : Satan les a enchaînés à l'aide des désirs impu?'s, de l'ambition et dune insatiable cupidité.

Knox écrivain. — C'est par l'art de peindre qu'il dépasse ses devanciers. Les Centuriateurs étaient théologiens; Foxe, laïque sans indépendance d'esprit, qui ne s'était montré que dans les affaires capable d'initiative : Knox était homme d'action. Spéculer, faire des recherches et des enquêtes, ce n'est pas son genre. Il n'aime pas la dispute : il est si ancré dans son opinion que seul un drôle ou un endurci peut douter de sa justesse. Comme historien, il rappelle surtout Loyola (ci-dessous, p. 349 s.). Il n'égale pas l'Espagnol comme psychologue. Mais ainsi que lui, il dédaigne les artifices du style, parce que c'est la chose même qui importe. Chaque mot est calculé pour l'effet pratique. Il évite le ton du récit populaire que Foxe aimait à prendre. Chez lui, pas de remplissage, pas de digressions oiseuses. Avec une sûreté merveilleuse, il sait choisir le détail frappant. Il donne peu de traits, mais avec cela il peut tout dire. Et puis quoique partial, il est plus honnête que Foxe. Pas plus que les anciens Jésuites il ne cherche son salut dans le silence. Il abandonne la misérable méthode d'estompage aux représentants timorés de la seconde génération. Il accorde paisiblement que bien des partisans se sont rattachés au groupe calviniste pour arriver (I, 100 s.); il ne passe pas sous silence la destruction des couvents de Perth (I, 322). De telles violences, quand elles ne visaient pas un butin personnel, lui semblaient parfaitement naturelles, tout aussi naturelles que pour les Jésuites la lutte contre l'hérésie : mais quand la régente y répond par des menaces sanglantes, cela s'appelle une

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beasllie crueltie (I, 324). Il n'est pas d'ouvrage historique qui nous fasse pénétrer aussi clairement la mentalité des chefs protestants ; il n'en est pas qui renferme des tableaux d'un réalisme aussi puissant.

Plus partiale, plus fanatique encore est ['histoire de Véglise écossaise composée avec subside ecclésiastique officiel par David Carderwood (1575 à 1650, pasteur à Crailing). Il prit Knox pour modèle et dans les premières parties de son histoire le suivit parfois mot à mot. Mais il n'avait ni son intelligence ni son talent de peintre. Plus que chez son modèle le récit est noyé sous les textes des actes. L'histoire de la Réformation écossaise tourne chez lui au mélodrame : les adversaires de l'Evangile sont dans son exposé des créations impossibles, des scélérats tels qu'on en voit s'agiter dans les théâtres de marionnettes. Le style est impersonnel, la composition aussi lâche que celle d'une chronique médiévale.

Uneédition complète deVHistory oftheKirk ofScotland (jusqu'à la mort de Jacques VI) parut pour la première fois dans les années 1842 à 1849 (édit. par le Rév. Th. Thomson pour la Wodrow Society) On n'en avait imprimé auparavant (1678) qu'un extrait. La General Assembly assigna 1648 une pension à Calderwood pour son travail.

Un pendant à Calderwood dans le sens épiscopal fut composé par John Spottiswoode. Né 1565 probablement à Calder en Ecosse, où son père était pasteur. Théologien, 1583 successeur de son père à Calder, prend le parti du roi, nommé par suite 1603 archevêque deGlasgow; 1615, archevêque de Saint-Andrews ; 1605, membre du Conseil privé d'Ecosse; 1638, destitué parle parti puritain, mort 1639 à Londres. — Son History of the Church of Scotland (jusqu'à 1624 ; première édition mutilée, Londres 1655, la meilleure 1851 par Russell et Napier pour la Spottiswoode Society) décrit les événements du point de vue d'un protestant loyaliste à tendance modérée. Écrivant son ouvrage sur mandat de Jacques I""", il eut accès aux archives et put utiliser de nombreux documents d'État. Comme écrivain, il occupe parmi les anciens historiens anglais une des premières places ; bien peu l'égalent pour l'agrément du style, la clarté de la composition et la modération des jugements. Il écrivait en homme d'une culture accomplie, qui s'était assimilé du rationalisme humaniste tout ce que lui permettait sa profession ecclésiastique. Cf. Ranke, Englische Geschichte, II, 89.

