‹ Histoire de l'historiographie moderneChapitre 27 sur 341 · MILAN · texte numérisé non relu

MILAN

naires sans fin. Il dédia la seconde partie au doge de Venise. Finalement, il ne voulut pas oublier le général ennemi, et encensa SForza luimême. Déjà les noms antiques des deux condottieri étaient choisis de manière que chacun pût èlre content du sien.

Milan.

L'historiographie humaniste des États itah'ens ne pouvait subsister qu'autant que ces États, qui l'avaient créée, gardaient, leur indépendance politique. Elle s'éteignit à Naples avec l'invasion française. A Milan, elle put prolonger un peu plus son existence. Mais ses jours furent comptés aussi, quand le duché eut définitivement perdu son indépendance.

L'historiographie milanaise tient à peu près le milieu entre la vénitienne et la napolitaine; des motifs dynastiques plus que nationaux lui ont donné naissance, mais pas aussi exclusivement qu'à Naples. Les prétentions des Sforza à la domination n'étaient guère plus justifiées que celles des Aragonais ; cependant les ducs de Milan n'ignoraient pas aussi complètement que les rois de Naples le passé de leur pays. L'histoire de la ville de Milan présentait un développement bien plus continu que celle du royaume des Deux-Siciles : on ne pouvait méconnaître l'enchaînement de la nouvelle politique des Sforza avec celle de l'ancienne République et des Visconti. Aussi les maîtres de Milan, contrairement à ceux de Naples, ont-ils fait écrire non seulement une histoire princière, mais encore une histoire nationale.

Les travaux de leurs historiographes peuvent se montrer avec honneur à côté de ceux des autres États. Si au point de vue du style ils ne peuvent se mesurer avec les auteurs vénitiens et napolitains les plus fêtés, si quelques-uns, tout en obéissant aux prescriptions de la rhétorique, n'ont pas oublié qu'ils étaient des hommes d'Etat ou des érudits, c'est plutôt un avantage qu'un défaut. Les œuvres de Simonetta et de Calchi (sur ce dernier, voir ci-dessous p. 432 ss.) précisément parce qu'ils ne suivent pas ponctuellement la tradition humaniste, comptent parmi les productions les plus remarquables de l'historiographie de cette école : l'une se rattachant à la forme des annales, l'autre à celle de l'histoire savante.

FUETER. 4

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