Hausser
Ludwig Hausser né 1818 à Cléebourgdans la Basse-Alsace, 1840 Priiatdocent d'histoire à Heidelberg, 1843 professeur-adjoint, 1850 titulaire ibid., 1848 élu à la deuxième chambre badoise, mort 1867 à Heidelberg. II a composé :
1*^ Geschichte der rheinischen Pfalz nach ihrenpolilischen, literarisclie n und kirchlicheti Verhâltnissen (jusqu'à 1803) 1845.
2° Deutsche Geschichte vom Tode Friedrichs d. Gr. his zur Griindung des deutscJœn Bandes 1854 à 1857.
Cf. en outre les petits travaux réunis dans les Gesammelte Schriften (1869-1870) ainsi que les Cours publiés après sa mort par Oncken sur ; Geschichte der Franzôsischen Révolution et Geschichte des Zeitalters der Réforniation (1867-1868)..
La meilleure publication sur Hausser chez E. Marcks, Heidelberger Professoren aus don 19. Jahrhundert I (1003). Cf. en outre la conférence de W. Wattenbach (1867) et Weech, Aus alter und neuer Zeit (1878).
Ludwig Hausser est le pendant de Sybeldans l'Allemagne du Sud.
Il fut moins influencé que Sybel ou Mommsen par le nouveau mouvement social. 11 était, en somme, exclusivement historien politique. Pas plus que Dahlmann, qu'il vénérait comme son maître, il ne prenait en considération l'influence des forces économiques sur la politique. Mais il se rencontrait avec Sybel et les autres historiens de la nouvelle école sur le terrain des sentiments patriotiques et libéraux qu'il exprimait et cherchait à communiquer à son public.
Hausser s'adressait plus directement que Sybel au sentiment. Il procédait plus naïvement que lui. L'historien du Nord de l'Allemagne
avait condensé ses idées en un système, il croyait parler au nom de la science quand il condamnait des événements historiques en vertu de ses opinions sur « la petite Allemagne. » Hausser n'appuyait son histoire sur aucune théorie. Il ne se souciait pas de savoir si ses vues politiques avaient une portée universelle. Ses jugements étaient inspirés uniquement par son sentiment patriotique. Il voulait consciemment sentir en Allemand, comme Palacky en Bohème (cf. Marcks, p. 300j. Le chagrin de ne pas voir son pays occuper au dehors la même situation que les grands États voisins de l'Occident, voilà ce qui guidait sa plume. Il ne visait pas à comprendre et à faire comprendre les événements; il n'était pas dans sa nature de regarder son sujet sans intérêt. Il déplorait les faits qui avaient mis quelque obstacle à la réalisation de ses aspirations nationales, savoir l'unité allemande ; il se réjouissait de ceux qui l'avaient fait avancer. On ne se l'imagine pas traitant un sujet qui n'aurait pas appartenu à l'histoire de sa patrie.
Il n'espérait que de la Prusse l'accomplissement de son vœu d'unité. Il nest pas difficile d'après cela de deviner ses sympathies historiques. Il était aussi étranger à la nature spéciale des Prussiep.s que tout autre historien de l'Allemagne du Sud : la Prusse n'était pour lui qu'un moyen. Il ne jugeait pas les adversaires de l'unité restreinte (kleindeutsch) avec l'àpreté blessante de son élève Treitschke. Mais il ne traite guère mieux l'Autriche et surtout les petits Etats allemands que son illustre continuateur. Ses observations sur la France respirent la convention et les préventions.
Sur un point Hausser était à même de soutenir la lutte avec les maîtres vivement combattus par lui de l'historiographie étrangère. 11 n'égalait ni Macaulay ni Thiers pour la connaissance des affaires et de la technique administrative. Mais comme eux il savait excellemment raconter. Son exposition est chaude et vive, elle ne renferme pas plus de réflexions que n'en supporte le commun des lecteurs instruits, elle témoigne du plaisir pris aux objets sans devenir une collection de matériaux. Ses raisonnements ne sont pas bien profonds : mais ils montrent toujours de l'intelligence. Le bourgeois nationaliste allemand retrouvait ses opinions chez son historien. 11 n'est pas étonnant que de son temps Hausser ait compté en Allemagne parmi les historiens vraiment populaires.