e. — L'histoire ecclésiastique en Suisse

Le besoin d'un exposé protestant de l'histoire ecclésiastique avait été satisfait pour longtemps eu Allemagne par les Centuriateurs et leurs tributaires. Il est vrai que les Centuries n'étaient pas achevées; l'histoire de la Réfoimation et de Luther n'y figuraient pas. Il y aurait eu là une belle tâche pour un Foxe allemand. Mais il ne surgit

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aucun autour qui eiU raconté sur le Ion populaire du Livre des Martyrs, les destinées du protestantisme allemand. Le grand ouvrage de Sleidan paraissait défier toute concurrence et la légende de Luther avait été retracée par Mathesius sous une forme populaire si réussie qu'une nouvelle biographie aurait eu de la peine à la l'aire oublier.

Il en était autrement pour les Eglises réformées de Suisse et de France. Leur histoire n'avait pas encore été écrite. Les successeurs de Zwingli et de Calvin n'ont pas trouvé au-dessous de leur dignité la tâche de combler cette lacune.

Les 17 Predigten von den Historien des Hem Doctoris Martin Luthers seligen (f" édit. 1566; édit. Lœsche 1898) du prédicateur de .ioachimsthal. Johann Mathesius (né lo04à Rochlitz en Saxe, mort 1565 à Joachimsthal où il avait été en activité depuis 1532) sont peut-être la seule biographie allemande du XVI'' siècle qui doive être prise en sérieuse considération. Elle n'est originale que dans ses parties mémorialistes. Les chapitres proprement biographiques ne font que reproduire, sans critique la plupart du temps, les récits de Luther lui-même et s'appuient avec prédilection sur des anecdotes de très douteuse authenticité. Mais là où Mathesius rapporte ses propres souvenirs, il raconte d'une façon extrêmement vivante. Il sait faire de son héros un portrait individuel. C'est parce qu'il avait la nature d'un Eckermann. S'il a pu retracer si fidèlement le caractère propre de Luther, c'est que luimême, comme penseur et comme théologien, n'avait aucune personnalité. — Cf. Plitt, Die vier crsten Lutherbiographen, 1876: K. Amelung, J. Mathesius, 1894; G. Lœsche, J. Mathesius, 1894-95.

BuUinger.

Heinrich Bulllnger, né 1504 à Bremgarten. gagné comme étudiant déjà à la Réformation, 1523 professeur à l'école du couvent à Kappel, 1528 en même temps pasteur du village voisin de Hausen, 1529 pasteur à Bremgarten, qu'il doit quitter 1521 après la bataille de Kappel; choisi à Zurich comme pasteur de la cathédrale, c'est-à-dire comme successeur de Zwingli, il donne à l'église de Zurich en sa qualité d'Antistes son organisation définitive; mort 1575. Il écrivit dans les années 1367 et suivantes : HiMoria oder Geschichten, sosich verlaufen in der Eidgnoschaft, insonders zu Zurich, mit Enderung der Religion und Anrichten christenlicher Reformation, von dem Jar Christi 1519 bis in das Jar 1532. Plus tard (1572 à 1574) complété par le commencement. BuUinger ajouta encore quatorze livres von denTigurinern und der Stadt Zurich Sachen, qui traitent l'histoire ancienne de la Suisse et de Zurich jusqu'à 1519. L'histoire de la lléformation seule a été publiée par ITotlin-

ger et Vôgeli 1838 à 1840. Cf. sur les sources de Bullinger: E. Gagliardi dans les Zwingliana, 1911.

Bullinger fit en outre de nombreux travaux sur l'histoire de la Suisse : cf. rénumération dans Wyss, Historiographie, page 205. Il s'y est ajouté encore un Chronikon von dem Ursprung und allen Geschichten der Stadt Zurich composé en 1531 et provenant peut-être de Bullinger (cf. Anzeiger fiir Schweizer Geschichte, X, 69, 336, 422 ss.) et VEpitome de l'ancienne guerre de Zurich, qui a passé en partie mot pour mot dans la Chronique de Stumpf (Luginbûhl dans Anzeiger f. Schio. Gesch. X, [1906] 91 ss). Tous ces ouvrages sont inédits. — Le journal de Bullinger [Annales vitae) pour les années 1504 à 1574 a été publié par Egli comme tome II des Quellen zur schweizerischen Reformationsgeschichte. — H. G. Wirz, H. BuJlingers erste Schioeizerchronik dans les Nova Turicensia (19H), 235 ss. et dans les Ztom^Ziana, 1912.

