SCHLOSSER
Jahrhunderts in gedrdngter Ubersicht (1823), plus tard remaniée et continuée, sous le titre de Geschichte des 18. Jahrhunderts und des 19. bis zum Sturz des franzOsischen Kaiserreichs, mit besonderer Riichsicht aiif geistige Bildung (1836 à 1849).
Pour la biographie, le meilleur ouvrage est G. Weber, Fr. Ch. Schl., 1876 (où est réimprimée l'autobiographie de Schlosser, d'abord publiée dans les Zeitgenossen. 1826). Le meilleur portrait a été donné par
0. Lorenz dans Die Geschichtsioissenschaft (1886; remaniement d'un article paru dans les Sitzungsberichten der philosophisch-historischen Klasse der Wiener Académie 1877). Cf. en outre B. Erdmansdôrffer S. 1876 (discours de solennité) : E. Marcks dans les Heidelberger Professoren I, 1903, 287 ss.
Des critiques superficiels ont longtemps rangé Schlosser parmi les historiens de la tendance libérale. C'est le mérite de Lorenz d'avoir écarté cette opinion. Il montra que, chronologiquement, les écrits de Schlosser tombent bien à l'époque du libéralisme et du romantisme, mais sont par leur esprit d'authentiques produits de VAufklàrung allemande subissant l'influence de Rousseau. Ses jugements de valeur ne sont pas issus de la dogmatique libérale, mais du système de morale de ivant, qui, comme on sait, s'est fortement inspiré de Rousseau.
Schlosser, à l'opposé des historiens libéraux, ne poursuivait pas des intentions de publicité. Il ne défendait pas un système politique, il voulait travailler au relèvement moral du genre humain. Il ne prêchait pas une morale politique, mais une morale individuelle. Il partait de l'assertion rousseauiste et optimiste de Kant, que la sévère règle philosophique du devoir doit être normative dans la vie publique comme dans la vie privée et peut être partout obéie. La vieille loi morale de la théologie était simplement mise sous une autre forme. L'historien n'a pas à rechercher si certaines situations politiques ne laissent pas à un homme d'État d'autre choix que de se mettre au-dessus des commandements de la morale privée. Car il n'y a qu'une seule et même loi morale, ce sont les règles de conduite des loahren und rechtschaffenen Mannes (de l'homme vrai et honnête), comme Schlosser, s'exprimait, c'est-à-dire de l'honorable habitant d'une petite ville allemande à la fin du xvm'' siècle. C'est un fait extrêmement caractéristique, que Schlosser voyait dans la Divine Comédie de Dante un éternel modèle pour l'histoire (Lorenz
1, 49). L'historien, ainsi que le poète de culture théologique n'a pas
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à donner son jugement d'après limportancc politique et historique d'une action, il n'a qu'à dire si c'est, ou non, un péché individuel. II n'existe pas de problèmes historiques, c'est-à-dire sociologiques. Schlosser, il faut lui laisser ce mérite, a rempli son programme comme rarement un historien l'a fait. S'il prisait surtout chez Dante l'impartialité, il avait le droit de se regarder comme son successeur. 11 appliquait les principes de l'impératif catégorique aux grands et aux petits, aux amis et aux ennemis, sans plus de préoccupation que le grand poète florentin expliquant les principes éthiques de saint Thomas d'Aquin. Il n'était pas démocrate; ses sentences morales frappaient les classes inférieures avec la même véhémence que les supérieures. On n'a pas eu tout à fait tort d'opposer Schlosser à Ranke : chez aucun historien les défauts de l'ancienne école, que l'auteur des Romischen Pdpste cherchait dès son premier ouvrage à éviter, n'ont été plus marqués que chez lauteur de VHistoire du xviii*' siècle. Jugements précipités d'après des principes généraux, psychologie schématique, obéissance à des préjugés de classe : ces défauts communs à l'historiographie rationaliste allemande sont poussés chez Schlosser jusqu'à la caricature.
Sa conception de l'histoire dépend donc encore, en somme, de V Aufk^drung du xvfii^ siècle. A un seul égard, la Révolution française a eu sur lui de l'influence.
Schlosser n'avait pas l'étendue de vues de Voltaire. A peine touche-t-il à l'histoire des finances publiques, du commerce et des sciences. 11 ne donne en somme que l'histoire ^politique extérieure. Mais sur un point il surpasse Voltaire. Celui-ci n'avait apprécié l'histoire des belles-lettres que du point de vue esthétique. Schlosser voyait dans la littérature une puissance politique. Il croyait pouvoir tirer de l'hisloire de la Révolution française cette leçon, que des bouleversements politiques pouvaient être provoqués par des œuvres littéraires. Il essaya donc d'examiner la littérature du passé daprès sa portée politique. Il ne creusa pas le sujet et s'en tint trop souvent à des lieux communs de morale bien intentionnés. Son jugement resta toujours aussi orienté du côté de l'esthétique. Mais au moins il établit entre deux domaines jusqu'alors traités séparément une liaison intérieure, à peu près comme Villcmain (ci-dessous p. 536) le faisait en même temps en France.