Giesehrecht
Friedrich Wilhelm Giesebrecht, un des disciples les plus intimes de Ranke,nél814 à Berlin, d'abord pendant vingt ans professeur au gymnase
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de JoachimsLhal à Berlin, 1857 professeur d"université à Konigsberg, 1862 appelé à iMunich, mort 1889. Il nous appartient comme auteur de la Geschichte der deutitchen Kaùerzeit (jusqu'à 1190] 1855 à 1895 [le dernier vol. terminé et édité par B. v. Simson). Dans les Jahrbûcher des deutschen iieic/«s, Giesebrecht traita l'histoire d'Othon II (1840). Nommons parmi ses travaux moins considérables la reconstitution des Anales d'Altaich (1841), l'écrit De Htterarum sludiis apud Halos pi imismedii aevi secculis (1845) et la conférence sur Arnold de Brescia (1873). Depuis 1874 Giesebrecht dirigeait la continuation de l'histoire de Heeren-Ukert. — S. Riez- 1er, Gedachtnissrede auf W. v. G. 1891; Sybel. Vortr. u. Abh. (1897) 321 ss. Lord Acton, Historical Essaijs and Studies 1907.
Une puissante affinité existait entre Waitz et Giesebrecht, comme lui élève de Ranke. Tous deux avaient été poussés par le Romantisme politique à s'occuper du moyen âge allemand. Tous deux repoussaient le réalisme dans lappréciation des affaires politiques auquel tendaient, à la suite de Sybel, les élèves les plus distingués de Ranke. Tous deux se préoccupaient de recueillir au complet les renseignements des sources plutôt que de discuter des problèmes d'histoire et de politique. Ce qui place Giesebrecht comme historien au-dessous de Waitz, c'est le caractère pédagogique accentué de ses ouvrages. Il écrivit son Histoire de Vépoque impériale allemande, de son propre aveu, au point de vue de l'enseignement secondaire. En la composant, il pensait, comme il le dit dans la Préface, luiabldssig an die Schule, an die beslen und edelsten unserer JûnglingeK 11 voulait enflammer le patriotisme de ses jeunes lecteurs, leur apprendre que die chrisllich heroischen Tugenden unserer Vorfahren les avaient rendus frei, màchtig und gross'-.
Son but était indiqué par là; il donna une narration de l'époque impériale romantiquement embellie, qui s'appuie sans aucune critique sur des menteurs officiels comme Liutprand, et en général ne touche pas de vrais problèmes historiques. Les individus sont tout à fait au premier plan ; les situations ne sont pas décrites. Giesebrecht distribue ses bulletins de notes avec le calme d'un régent de la vieille école, qui mesure à la même aune les enfants sains et les anormaux. Louanges sans réserve à tous les souverains dont on
1. incessamment à l'école, aux meilleurs et au.x plus nobles de nos jeunes gens.
2. Que les vertus chrétiennes héroïques de nos aïeu-ic les avaient rendus libres, puissants et grands.
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peut vanter la conduite énergique {kraftvolles Auftreten) ; blâme sévère à tous ceux qui ont été coupables de faiblesse dans leurs actes. Ranke n'avait pas tort en caractérisant avec son euphémisme ordinaire k\ narration de Giescbreclit comme virile et en même temps enfantine {zugleich mànnlich und doch kindlich).
11 est un don que possédait Giesebrecht et que n'avaient pas la plupart de ses rivaux. Il n'avait pas en vain, pendant de longues années, professé l'histoire au collège. Il s'entendait excellemment à raconter. Comme écrivain, il n'était pas artiste. Sa composition est lâche, son exposition souvent trop prolixe, sa diction sent le style de convention des écoles; mais il a trouvé mieux que tout autre historien allemand le ton paisible de la narration épique. Jamais il n'en perd le fil. Il ne se contente pas d'un extrait, comme le fait volontiers 1 historien philosophe, ni de détails non élaborés, comme c'est le cas souvent dans les ouvrages d'érudition. Jamais le raisonnement ne déborde sur le récit. Ses considérations banales n'exigent pas du lecteur plus d'efforts de réflexion qu'un discours scolaire. En revanche, il peint de tout cœur le côté sentimental de l'histoire, comme le grand public aime à le voir. Il a des pensées émues pour les impressions personnelles de ses héros telles qu'il se les figure. Il ne présuppose pas plus de connaissances ni plus d'intérêt que n'en apportait le gros des lecteurs de son temps.