‹ Histoire de l'historiographie moderneChapitre 80 sur 341 · IV. — La biographie humaniste · texte numérisé non relu

IV. — La biographie humaniste

Plus encore que les Annales, la biographie humaniste eut à souffrir du manque de liberté et de la courtisanerie oii était tombée l'historiographie. Seule, la biographie d'artistes, qui fut à peine atteinte

l'école de blundus 157

par le changement des circonstances politiques, conserva sa bonne tradition et un ouvrage de la valeur de celui de Pigna sur l'Arioste (Romanzi Venise 1554 ; la partie biographique reproduite par A. Solerti, Autobiografle e Vite de' maggiori scrittori italiani 1903) montre que la Vie de Dante de Boccace pouvait trouver encore de dignes successeurs. Les biographies de princes et d'hommes d'Etat, en revanche, prirent sans exception le ton du plat panégyrique, et cela qu'il s'agît de personnages du présent ou dupasse. Un mélange de dévotion et de rhétorique académique étouffa l'éclosion des germes d'une caractéristique indépendante et précise qui existaient avant la contre-réformation.

A cette catégorie appartiennent des œuvres comme la Vie de Castruccio Castracani d'Aide Manuce le jeune (1547 à 1597, !'« édit. Rome, 1590), mauvaise reproduction du travail de ïegrimi (p. 123 s.), enrichie de quelques notices généalogiques, et du même auteur la biographie officiellement commandée du grand-duc Cosme I*"" (Bologne 1586) ; de Vincenzio Accuiuon (après 1500 jusqu'à 1572), la Vita di Piero Capponi (mort 1496; dans Arch. stor. it., IV, 2 [1853]. On trouve des réminiscences de la tradition des grands Florentins dans Philippo Sassetti (1540 à 1588) Vita di Francesco Ferrucci (mort 1530. Editée avec le précédent ouvrage).

Les Eloges de P'oglietta, Clarorum Ligunim Elogia (Rome 1572; réimp. entre autres dans Grœvius, Thés. Ant. liai. I, 2) ne dépassent pas non plus la moyenne. Ils sont phraseurs et cléricaux. Gomme au moyen âge, saints et papes tiennent de nouveau la tète (si Bracelli, dans son libellus de claris Genuensibus suivit le même ordre, c'est sans doute par égard pour le destinataire, un moine dominicain) ; c'est dans la seconde partie seulement que sont traités les capitaines célèbres et Colomb, rangé parmi les saints, mérite gloire et honneur pour avoir apporté la vraie foi à des peuples innombrables. L'époque courtisanesque nouvelle se trahit en ce que dans le dernier chapitre sont énumérés tous les titres conférés à des Génois par des potentats étrangers.

Page 1