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Strozzi

Lorenzo Strozzi, né 1482 à Florence, 1521 l'un des prieurs, 1523 un des ambassadeurs de la ville auprès de Clément Vil, etc., ami d'enfance de Machiavel, qui lui dédia son Arte délia guerra; s'entremet plusieurs fois entre les Républicains et les Médicis ; après la victoire de ces derniers, se retire de la politique; mort 1549. 11 a écrit Le Vite degli uomini illus-

tri delta casa Strozzi, i'^ éd'd. complète par P. Stromboli 1802 (avec le Ragionamento de F. ZefTi sur la vie de Strozzi). Des 77 biographies qui composent l'ouvrage, une seule pendant longtemps fut connue, celle de son frère. Filippo Str. (1488 à 1538 ; c'est d'ailleurs la plus détaillée), éd. Gran'ius dans Thés. Ant. Ital. vni,2et en tête de la tragédie de G.-B. Niccolini. Fil. Str. (1847). La vie de Slrozzi père fut composée, d'après la dédicace, en 1537 (éd. Bini et Bigazzi 1851). — Cf. Bardi dans Arch. st. it. sér. v,i4 (1894) 1 ss.

L'esprit de Machiavel et de Guichardin pénétra aussi dans la biographie. Lorenzo Strozzi, dont les vicissitudes de la politique avaient arrêté avant l'âge l'activité politique et qui consacra ses loisirs à rédiger l'histoire de sa famille, est un esprit de la même trempe que les grands historiens politiques. Jamais peut-être parents n'ont écrit aussi froidement l'histoire des leurs.

Il s'en faut que la vie de son illustre frère Philippe soit un éloge! Laurent expose les spéculations égoïstes de son héros et les intrigues de ses frères du ton paisible d'un Guichardin : des choses si simples n'ont pas besoin d'apologie. Reumont (Geschichte Toskanas, I, 41) voyait dans la tendance d'esprit de Philippe Strozzi ein rechtes Beispieldes Widerstreits modernenHeidentums mitchristlicher MoraU. Le biographe a résolu ce conflit. Pour lui il n'y avait qu'une morale, celle des païens. Il ne reconnaissait comme efficaces que des mobiles égoïstes. Il ne niait pas en principe l'existence d'aspirations idéalistes; mais quand il est obligé de les mentionner, il les amalgame, comme Guichardin avec des arrière-pensées utilitaires. Il perd rarement son sang-froid. Peut-être vis-à-vis de son demi-frère Alphonse, qui paraît l'avoir lésé dans ses intérêts privés. En général il fait taire dans sa narration les rancunes personnelles aussi bien que les gloires légendaires de la famille. Sur les plus anciens temps seulement, il accueille quelques fables. Gomme les autres Florentins, il n'a de repos que quand il a poursuivi la genèse d'une résolution jusque dans ses motifs les plus minuscules.

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