FLAVIUS BLONDUS ET LA FONDATION DE LÉCOLE SAVANTE
d'abord à Milan 1628, les deux derniers ibid. 1644. Réimp. dans Graevius, Thés. Ant. Z^ II, 1.
Calchi érudit et critique. — Calchî se mit par son Histoire municipale en opposition directe avec un ouvrage composé à la manière ordinaire des humanistes. Sa mission était simplement de continuer les Antiquitates Vicecomilum de Merula (dont il avait été l'élève). Il pensa en effet à commencer à la mort de Matteo 1", où Merula s'était arrêté. Mais l'exposé de son prédécesseur, lorsqu'il fut en plein dans le sujet, lui parut si insuffisant, qu'il résolut de recommencer tout le travail. En même temps, il l'élargit en se proposant d'écrire, au lieu d'une histoire des Visconti, une histoire de la ville de Milan .
Comme Blondus, Calchi aborda son sujet en érudit. Ce qu'il blâmait chez Merula et ses autres devanciers, ce n'était pas des défauts de style ou de composition, mais un travail superficiel et une connaissance insuffisante des sources et de la littérature . Il fournit luimême, quant à l'exactitude des citations et à l'utilisation complète des sources, une besogne plus proprement, plus solidement faite que celle de tous les autres. 11 surpassa encore son maître Blondus. Il fit usage de documents et d'inscriptions dans une plus large mesure. Il remonta avec une bien autre constance aux plus anciennes relations et fouilla systématiquement les sources d'une autre sorte (lettres, discours) qui pouvaient lui fournir des renseignements historiques. Il put ainsi rectifier Blondus bien des fois. Celui-ci était-il embarrassé entre les données contradictoires de compilateurs médiévaux assez récents sur l'histoire d'Italie au x^ siècle (Dec. II, 1. II, p. 189)? Calchi écartait d'emblée l'autorité de Vincent de Beauvais et de Martin de Troppau... qui utique recentiores et in indiganda veritate minime diligentes inanibus verbis et intérim stultitiis non mediocribus ingentia vohcmina replerunl (1. V, p. 180, éd. Graevius) et cherchait à se débrouiller à l'aide de documents (en examiner dans l'original était pour lui non mediocris voluptas, 1. VI, p. 183). Sa critique ne se taisait pas devant des auteurs plus anciens, dont on avait jusqu'alors accepté sans difficulté le témoignage. Il repoussait par des arguments très justes l'étymologie du nom des Lombards donnée par Paul Diacre. Il citait correctement les sources et ne disait pas Trogus Pompe'ius, mais
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ajoutait lit ex Justino colligimus (1. l, p. Ît6; Blondus n'avait pas été toujours loyal sous ce rapport). Il évitait de déformer des citations de sources par les embellissements du style (il nous a conservé par lii quelques renseignements tirés de sources aujourd'hui perdues. Arch. stor. lomb. Sér. III, vol. XX [1903] p. 284).
Calchi historien. — Quelque mérite qu'il y ait à tout cela — comme historien Calchi n'occupe pas un rang supérieur à celui de Blondus.
Son jugement est intelligent et indépendant. Il blâmait la complaisance de Merula pour la légende de famille des Visconti (1. III, p. 137 ; aussi son ouvrage n'a-t-il pas été publié d'abord) et rejetait une anecdote sentimentale non seulement parce qu'elle n'était pas attestée par de bonnes sources, mais aussi parce que speciem fabulœ sapit (1. VI, p. 186). Il ne suivait pas dans le choix de la matière les principes étroits des annales humanistes ; il s'occupait aussi d'événements ecclésiastiques, tels que l'élévation des Humiliati. Il avait renoncé à des agréments de style comme les discours d'apparat (que Blondus n'avait pas osé supprimer). Mais il ne dépassa pas une ordonnauce tout extérieure des faits. Nulle part il ne poursuit l'enchaînement intérieur des événements. Pas de coup d'œil historique. Il reste rigoureusement annahste. Les observations sur l'histoire de la constitution sont maigres et superficielles au delà de toute mesure. Sa critique, à lui aussi, faiblissait, quand il n'avait plus une autorité à opposer à une autre, mais à constater l'exactitude d'un fait bien accrédité. Jamais il n'a conçu le moindre doute sur la culpabilité des Templiers. Les déclarations des condamnés ne sontelles pas documentairement fixées (par des publicae tabellae (1. XIX, p. 41 1) ? Dans sa confiance aux documents officiels, le savant Calchi est plus naïf que les vieux chroniqueurs, qu'un Giovanni Villani par exemple.
A Blondus antiquaire se rattacha Pomponius Laetus, né 1497 à Rome. II n'amena aucun progrès ; il se contenta de façonner les matériaux rassemblés par Blondus en pauvres manuels d'école. — Cf. VI, Zabughin. G. P. L. . 2 vol. jusqu'ici (1909-1910).