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LA BIOGRAPHIE A FLORENCE

Il avait reçu mission du duc Cosme, qui, en limitant le champ, avait obéi à des motifs politiques.

Que n'aurait pas produit Varchi, si on lui avait assigné un sujet plus vaste ! Il possédait presque toutes les qualités qui font le bon historien (je ne dis pas l'historien de génie) : intérêts variés, sagacité psychologique, capacité de travail infatigable, indépendance d'esprit. S'il y avait eu de son temps déjà des chaires publiques d'histoire et s'il avait pu choisir son sujet, il en aurait sans doute traité un plus considérable que dix années d'histoire locale, pour lesquelles des hommes d'Etat comme Guichardin et Nerli avaient l'avantage sur lui et qu'il était entraîné par son caractère consciencieux à relater avec des détails inutiles.

Pas un historien de l'ancien temps n'est plus apparenté que Varchi aux bons historiens savants du xix^ siècle. Il ne tient des autres Florentins, à vrai dire, que par son scepticisme politique. Il avait aussi peu d'illusions idéalistes que Guichardin. Il accueillit en partie mot pour mot dans son ouvrage les observations intelligentes et cyniques d'un Busini aigri par l'exil.

G.-B. BusiNi (1501 jusque vers 1574) autrefois Popolane, en exil à Rome au moment où Varchi écrivait, lui fournit, à sa demande, maintes informations sur les dernières années de la révolution florentine* (ses lettres ont été pour la première fois publiées complètement par G. Milanesi, 1860). Busini était un observateur pénétrant et s'entendait à caractériser un personnage en quelques traits. Mais ses jugements impitoyables ne sont naturellement rien moins qu'impartiaux. — Au reste, pour les sources de Varchi, nous renvoyons aux dissertations citées de Lupo Gentils.

E. — La biographie à Florence.

La biographie chez les Florentins est dans le même rapport avec celle des humanistes que leur historiographie avec les annales humanistes (voir là-dessus p. 111 ss.). Toutefois, pour ne pas scinder leur histoire littéraire, nous nous en occuperons dès maintenant.

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