Le fond et la forme. — C'est sans doute à l'exemple de Sleidan que Vantistes zurichois Bullinger écrivit l'histoire de la réformation dans la Suisse allemande.

Son ouvrage est à plus d'un égard supérieur à celui de l'humaniste strasbourgeois. Il fit dans la forme moins de concessions à l'humanisme. Sleidan s'était tenu absolument à l'ordre des annales; Bullinger tut du petit nombre des auteurs d'avantl'époque du rationalisme, qui osèrent rompre avec cette ordonnance extérieure. Il prit, il est vrai, à l'école de Blondus la mauvaise habitude d'insérer dans le texte, tels quels, des actes entiers. Mais les parties narratives au moins sont tout à fait son œuvre propre et non une mosaïque incolore, comme trop souvent chez Sleidan. Les faits sont extraordinairement bien choisis. Les entrefilets aimés des chroniqueurs sur des phénomènes naturels et des sinistres sont éliminés, sauf quelques restes. A part un certain nombre de remarques portant le caractère de mémoires, l'histoire de la réformation en Suisse est le seul sujet traité ; l'histoire politique n'est touchée qu'autant qu'elle est en relation directe avec les plans de réforme de Zwingli. Bullinger ne se débarrasse pas d'une certaine lourdeur de style; mais sa langue n'a pas subi au moins la déformation humaniste. Il réussit particulièrement dans les parties qui traitent des questions de théologie ou d'organisation ecclésiastique.

La tendance. — A en juger sur l'impression générale, Bullinger fait au lecteur l'effet d'un historien sinon tout à fait objectif, au moins

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absolument honnête. Il évite les grandes sorties. Il est certes entièrement du parti des réformateurs. Ce qu'il rapporte sur la politique delà Curie, sur la situation religieuse et morale avant la Réformation, ne sécarte en aucune manière des légendes traditionnelles de l'historiographie protestante. Comme son maître Zwingli, il désapprouve la politique dominante des Etats confédérés. Il ne parle pas plus intelligemment qu'Anshelm des conventions militaires avec des gouvernements étrangers. Il attaque le mercenariat aussi violemment que l'ancienne Eglise; il attribue une signification symbolique à cette circonstance que Zwingli a succombé sous les coups d'un Pensiôner (III, 136) . Il combine les deux tendances d'une façon curieuse : c'est la papauté qui est cause des désordres apportés dans la Confédération par le service militaire à l'étranger (I, 50). Mais là même, même dans la polémique contre les vieux-croyants, Bullinger use d'une modération dans l'expression qu'on ne rencontre pas souvent chez les théologiens du xvi® siècle. On a cru — cela se conçoit — pouvoir en conclure que l'auteur s'efforce d'atteindre à un jugement impartial.

Cette conclusion fait complètement fausse route. L'histoire de la Réformation de Bullinger est tendancieuse d'outre en outre, c'est souvent un écrit de parti déloyal.

Son impartialité n'est qu'apparente. Il ne s'exprime avec tant de réserve que parce qu'il poursuit un but apologétique plutôt que polémique, et qu'il espère par des silences et des estompages obtenir plus que par des attaques ouvertes.

Bullinger historien n'oublie jamais qu'il est aussi antistes de l'Eglise de Zurich. Comme chez Knox, chaque mot est choisi avec intention; tout ce qu'il dit et ce qu'il ne dit pas, doit servir une certaine tendance. Mais il ne va pas aussi franchement de l'avant que l'Ecossais. Rencontre-t-il des faits d'où l'on peut conclure que les héros de la réformation suisse étaient aussi des hommes, avec leurs défauts ? il ne les supprime pas, mais par des additions arbitraires il cherche à en affaiblir la portée. Le contemporain de Zwingli Stumpf (ci-dessus, p. 255 ss.) dans son histoire (encore inédite) de la réformation suisse (Manuscrit de la bibliothèque municipale de Zurich, signature ancienne B 9j avait raconté que Zwingli adhérait en 1515 au parti papal parce qu'il avait reçu une pension du pape. Bullinger

prétend tout simplement (1,8) qu'il n'avait accepté la pension que pour se couvrir des frais d'acquisition de ses livres. C'est un trait caractéristique que la façon dont Bullinger parle des relations de Zwingli avec Luther, ou plutôt dont il n'en parle pas.

