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Petits historiographes napolitains

Un renom immérité est acquis à l'éloge du roi Alphonse, contemporain de l'achèvement de l'histoire de Facius et qui a pour auteur

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Anton io Beccadelm (né 1394 à Palerme, d'où le nom de Panormita, admis 1435 au nombre des secrétaires du roi Alphonse, mort 1471). Les quatre livres De dictis et faclis Alphomi régis Aragoniim (composé 1455 ; très nombreuses éditions, la plupart avec les gloses sous le nom de Commentaire d'Aeneas Sylvius, beaucoup plus importantes que le texte) ne doivent leur succès qu'au peu d'attention et d'application qu'exige du lecteur un recueil d'anecdotes.

L'indolent Beccadelli aimait mieux écrire un recueil de ce genre qu'un grand ouvrage d'ensemble : on devait s'attendre ati moins à ce qu'il fît dans ses matériaux un choix judicieux. Il n'en était même pas capable. Beaucoup des dicts et des faits qu'il rapporte n'ont rien de remarquable du tout; d'autres pouvaient sembler remarquables aux courtisans napolitains qui se croyaient obligés de trouver tels les gestes les plus banals de leur sérénissime seigneur, mais font un effet grotesque sur des étrangers. Quant au roi, ce petit livre ne le peint qu'en laissant voir quel genre de glorification littéraire lui plaisait le mieux : on sait qu'il gratifia Beccadelli de 1.000 ducats pour sa petite saleté. Cf. M. V. Wolff, Leben und Werke des A. B., 1894, p. 78 ss.

Par son origine ainsi que par ses occupations temporaires au service d'Alphonse, Gianantonio Porcello de'Pandoni (né vers 1406 à Naples, mort vers 1460 probablement à Milan) est en relation avec les historiens napolitains. Gomme Valla et Beccadelli, Porcello fut nommé un jour secrétaire du roi de Naples. Mais on ne pouvait y retenir longtemps ce lettré déguenillé et mendiant, dont les manières ne faisaient pas une hoffâhige Gestalt (Voigt, I, 493). En 1452 et 1453 nous le trouvons dans le camp des Vénitiens, dont le condottiere Giacomo Piccinino faisait alors la guerre à François Sforza. Porcello décrivit les vicissitudes de cette guerre de mercenaires dans un ouvrage où les défauts du style historique des humanistes — la rhétorique enflée et le travestissement antique des événements contemporains — sont comiquement outrés. Au lieu de la campagne réelle qu'il avait pu observer directement, il ne nous donne qu'une série de scènes de théâtre avec de brillantes harangues et des poses à effet. Et tous les personnages sont affublés du costume antique. Jusqu'aux deux condottieri, qui sont rebaptisés de noms romains : Piccinino, dans tout l'ouvrage, s'appelle Scipion et Sforza Aniiibal {Commentarii de gestis Scipionis Pic. . . in Hannibalem Sf., chez Muratori Script., XX et XXV).

Pour se bien payer de ses peines, Porcello distribuait ses louanges au plus grand nombre possible de protecteurs. A côté de Piccinino il se garda d'oublier son ancien patron. Il dédia la première partie de son livre au roi Alphonse et dans tout le cours de l'ouvrage maintint la fiction que les neuf livres étaient autant de rapports d'ambassadeurs qu'il aurait envoyés à Naples. A-t-il été effectivement correspondant d'Alphonse au camp de Piccinino, comme le pense par exemple Voigt, I, 493? Cela n'est pas vraisemblable en soi, et Porcello ne le prétend pas lui-même; il dit seulement (Mur., XX, 70) qu'il s'est rendu au camp veniâ tua (c'est-à-dire d'Alphonse). Cette fiction lui donnait l'avantage de pouvoir manifester au roi sa dévotion par des allocutions imagi-

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