‹ Histoire de l'historiographie moderneChapitre 258 sur 341 · ÉLÈVES DE RANKE (WAITZ · texte numérisé non relu

ÉLÈVES DE RANKE (WAITZ

mérite surtouf d'être mentionné ici à cause de sa Deutsche Verfassungsgeschichte (jusqu'au commencement du xii® siècle), publiée d'abord 1844 à 1878. On a de sa main, comme grands ouvrages d'exposition Uibeck unter Jûrgen Wullenweber und dic europàische Polilik 1855 s. et Schleswig-Holsteins Geschichte (inachevé) 1851 s. Dans les Jahrbûchcr des Deulschen Reichs il traita l'histoire de Henri I"'' (1837).

Sur ses nombreuses petites dissertations cf. Steindorff, Bibliographische Ûbcrsicht ùber G. W.-s Werke 1886. Gesammelte Abhandlimgen 1896 ss. Waitz rédigea aussi lesForschungcn zur deutschenGeschichCe (1860 ss.) et remania les 3*^ à 5* éditions de Dahlmann, Quellenkunde zur deutschen Geschichte.

Courte biographie par son fils Eberhard VV. G. W. eia Lebens- u. Charakterbild, 1913. Mélange biographique par M. Kramer dans Neues Archiv XXXVIII {i9iS), 701-707.

Cf. A. Kluckhohn, Zur Erinnerung an G. W. 1857; G. Monod, G. W. et le séminaire historique de Goetlingue, dans Portraits et souvenirs 1897 ; Sybel, Vortdge u. Abhandlungen, (1897) 309 ss.

L'activité historique de Ranke dépendait étroitement de sa personne ; sa métliode était propre à former de bons philologues historiens, mais non pas précisément des historiens : c'est ce que montre bien l'ouvrage principal de son élève favori G. Waitz, la Deutsche Verfassungsgeschichle. D'une très grande valeur comme recueil de matériaux, extrêmement méritoire comme œuvre d'érudition, l'Histoire constitutionnelle , en tant qu'ouvrage d'histoire, laisse presque tout à désirer. Waitz s'arrête timidement devant le témoignage des sources. Il manque presque absolument d'imagination constructive et aussi de coup d'œil pour les réalités de la vie politique. Son travail n'est pas juridique, il lui manque les conceptions nettement formulées ; il n'est pas historique, il lui manque l'intelligence des nécessités et des besoins de la vie d'un Etat. On n'y saisit pas la connexion entre des institutions contemporaines ni entre d'anciennes et de plus récentes. Ce n'est pas ici le lieu de critiquer en ellesmêmes les constructions historiques de Waitz. Mais que sa théorie de la royauté germanique soit juste ou non — on ne saurait prétendre qu'il l'ait formulée avec une précision scientifique. U a consciencieusement rassemblé les matériaux, il les a extérieurement passés au crible. Mais voilà tout. Vouloir concilier des contradictions réelles ou imaginaires des sources en en formant un tableau incohérent et vague, c'est négliger un des plus importants devoirs de l'histoire. Pour un sujet tel que celui que Waitz a choisi, il ne

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suffisait pas de s'enfoncer dans l'étude philologique des textes. Ce n'est pas pour rien que Uanke a toujours échappé à Tliistoirc du droit.

La méthode de Waitz fut jtppliquée à peu près sans changement à l'histoire de la constitution anglaise par William Stubbs, né 1825 à Knarcsborough, comté d'York, clergyman, d'abord vicaire à Navestock en Essex, 18G6 professeur d'histoire moderne à Oxford, 1884 évoque de Chester, 1888 d'Oxford, mort 1901. L'excellente caractéristique que Ch. Bémont a donnée dans la Revue historique (76 [1901], 462 à 466) de la ConstitutionalIIistory of England de Stubbs (jusqu'à 1485 ; parue d'abord 1874 à 1878) conviendrait presque mot pour mot à son modèle allemand. Conmie Waitz, Stubbs était plutôt un savant chercheur qu'un historien. Il a rassemblé méthodiquement et soigneusement rangé les matériaux, mais n'en a pas fait une étude approfondie d'histoire ni de droit constitutionnel. 11 évitait aussi constamment que l'historien allemand les définitions précises. Dans les derniers chapitres de son ouvrage, il se sentait plus à l'aise (comme Waitz, c'est la publication de chroniques qui l'avait conduit à l'histoire : il a édité une grande partie des sources pour l'histoire des premiers Plantagenets) : d'ailleurs les témoignages étaient plus abondants : eh bien ! il ne parvient pas à y tracer un tableau concret de la situation constitutionnelle. Il ne part pas de principes fermes de science politique. Personnellement, c'était un tory de la haute Église ; mais ses jugements historiques s'en ressentent à peine ; ils reposent sur un libéralisme vague et optimiste. Il n'était pas pour tout autant complètement impartial. Son exposé montre des tendances nationalistes ou teutonisantcs assez prononcées.

Cf. pour l'Histoire constitutionnelle Petit-Dutaillis, Studies and Notes supplementary to Stubbs, « Const. Hist. » down to the gréai charter (d'abord en français dans la traduction delaC. H. par G. Lefèbre [1907], puis édité en anglais par W. H. Rhodes dans Univcrsity of Manchester Publications Z8, 1908), deuxième édition, 1911. 11 a paru en 1913 un second volume de la traduction française de la Const. History, avec des additions et des corrections. — Biographie par W. H. Hutton Letters of W. St. (1904 ; 2" édit. abrégée 1906. avec bibliographie). Pour la méthode de Stubbs, ce qu'il y a de plus instructif est la critique que fait de ses thèses de droit ecclésiastique F. W. Maitland dans son Roman Canon Laxv in the Church of England (1898). — Parmi d'autres travaux, nous nommerons les Introductions à ses éditions des Chroniques dans les Rolls Seiies (recueillies et publiées par A. Hassall 1902 sous le titre de Eistorical introductions) et différents cours de son temps d'Oxford : Seventeen Lectures 1886; Lectures ou Modem History 1904; Lectures von Early English History 1906; Gerniany in the Early Middle Ages 1908 ; Lectures on Germany in Ihelater middle âges

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