On conçoit que par des raisons patriotiques Bullinger ait tenu à montrer la réformation suisse indépendante de l'allemande. 11 avait bien assez de culture théologique et politique pour déterminer exactement les points par lesquels l'œuvre réformatrice de Zwingli se distinguait en principe de celle de Luther : mais il esquiva cette tâche. Quelques ménagements qu'il ait pris, il ne pouvait éviter de détruire en partie la légende de l'origine autochtone de la dogmatique Zwinglienne. Il préféra soutenir en général que la théologie de Zwingli s'était développée indépendamment, et s'étendre aussi peu que possible sur les événements d'Allemagne. On pourra excuser sa manière d'agir par sa position officielle, mais il faut avouer qu'on ne pouvait arriver par cette voie à une appréciation historique de la réformation suisse.

Bullinger était un travailleur et un collectionneur assidu, un écrivain bien doué ; mais ses matériaux ne sont pas passés au crible d'une critique impartiale. Il accueillait des anecdotes et des sentences stupides, même quand elles avaient été manifestement inventées plus tard. Elles ne contrecarraient pas sa tendance protestante : c'était assez pour lui. Il croyait comme les autres réformateurs à la vérité des miracles et des présages.

Pour ce qui est de l'enchaînement historique, nous trouvons supérieure l'histoire de la Réformation suisse dont la charge fut confiée par les cantons catholiques à Johann Salât (né 1498 à Sursee, canton de Lucerne, greffier lucernoisde 1531 à 1540,. mort à Sursee vers 1552). Elle a les allures d'un pamplilet et motive le mouvement luthérien, tout comme les Protestants, par des raisons théologiques : c'est une épreuve et un châtiment divin. Mais Salât ne néglige jamais de rattacher les événements de Suisse à ceux d'Allemagne.

La Chronica und Beschj^eibung von Anfang des neuen Unglaubens, etc., commence par une introduction sur l'apparition de Luther, les Anabaptistes, l'histoire de la jeunesse de Zwingli, puis traite sous forme d'annales l'histoire suisse des années 1521 à 1534. Elle s'arrête à 1535. Première édition 1868 dans le premier volume des Archiv fur die schiveiz. Reformationsgeschichte des sckxoeiz. Piiisvereins . Cf. .1. BachLold, H. S. 1876.

Beaucoup moins important au point de vue littéraire que l'ouvrage

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de Bullinger est celui de Théodore de Hkze. Histoire ecclésiastique des Eglises rèfovmccs au royaume de France (V édil. Anvers [Genève], 1580; nouv. édit. par Mauni, Cunitz cl Ueuss. 1883 à 1889). Ce n'est qu'un complément et une suite au Livre des Martyrs de Crespin (ci-dessus, p. 315) el comme son modèle elle s'appuie sur des sources de valeurs très diverses. L'éducation humaniste de Hèze se fait sentir en ce que la forme esl plus soignée et en ce qu'il est tenu compte de l'histoire de l'humanisme.

Théodore de Bèze (né 1519 à Vézeley en Bourgogne, mort 1605 à Genève), composa son histoire avec les Mémoires que, d'après le décret du synode de Lyon en 1563, les communautés réformées de France devaient envoyer à Genève. Son ouvrage fut publié sans nom d'auteur, et n'est peut-être dû qu'en partie à son travail; mais dès le xiv'* siècle il était cité sous son nom. Cf. l'introduction de Keuss dans la nouvelle édition. H. M. Baird, Th. Beza 1899, p. 307, ss. n'a pas grande valeur.

Dans ses Icônes id est verx imagines virorum docirina simul et pietate illustrium, etc. (Genève 1580), Bèze continua les Elogia doctorum virorum de Jove (ci-dessus, p. 61) au point de vue calviniste et humaniste. Il y rassemble d'abord tous les réformateurs, puis beaucoup de martyrs protestants, ainsi que les précurseurs de la réforme selon le choix qui est resté traditionnel dans l'historiographie protestante. Ensuite un certain nombre d'humanistes du xvi"^ siècle. Le ton est celui de la rhétorique et du panégyrique, il ne reste rien du spirituel style de feuilleton de Jove. — C'est encore un panégyrique insignifiant que VHistoire de la mort et de la vie de M. Jean Calvin (conservée en trois rédactions, de 1564, 1565 et 1575, la dernière en latin. Toutes trois réimprimées dans les Opéra de Calvin 21. Corpus Reformatorum 49).

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